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Une vie de 36 ans en images ! 31/07/2015

Une vie de 36 ans en images !

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1960 / Photos Dennis STOCK, Marilyn et Clark GABLE lors du tournage du film "The misfits", dans le Nevada / SYNOPSIS / L'histoire, située dans les environs de Reno, au Nevada, est celle d'une jeune femme paumée qui vient de divorcer, et qui va suivre au hasard d'une rencontre deux hommes aussi abîmés qu'elle, un ex-pilote de l'armée de l'air qui a perdu sa femme et un vieux cow-boy solitaire qui a raté sa vie. En route, ils rencontrent un quatrième larron, jeune orphelin à moitié fou, et s'en vont chasser ensemble les quelques derniers mustangs sauvages dans le désert racorni du Grand Ouest. 24/09/2015

1960 /  Photos Dennis STOCK, Marilyn et Clark GABLE lors du tournage du film "The misfits", dans le Nevada / SYNOPSIS / L'histoire, située dans les environs de Reno, au Nevada, est celle d'une jeune femme paumée qui vient de divorcer, et qui va suivre au hasard d'une rencontre deux hommes aussi abîmés qu'elle, un ex-pilote de l'armée de l'air qui a perdu sa femme et un vieux cow-boy solitaire qui a raté sa vie. En route, ils rencontrent un quatrième larron, jeune orphelin à moitié fou, et s'en vont chasser ensemble les quelques derniers mustangs sauvages dans le désert racorni du Grand Ouest.
1960 /  Photos Dennis STOCK, Marilyn et Clark GABLE lors du tournage du film "The misfits", dans le Nevada / SYNOPSIS / L'histoire, située dans les environs de Reno, au Nevada, est celle d'une jeune femme paumée qui vient de divorcer, et qui va suivre au hasard d'une rencontre deux hommes aussi abîmés qu'elle, un ex-pilote de l'armée de l'air qui a perdu sa femme et un vieux cow-boy solitaire qui a raté sa vie. En route, ils rencontrent un quatrième larron, jeune orphelin à moitié fou, et s'en vont chasser ensemble les quelques derniers mustangs sauvages dans le désert racorni du Grand Ouest.
1960 /  Photos Dennis STOCK, Marilyn et Clark GABLE lors du tournage du film "The misfits", dans le Nevada / SYNOPSIS / L'histoire, située dans les environs de Reno, au Nevada, est celle d'une jeune femme paumée qui vient de divorcer, et qui va suivre au hasard d'une rencontre deux hommes aussi abîmés qu'elle, un ex-pilote de l'armée de l'air qui a perdu sa femme et un vieux cow-boy solitaire qui a raté sa vie. En route, ils rencontrent un quatrième larron, jeune orphelin à moitié fou, et s'en vont chasser ensemble les quelques derniers mustangs sauvages dans le désert racorni du Grand Ouest.
1960 /  Photos Dennis STOCK, Marilyn et Clark GABLE lors du tournage du film "The misfits", dans le Nevada / SYNOPSIS / L'histoire, située dans les environs de Reno, au Nevada, est celle d'une jeune femme paumée qui vient de divorcer, et qui va suivre au hasard d'une rencontre deux hommes aussi abîmés qu'elle, un ex-pilote de l'armée de l'air qui a perdu sa femme et un vieux cow-boy solitaire qui a raté sa vie. En route, ils rencontrent un quatrième larron, jeune orphelin à moitié fou, et s'en vont chasser ensemble les quelques derniers mustangs sauvages dans le désert racorni du Grand Ouest.
1960 /  Photos Dennis STOCK, Marilyn et Clark GABLE lors du tournage du film "The misfits", dans le Nevada / SYNOPSIS / L'histoire, située dans les environs de Reno, au Nevada, est celle d'une jeune femme paumée qui vient de divorcer, et qui va suivre au hasard d'une rencontre deux hommes aussi abîmés qu'elle, un ex-pilote de l'armée de l'air qui a perdu sa femme et un vieux cow-boy solitaire qui a raté sa vie. En route, ils rencontrent un quatrième larron, jeune orphelin à moitié fou, et s'en vont chasser ensemble les quelques derniers mustangs sauvages dans le désert racorni du Grand Ouest.
1960 /  Photos Dennis STOCK, Marilyn et Clark GABLE lors du tournage du film "The misfits", dans le Nevada / SYNOPSIS / L'histoire, située dans les environs de Reno, au Nevada, est celle d'une jeune femme paumée qui vient de divorcer, et qui va suivre au hasard d'une rencontre deux hommes aussi abîmés qu'elle, un ex-pilote de l'armée de l'air qui a perdu sa femme et un vieux cow-boy solitaire qui a raté sa vie. En route, ils rencontrent un quatrième larron, jeune orphelin à moitié fou, et s'en vont chasser ensemble les quelques derniers mustangs sauvages dans le désert racorni du Grand Ouest.
1960 /  Photos Dennis STOCK, Marilyn et Clark GABLE lors du tournage du film "The misfits", dans le Nevada / SYNOPSIS / L'histoire, située dans les environs de Reno, au Nevada, est celle d'une jeune femme paumée qui vient de divorcer, et qui va suivre au hasard d'une rencontre deux hommes aussi abîmés qu'elle, un ex-pilote de l'armée de l'air qui a perdu sa femme et un vieux cow-boy solitaire qui a raté sa vie. En route, ils rencontrent un quatrième larron, jeune orphelin à moitié fou, et s'en vont chasser ensemble les quelques derniers mustangs sauvages dans le désert racorni du Grand Ouest.
1960 /  Photos Dennis STOCK, Marilyn et Clark GABLE lors du tournage du film "The misfits", dans le Nevada / SYNOPSIS / L'histoire, située dans les environs de Reno, au Nevada, est celle d'une jeune femme paumée qui vient de divorcer, et qui va suivre au hasard d'une rencontre deux hommes aussi abîmés qu'elle, un ex-pilote de l'armée de l'air qui a perdu sa femme et un vieux cow-boy solitaire qui a raté sa vie. En route, ils rencontrent un quatrième larron, jeune orphelin à moitié fou, et s'en vont chasser ensemble les quelques derniers mustangs sauvages dans le désert racorni du Grand Ouest.

Tags : 1960 - The misfits - Dennis STOCK - Clark GABLE

1960 / Marilyn et Monty CLIFT par Eve ARNOLD, lors du tournage du film "The misfits". 18/01/2016

Tags : Eve ARNOLD - 1960 - The misfits - Montgomery CLIFT

1960 / Un tournage éprouvant, "The misfits" : photos Elliott ERWITT, Eve ARNOLD et Bruce DAVIDSON / Autour du film ; John HUSTON ne s'attendait pas vraiment aux problèmes qu'il allait rencontrer avec Marilyn. « J'ai tout de suite vu qu'elle n'allait pas bien quand nous avons commencé à tourner, dira-t-il. Elle arrivait très en retard, et, apparemment, prenait des somnifères depuis pas mal de temps... Elle avait un regard bizarre et, les jours passant, semblait aller de plus en plus mal. » HUSTON n'avait revu Marilyn qu'une seule fois, et brièvement, depuis le tournage de "Quand la ville dort" (Asphalt jungle), et ils avaient l'un comme l'autre beaucoup changé. Le cynisme de HUSTON s'était épanoui en un sadisme raffiné, et Marilyn était devenue une actrice accomplie, à qui les avatars de sa vie privée faisaient toucher le fond de la tristesse. Elle n'était plus la même dans "Les Désaxés" (The misfits). La perruque lui enlevait un peu de son aura, et les yeux lourdement cernés par le maquillage qui masquait en partie le « regard bizarre » étaient peut-être ceux de la jeune divorcée de Reno, mais l'ensemble ne ressemblait plus tout à fait à Marilyn — celle de "Sept ans de réflexion", "Bus Stop", et "Certains l'aiment chaud". / La fatigue, la souffrance et les déceptions avaient laissé leur marque. Elle avait perdu un peu de son éclat, même si les photographes et les journalistes qui se succédaient sur le plateau de façon ininterrompue ne s'en apercevaient pas encore. Alice McIINTYRE, du magazine "Esquire", trouva Marilyn « d'une stupéfiante beauté ». Le photographe Henri CARTIER BRESSON vit dans sa beauté radieuse « une illustration mythique de ce que nous appelons en France la femme éternelle ». Une photographe, toutefois, ne trouva peut-être pas si éternelle cette femme : Inge MORATH, la photographe de "Magnum", qui était arrivée avec CARTIER BRESSON et resta sur place pour devenir la prochaine Mrs. MILLER. / Marilyn allait devoir se plier à un plan de tournage chargé et très rigoureux, avec six heures de prises de vues par jour dans la chaleur intense du désert, alors qu'elle arrivait physiquement épuisée et moralement atteinte par les déceptions qu'elle venait d'éprouver de la part des trois hommes qui comptaient le plus dans sa vie : MONTAND lui avait joué la Grande Évasion, JFK avait abusé de sa naïveté et MILLER, pensait-elle, s'était servi d'elle. Elle souffrait en outre d'une douleur persistante au côté gauche, et avait des crises de vomissements. Mais la production des "Désaxés" était lancée, et rien ne devait l'arrêter. Tout délai supplémentaire, l'avait-on prévenue, risquait de leur faire perdre GABLE et HUSTON, qui avaient d'autres engagements. Elle arriva avec un sac plein de médicaments contre la douleur. Mais la souffrance qu'elle allait endurer pour tourner "Les Désaxés" était de celles qu'aucun médicament ne peut apaiser... 20/01/2016

1960 / Un tournage éprouvant, "The misfits" : photos Elliott ERWITT, Eve ARNOLD et Bruce DAVIDSON / Autour du film ; John HUSTON ne s'attendait pas vraiment aux problèmes qu'il allait rencontrer avec Marilyn. « J'ai tout de suite vu qu'elle n'allait pas bien quand nous avons commencé à tourner, dira-t-il. Elle arrivait très en retard, et, apparemment, prenait des somnifères depuis pas mal de temps... Elle avait un regard bizarre et, les jours passant, semblait aller de plus en plus mal. » HUSTON n'avait revu Marilyn qu'une seule fois, et brièvement, depuis le tournage de "Quand la ville dort" (Asphalt jungle), et ils avaient l'un comme l'autre beaucoup changé. Le cynisme de HUSTON s'était épanoui en un sadisme raffiné, et Marilyn était devenue une actrice accomplie, à qui les avatars de sa vie privée faisaient toucher le fond de la tristesse. Elle n'était plus la même dans "Les Désaxés" (The misfits). La perruque lui enlevait un peu de son aura, et les yeux lourdement cernés par le maquillage qui masquait en partie le « regard bizarre » étaient peut-être ceux de la jeune divorcée de Reno, mais l'ensemble ne ressemblait plus tout à fait à Marilyn — celle de "Sept ans de réflexion", "Bus Stop", et "Certains l'aiment chaud". / La fatigue, la souffrance et les déceptions avaient laissé leur marque. Elle avait perdu un peu de son éclat, même si les photographes et les journalistes qui se succédaient sur le plateau de façon ininterrompue ne s'en apercevaient pas encore. Alice McIINTYRE, du magazine "Esquire", trouva Marilyn « d'une stupéfiante beauté ». Le photographe Henri CARTIER BRESSON vit dans sa beauté radieuse « une illustration mythique de ce que nous appelons en France la femme éternelle ». Une photographe, toutefois, ne trouva peut-être pas si éternelle cette femme : Inge MORATH, la photographe de "Magnum", qui était arrivée avec CARTIER BRESSON et resta sur place pour devenir la prochaine Mrs. MILLER. / Marilyn allait devoir se plier à un plan de tournage chargé et très rigoureux, avec six heures de prises de vues par jour dans la chaleur intense du désert, alors qu'elle arrivait physiquement épuisée et moralement atteinte par les déceptions qu'elle venait d'éprouver de la part des trois hommes qui comptaient le plus dans sa vie : MONTAND lui avait joué la Grande Évasion, JFK avait abusé de sa naïveté et MILLER, pensait-elle, s'était servi d'elle. Elle souffrait en outre d'une douleur persistante au côté gauche, et avait des crises de vomissements. Mais la production des "Désaxés" était lancée, et rien ne devait l'arrêter. Tout délai supplémentaire, l'avait-on prévenue, risquait de leur faire perdre GABLE et HUSTON, qui avaient d'autres engagements. Elle arriva avec un sac plein de médicaments contre la douleur. Mais la souffrance qu'elle allait endurer pour tourner "Les Désaxés" était de celles qu'aucun médicament ne peut apaiser...
1960 / Un tournage éprouvant, "The misfits" : photos Elliott ERWITT, Eve ARNOLD et Bruce DAVIDSON / Autour du film ; John HUSTON ne s'attendait pas vraiment aux problèmes qu'il allait rencontrer avec Marilyn. « J'ai tout de suite vu qu'elle n'allait pas bien quand nous avons commencé à tourner, dira-t-il. Elle arrivait très en retard, et, apparemment, prenait des somnifères depuis pas mal de temps... Elle avait un regard bizarre et, les jours passant, semblait aller de plus en plus mal. » HUSTON n'avait revu Marilyn qu'une seule fois, et brièvement, depuis le tournage de "Quand la ville dort" (Asphalt jungle), et ils avaient l'un comme l'autre beaucoup changé. Le cynisme de HUSTON s'était épanoui en un sadisme raffiné, et Marilyn était devenue une actrice accomplie, à qui les avatars de sa vie privée faisaient toucher le fond de la tristesse. Elle n'était plus la même dans "Les Désaxés" (The misfits). La perruque lui enlevait un peu de son aura, et les yeux lourdement cernés par le maquillage qui masquait en partie le « regard bizarre » étaient peut-être ceux de la jeune divorcée de Reno, mais l'ensemble ne ressemblait plus tout à fait à Marilyn — celle de "Sept ans de réflexion", "Bus Stop", et "Certains l'aiment chaud". / La fatigue, la souffrance et les déceptions avaient laissé leur marque. Elle avait perdu un peu de son éclat, même si les photographes et les journalistes qui se succédaient sur le plateau de façon ininterrompue ne s'en apercevaient pas encore. Alice McIINTYRE, du magazine "Esquire", trouva Marilyn « d'une stupéfiante beauté ». Le photographe Henri CARTIER BRESSON vit dans sa beauté radieuse « une illustration mythique de ce que nous appelons en France la femme éternelle ». Une photographe, toutefois, ne trouva peut-être pas si éternelle cette femme : Inge MORATH, la photographe de "Magnum", qui était arrivée avec CARTIER BRESSON et resta sur place pour devenir la prochaine Mrs. MILLER. / Marilyn allait devoir se plier à un plan de tournage chargé et très rigoureux, avec six heures de prises de vues par jour dans la chaleur intense du désert, alors qu'elle arrivait physiquement épuisée et moralement atteinte par les déceptions qu'elle venait d'éprouver de la part des trois hommes qui comptaient le plus dans sa vie : MONTAND lui avait joué la Grande Évasion, JFK avait abusé de sa naïveté et MILLER, pensait-elle, s'était servi d'elle. Elle souffrait en outre d'une douleur persistante au côté gauche, et avait des crises de vomissements. Mais la production des "Désaxés" était lancée, et rien ne devait l'arrêter. Tout délai supplémentaire, l'avait-on prévenue, risquait de leur faire perdre GABLE et HUSTON, qui avaient d'autres engagements. Elle arriva avec un sac plein de médicaments contre la douleur. Mais la souffrance qu'elle allait endurer pour tourner "Les Désaxés" était de celles qu'aucun médicament ne peut apaiser...
1960 / Un tournage éprouvant, "The misfits" : photos Elliott ERWITT, Eve ARNOLD et Bruce DAVIDSON / Autour du film ; John HUSTON ne s'attendait pas vraiment aux problèmes qu'il allait rencontrer avec Marilyn. « J'ai tout de suite vu qu'elle n'allait pas bien quand nous avons commencé à tourner, dira-t-il. Elle arrivait très en retard, et, apparemment, prenait des somnifères depuis pas mal de temps... Elle avait un regard bizarre et, les jours passant, semblait aller de plus en plus mal. » HUSTON n'avait revu Marilyn qu'une seule fois, et brièvement, depuis le tournage de "Quand la ville dort" (Asphalt jungle), et ils avaient l'un comme l'autre beaucoup changé. Le cynisme de HUSTON s'était épanoui en un sadisme raffiné, et Marilyn était devenue une actrice accomplie, à qui les avatars de sa vie privée faisaient toucher le fond de la tristesse. Elle n'était plus la même dans "Les Désaxés" (The misfits). La perruque lui enlevait un peu de son aura, et les yeux lourdement cernés par le maquillage qui masquait en partie le « regard bizarre » étaient peut-être ceux de la jeune divorcée de Reno, mais l'ensemble ne ressemblait plus tout à fait à Marilyn — celle de "Sept ans de réflexion", "Bus Stop", et "Certains l'aiment chaud". / La fatigue, la souffrance et les déceptions avaient laissé leur marque. Elle avait perdu un peu de son éclat, même si les photographes et les journalistes qui se succédaient sur le plateau de façon ininterrompue ne s'en apercevaient pas encore. Alice McIINTYRE, du magazine "Esquire", trouva Marilyn « d'une stupéfiante beauté ». Le photographe Henri CARTIER BRESSON vit dans sa beauté radieuse « une illustration mythique de ce que nous appelons en France la femme éternelle ». Une photographe, toutefois, ne trouva peut-être pas si éternelle cette femme : Inge MORATH, la photographe de "Magnum", qui était arrivée avec CARTIER BRESSON et resta sur place pour devenir la prochaine Mrs. MILLER. / Marilyn allait devoir se plier à un plan de tournage chargé et très rigoureux, avec six heures de prises de vues par jour dans la chaleur intense du désert, alors qu'elle arrivait physiquement épuisée et moralement atteinte par les déceptions qu'elle venait d'éprouver de la part des trois hommes qui comptaient le plus dans sa vie : MONTAND lui avait joué la Grande Évasion, JFK avait abusé de sa naïveté et MILLER, pensait-elle, s'était servi d'elle. Elle souffrait en outre d'une douleur persistante au côté gauche, et avait des crises de vomissements. Mais la production des "Désaxés" était lancée, et rien ne devait l'arrêter. Tout délai supplémentaire, l'avait-on prévenue, risquait de leur faire perdre GABLE et HUSTON, qui avaient d'autres engagements. Elle arriva avec un sac plein de médicaments contre la douleur. Mais la souffrance qu'elle allait endurer pour tourner "Les Désaxés" était de celles qu'aucun médicament ne peut apaiser...
1960 / Un tournage éprouvant, "The misfits" : photos Elliott ERWITT, Eve ARNOLD et Bruce DAVIDSON / Autour du film ; John HUSTON ne s'attendait pas vraiment aux problèmes qu'il allait rencontrer avec Marilyn. « J'ai tout de suite vu qu'elle n'allait pas bien quand nous avons commencé à tourner, dira-t-il. Elle arrivait très en retard, et, apparemment, prenait des somnifères depuis pas mal de temps... Elle avait un regard bizarre et, les jours passant, semblait aller de plus en plus mal. » HUSTON n'avait revu Marilyn qu'une seule fois, et brièvement, depuis le tournage de "Quand la ville dort" (Asphalt jungle), et ils avaient l'un comme l'autre beaucoup changé. Le cynisme de HUSTON s'était épanoui en un sadisme raffiné, et Marilyn était devenue une actrice accomplie, à qui les avatars de sa vie privée faisaient toucher le fond de la tristesse. Elle n'était plus la même dans "Les Désaxés" (The misfits). La perruque lui enlevait un peu de son aura, et les yeux lourdement cernés par le maquillage qui masquait en partie le « regard bizarre » étaient peut-être ceux de la jeune divorcée de Reno, mais l'ensemble ne ressemblait plus tout à fait à Marilyn — celle de "Sept ans de réflexion", "Bus Stop", et "Certains l'aiment chaud". / La fatigue, la souffrance et les déceptions avaient laissé leur marque. Elle avait perdu un peu de son éclat, même si les photographes et les journalistes qui se succédaient sur le plateau de façon ininterrompue ne s'en apercevaient pas encore. Alice McIINTYRE, du magazine "Esquire", trouva Marilyn « d'une stupéfiante beauté ». Le photographe Henri CARTIER BRESSON vit dans sa beauté radieuse « une illustration mythique de ce que nous appelons en France la femme éternelle ». Une photographe, toutefois, ne trouva peut-être pas si éternelle cette femme : Inge MORATH, la photographe de "Magnum", qui était arrivée avec CARTIER BRESSON et resta sur place pour devenir la prochaine Mrs. MILLER. / Marilyn allait devoir se plier à un plan de tournage chargé et très rigoureux, avec six heures de prises de vues par jour dans la chaleur intense du désert, alors qu'elle arrivait physiquement épuisée et moralement atteinte par les déceptions qu'elle venait d'éprouver de la part des trois hommes qui comptaient le plus dans sa vie : MONTAND lui avait joué la Grande Évasion, JFK avait abusé de sa naïveté et MILLER, pensait-elle, s'était servi d'elle. Elle souffrait en outre d'une douleur persistante au côté gauche, et avait des crises de vomissements. Mais la production des "Désaxés" était lancée, et rien ne devait l'arrêter. Tout délai supplémentaire, l'avait-on prévenue, risquait de leur faire perdre GABLE et HUSTON, qui avaient d'autres engagements. Elle arriva avec un sac plein de médicaments contre la douleur. Mais la souffrance qu'elle allait endurer pour tourner "Les Désaxés" était de celles qu'aucun médicament ne peut apaiser...
1960 / Un tournage éprouvant, "The misfits" : photos Elliott ERWITT, Eve ARNOLD et Bruce DAVIDSON / Autour du film ; John HUSTON ne s'attendait pas vraiment aux problèmes qu'il allait rencontrer avec Marilyn. « J'ai tout de suite vu qu'elle n'allait pas bien quand nous avons commencé à tourner, dira-t-il. Elle arrivait très en retard, et, apparemment, prenait des somnifères depuis pas mal de temps... Elle avait un regard bizarre et, les jours passant, semblait aller de plus en plus mal. » HUSTON n'avait revu Marilyn qu'une seule fois, et brièvement, depuis le tournage de "Quand la ville dort" (Asphalt jungle), et ils avaient l'un comme l'autre beaucoup changé. Le cynisme de HUSTON s'était épanoui en un sadisme raffiné, et Marilyn était devenue une actrice accomplie, à qui les avatars de sa vie privée faisaient toucher le fond de la tristesse. Elle n'était plus la même dans "Les Désaxés" (The misfits). La perruque lui enlevait un peu de son aura, et les yeux lourdement cernés par le maquillage qui masquait en partie le « regard bizarre » étaient peut-être ceux de la jeune divorcée de Reno, mais l'ensemble ne ressemblait plus tout à fait à Marilyn — celle de "Sept ans de réflexion", "Bus Stop", et "Certains l'aiment chaud". / La fatigue, la souffrance et les déceptions avaient laissé leur marque. Elle avait perdu un peu de son éclat, même si les photographes et les journalistes qui se succédaient sur le plateau de façon ininterrompue ne s'en apercevaient pas encore. Alice McIINTYRE, du magazine "Esquire", trouva Marilyn « d'une stupéfiante beauté ». Le photographe Henri CARTIER BRESSON vit dans sa beauté radieuse « une illustration mythique de ce que nous appelons en France la femme éternelle ». Une photographe, toutefois, ne trouva peut-être pas si éternelle cette femme : Inge MORATH, la photographe de "Magnum", qui était arrivée avec CARTIER BRESSON et resta sur place pour devenir la prochaine Mrs. MILLER. / Marilyn allait devoir se plier à un plan de tournage chargé et très rigoureux, avec six heures de prises de vues par jour dans la chaleur intense du désert, alors qu'elle arrivait physiquement épuisée et moralement atteinte par les déceptions qu'elle venait d'éprouver de la part des trois hommes qui comptaient le plus dans sa vie : MONTAND lui avait joué la Grande Évasion, JFK avait abusé de sa naïveté et MILLER, pensait-elle, s'était servi d'elle. Elle souffrait en outre d'une douleur persistante au côté gauche, et avait des crises de vomissements. Mais la production des "Désaxés" était lancée, et rien ne devait l'arrêter. Tout délai supplémentaire, l'avait-on prévenue, risquait de leur faire perdre GABLE et HUSTON, qui avaient d'autres engagements. Elle arriva avec un sac plein de médicaments contre la douleur. Mais la souffrance qu'elle allait endurer pour tourner "Les Désaxés" était de celles qu'aucun médicament ne peut apaiser...
1960 / Un tournage éprouvant, "The misfits" : photos Elliott ERWITT, Eve ARNOLD et Bruce DAVIDSON / Autour du film ; John HUSTON ne s'attendait pas vraiment aux problèmes qu'il allait rencontrer avec Marilyn. « J'ai tout de suite vu qu'elle n'allait pas bien quand nous avons commencé à tourner, dira-t-il. Elle arrivait très en retard, et, apparemment, prenait des somnifères depuis pas mal de temps... Elle avait un regard bizarre et, les jours passant, semblait aller de plus en plus mal. » HUSTON n'avait revu Marilyn qu'une seule fois, et brièvement, depuis le tournage de "Quand la ville dort" (Asphalt jungle), et ils avaient l'un comme l'autre beaucoup changé. Le cynisme de HUSTON s'était épanoui en un sadisme raffiné, et Marilyn était devenue une actrice accomplie, à qui les avatars de sa vie privée faisaient toucher le fond de la tristesse. Elle n'était plus la même dans "Les Désaxés" (The misfits). La perruque lui enlevait un peu de son aura, et les yeux lourdement cernés par le maquillage qui masquait en partie le « regard bizarre » étaient peut-être ceux de la jeune divorcée de Reno, mais l'ensemble ne ressemblait plus tout à fait à Marilyn — celle de "Sept ans de réflexion", "Bus Stop", et "Certains l'aiment chaud". / La fatigue, la souffrance et les déceptions avaient laissé leur marque. Elle avait perdu un peu de son éclat, même si les photographes et les journalistes qui se succédaient sur le plateau de façon ininterrompue ne s'en apercevaient pas encore. Alice McIINTYRE, du magazine "Esquire", trouva Marilyn « d'une stupéfiante beauté ». Le photographe Henri CARTIER BRESSON vit dans sa beauté radieuse « une illustration mythique de ce que nous appelons en France la femme éternelle ». Une photographe, toutefois, ne trouva peut-être pas si éternelle cette femme : Inge MORATH, la photographe de "Magnum", qui était arrivée avec CARTIER BRESSON et resta sur place pour devenir la prochaine Mrs. MILLER. / Marilyn allait devoir se plier à un plan de tournage chargé et très rigoureux, avec six heures de prises de vues par jour dans la chaleur intense du désert, alors qu'elle arrivait physiquement épuisée et moralement atteinte par les déceptions qu'elle venait d'éprouver de la part des trois hommes qui comptaient le plus dans sa vie : MONTAND lui avait joué la Grande Évasion, JFK avait abusé de sa naïveté et MILLER, pensait-elle, s'était servi d'elle. Elle souffrait en outre d'une douleur persistante au côté gauche, et avait des crises de vomissements. Mais la production des "Désaxés" était lancée, et rien ne devait l'arrêter. Tout délai supplémentaire, l'avait-on prévenue, risquait de leur faire perdre GABLE et HUSTON, qui avaient d'autres engagements. Elle arriva avec un sac plein de médicaments contre la douleur. Mais la souffrance qu'elle allait endurer pour tourner "Les Désaxés" était de celles qu'aucun médicament ne peut apaiser...
1960 / Un tournage éprouvant, "The misfits" : photos Elliott ERWITT, Eve ARNOLD et Bruce DAVIDSON / Autour du film ; John HUSTON ne s'attendait pas vraiment aux problèmes qu'il allait rencontrer avec Marilyn. « J'ai tout de suite vu qu'elle n'allait pas bien quand nous avons commencé à tourner, dira-t-il. Elle arrivait très en retard, et, apparemment, prenait des somnifères depuis pas mal de temps... Elle avait un regard bizarre et, les jours passant, semblait aller de plus en plus mal. » HUSTON n'avait revu Marilyn qu'une seule fois, et brièvement, depuis le tournage de "Quand la ville dort" (Asphalt jungle), et ils avaient l'un comme l'autre beaucoup changé. Le cynisme de HUSTON s'était épanoui en un sadisme raffiné, et Marilyn était devenue une actrice accomplie, à qui les avatars de sa vie privée faisaient toucher le fond de la tristesse. Elle n'était plus la même dans "Les Désaxés" (The misfits). La perruque lui enlevait un peu de son aura, et les yeux lourdement cernés par le maquillage qui masquait en partie le « regard bizarre » étaient peut-être ceux de la jeune divorcée de Reno, mais l'ensemble ne ressemblait plus tout à fait à Marilyn — celle de "Sept ans de réflexion", "Bus Stop", et "Certains l'aiment chaud". / La fatigue, la souffrance et les déceptions avaient laissé leur marque. Elle avait perdu un peu de son éclat, même si les photographes et les journalistes qui se succédaient sur le plateau de façon ininterrompue ne s'en apercevaient pas encore. Alice McIINTYRE, du magazine "Esquire", trouva Marilyn « d'une stupéfiante beauté ». Le photographe Henri CARTIER BRESSON vit dans sa beauté radieuse « une illustration mythique de ce que nous appelons en France la femme éternelle ». Une photographe, toutefois, ne trouva peut-être pas si éternelle cette femme : Inge MORATH, la photographe de "Magnum", qui était arrivée avec CARTIER BRESSON et resta sur place pour devenir la prochaine Mrs. MILLER. / Marilyn allait devoir se plier à un plan de tournage chargé et très rigoureux, avec six heures de prises de vues par jour dans la chaleur intense du désert, alors qu'elle arrivait physiquement épuisée et moralement atteinte par les déceptions qu'elle venait d'éprouver de la part des trois hommes qui comptaient le plus dans sa vie : MONTAND lui avait joué la Grande Évasion, JFK avait abusé de sa naïveté et MILLER, pensait-elle, s'était servi d'elle. Elle souffrait en outre d'une douleur persistante au côté gauche, et avait des crises de vomissements. Mais la production des "Désaxés" était lancée, et rien ne devait l'arrêter. Tout délai supplémentaire, l'avait-on prévenue, risquait de leur faire perdre GABLE et HUSTON, qui avaient d'autres engagements. Elle arriva avec un sac plein de médicaments contre la douleur. Mais la souffrance qu'elle allait endurer pour tourner "Les Désaxés" était de celles qu'aucun médicament ne peut apaiser...
1960 / Un tournage éprouvant, "The misfits" : photos Elliott ERWITT, Eve ARNOLD et Bruce DAVIDSON / Autour du film ; John HUSTON ne s'attendait pas vraiment aux problèmes qu'il allait rencontrer avec Marilyn. « J'ai tout de suite vu qu'elle n'allait pas bien quand nous avons commencé à tourner, dira-t-il. Elle arrivait très en retard, et, apparemment, prenait des somnifères depuis pas mal de temps... Elle avait un regard bizarre et, les jours passant, semblait aller de plus en plus mal. » HUSTON n'avait revu Marilyn qu'une seule fois, et brièvement, depuis le tournage de "Quand la ville dort" (Asphalt jungle), et ils avaient l'un comme l'autre beaucoup changé. Le cynisme de HUSTON s'était épanoui en un sadisme raffiné, et Marilyn était devenue une actrice accomplie, à qui les avatars de sa vie privée faisaient toucher le fond de la tristesse. Elle n'était plus la même dans "Les Désaxés" (The misfits). La perruque lui enlevait un peu de son aura, et les yeux lourdement cernés par le maquillage qui masquait en partie le « regard bizarre » étaient peut-être ceux de la jeune divorcée de Reno, mais l'ensemble ne ressemblait plus tout à fait à Marilyn — celle de "Sept ans de réflexion", "Bus Stop", et "Certains l'aiment chaud". / La fatigue, la souffrance et les déceptions avaient laissé leur marque. Elle avait perdu un peu de son éclat, même si les photographes et les journalistes qui se succédaient sur le plateau de façon ininterrompue ne s'en apercevaient pas encore. Alice McIINTYRE, du magazine "Esquire", trouva Marilyn « d'une stupéfiante beauté ». Le photographe Henri CARTIER BRESSON vit dans sa beauté radieuse « une illustration mythique de ce que nous appelons en France la femme éternelle ». Une photographe, toutefois, ne trouva peut-être pas si éternelle cette femme : Inge MORATH, la photographe de "Magnum", qui était arrivée avec CARTIER BRESSON et resta sur place pour devenir la prochaine Mrs. MILLER. / Marilyn allait devoir se plier à un plan de tournage chargé et très rigoureux, avec six heures de prises de vues par jour dans la chaleur intense du désert, alors qu'elle arrivait physiquement épuisée et moralement atteinte par les déceptions qu'elle venait d'éprouver de la part des trois hommes qui comptaient le plus dans sa vie : MONTAND lui avait joué la Grande Évasion, JFK avait abusé de sa naïveté et MILLER, pensait-elle, s'était servi d'elle. Elle souffrait en outre d'une douleur persistante au côté gauche, et avait des crises de vomissements. Mais la production des "Désaxés" était lancée, et rien ne devait l'arrêter. Tout délai supplémentaire, l'avait-on prévenue, risquait de leur faire perdre GABLE et HUSTON, qui avaient d'autres engagements. Elle arriva avec un sac plein de médicaments contre la douleur. Mais la souffrance qu'elle allait endurer pour tourner "Les Désaxés" était de celles qu'aucun médicament ne peut apaiser...

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5 Septembre 1960 / C'est au bras d'Arthur, bien qu'en instance de divorce, que Marilyn est de retour à Réno, afin de terminer le film "The misfits" ; en effet, pour cause de surmenage et de fatigue (dû aux médicaments, à la chaleur de la ville et du désert l'entourant, à son divorce d'avec MILLER), Marilyn avait dû se faire hospitaliser dans une clinique de Los-Angeles. La foule était là, malgré sa tenue de "camouflage" et le secret de la date de son retour, pour l'accueillir et lui dire combien elle manquait sur le tournage ; l'équipe du film l'attendait impatiemment ! 25/01/2016

5 Septembre 1960 / C'est au bras d'Arthur, bien qu'en instance de divorce, que Marilyn est de retour à Réno, afin de terminer le film "The misfits" ; en effet, pour cause de surmenage et de fatigue (dû aux médicaments, à la chaleur de la ville et du désert l'entourant, à son divorce d'avec MILLER), Marilyn avait dû se faire hospitaliser dans une clinique de Los-Angeles. La foule était là, malgré sa tenue de "camouflage" et le secret de la date de son retour, pour l'accueillir et lui dire combien elle manquait sur le tournage ; l'équipe du film l'attendait impatiemment !

5 Septembre 1960 / C'est au bras d'Arthur, bien qu'en instance de divorce, que Marilyn est de retour à Réno, afin de terminer le film "The misfits" ; en effet, pour cause de surmenage et de fatigue (dû aux médicaments, à la chaleur de la ville et du désert l'entourant, à son divorce d'avec MILLER), Marilyn avait dû se faire hospitaliser dans une clinique de Los-Angeles. La foule était là, malgré sa tenue de "camouflage" et le secret de la date de son retour, pour l'accueillir et lui dire combien elle manquait sur le tournage ; l'équipe du film l'attendait impatiemment !
5 Septembre 1960 / C'est au bras d'Arthur, bien qu'en instance de divorce, que Marilyn est de retour à Réno, afin de terminer le film "The misfits" ; en effet, pour cause de surmenage et de fatigue (dû aux médicaments, à la chaleur de la ville et du désert l'entourant, à son divorce d'avec MILLER), Marilyn avait dû se faire hospitaliser dans une clinique de Los-Angeles. La foule était là, malgré sa tenue de "camouflage" et le secret de la date de son retour, pour l'accueillir et lui dire combien elle manquait sur le tournage ; l'équipe du film l'attendait impatiemment !
5 Septembre 1960 / C'est au bras d'Arthur, bien qu'en instance de divorce, que Marilyn est de retour à Réno, afin de terminer le film "The misfits" ; en effet, pour cause de surmenage et de fatigue (dû aux médicaments, à la chaleur de la ville et du désert l'entourant, à son divorce d'avec MILLER), Marilyn avait dû se faire hospitaliser dans une clinique de Los-Angeles. La foule était là, malgré sa tenue de "camouflage" et le secret de la date de son retour, pour l'accueillir et lui dire combien elle manquait sur le tournage ; l'équipe du film l'attendait impatiemment !
5 Septembre 1960 / C'est au bras d'Arthur, bien qu'en instance de divorce, que Marilyn est de retour à Réno, afin de terminer le film "The misfits" ; en effet, pour cause de surmenage et de fatigue (dû aux médicaments, à la chaleur de la ville et du désert l'entourant, à son divorce d'avec MILLER), Marilyn avait dû se faire hospitaliser dans une clinique de Los-Angeles. La foule était là, malgré sa tenue de "camouflage" et le secret de la date de son retour, pour l'accueillir et lui dire combien elle manquait sur le tournage ; l'équipe du film l'attendait impatiemment !
5 Septembre 1960 / C'est au bras d'Arthur, bien qu'en instance de divorce, que Marilyn est de retour à Réno, afin de terminer le film "The misfits" ; en effet, pour cause de surmenage et de fatigue (dû aux médicaments, à la chaleur de la ville et du désert l'entourant, à son divorce d'avec MILLER), Marilyn avait dû se faire hospitaliser dans une clinique de Los-Angeles. La foule était là, malgré sa tenue de "camouflage" et le secret de la date de son retour, pour l'accueillir et lui dire combien elle manquait sur le tournage ; l'équipe du film l'attendait impatiemment !
5 Septembre 1960 / C'est au bras d'Arthur, bien qu'en instance de divorce, que Marilyn est de retour à Réno, afin de terminer le film "The misfits" ; en effet, pour cause de surmenage et de fatigue (dû aux médicaments, à la chaleur de la ville et du désert l'entourant, à son divorce d'avec MILLER), Marilyn avait dû se faire hospitaliser dans une clinique de Los-Angeles. La foule était là, malgré sa tenue de "camouflage" et le secret de la date de son retour, pour l'accueillir et lui dire combien elle manquait sur le tournage ; l'équipe du film l'attendait impatiemment !
5 Septembre 1960 / C'est au bras d'Arthur, bien qu'en instance de divorce, que Marilyn est de retour à Réno, afin de terminer le film "The misfits" ; en effet, pour cause de surmenage et de fatigue (dû aux médicaments, à la chaleur de la ville et du désert l'entourant, à son divorce d'avec MILLER), Marilyn avait dû se faire hospitaliser dans une clinique de Los-Angeles. La foule était là, malgré sa tenue de "camouflage" et le secret de la date de son retour, pour l'accueillir et lui dire combien elle manquait sur le tournage ; l'équipe du film l'attendait impatiemment !

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1960 / Marilyn, Clark GABLE, Montgomery CLIFT, Eli WALLACH et Thelma RITTER lors du tournage de l'une des scènes du film "The misfits", sous l'objectif de Cornell CAPA. 29/01/2016

1960 / Marilyn, Clark GABLE, Montgomery CLIFT, Eli WALLACH et Thelma RITTER lors du tournage de l'une des scènes du film "The misfits", sous l'objectif de Cornell CAPA.
1960 / Marilyn, Clark GABLE, Montgomery CLIFT, Eli WALLACH et Thelma RITTER lors du tournage de l'une des scènes du film "The misfits", sous l'objectif de Cornell CAPA.
1960 / Marilyn, Clark GABLE, Montgomery CLIFT, Eli WALLACH et Thelma RITTER lors du tournage de l'une des scènes du film "The misfits", sous l'objectif de Cornell CAPA.
1960 / Marilyn, Clark GABLE, Montgomery CLIFT, Eli WALLACH et Thelma RITTER lors du tournage de l'une des scènes du film "The misfits", sous l'objectif de Cornell CAPA.
1960 / Marilyn, Clark GABLE, Montgomery CLIFT, Eli WALLACH et Thelma RITTER lors du tournage de l'une des scènes du film "The misfits", sous l'objectif de Cornell CAPA.
1960 / Marilyn, Clark GABLE, Montgomery CLIFT, Eli WALLACH et Thelma RITTER lors du tournage de l'une des scènes du film "The misfits", sous l'objectif de Cornell CAPA.
1960 / Marilyn, Clark GABLE, Montgomery CLIFT, Eli WALLACH et Thelma RITTER lors du tournage de l'une des scènes du film "The misfits", sous l'objectif de Cornell CAPA.
1960 / Marilyn, Clark GABLE, Montgomery CLIFT, Eli WALLACH et Thelma RITTER lors du tournage de l'une des scènes du film "The misfits", sous l'objectif de Cornell CAPA.

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1960 / Jeans et bottes pour Marilyn lors du tournage d'une scène du film "The misfits". / Arthur MILLER évoque le tournage du film / “Le tournage en était arrivé au point mort. À quoi bon transporter des dizaines de techniciens à travers la montagne jusqu’au lac Salé, alors qu’on ne savait abolument pas si l’on travaillerait ou non ? Nous étions en pleine crise. Quoi que Lee STRASBERG ait pu lui dire, cela n’avait apparemment eu aucun effet sur Marilyn, et maintenant il était reparti pour New York. Je montai alors voir Paula (épouse de Lee STRASBERG, et répétitrice de Marilyn). Elle me fit entrer dans son salon, un doigt sur les lèvres, puis s’avança vers la chambre à coucher, où je la suivis. Marilyn était assise dans le lit. Un médecin palpait son poignet, cherchant une veine pour lui faire une injection d’Amytal. Mon estomac se retourna. Elle me vit et me cria de sortir. Je parvins à demander au médecin s’il savait quelle quantité de barbituriques ou autres médicaments elle avait déjà incurgitée, et il me regarda d’un air désemparé, il n’était qu’un jeune homme effrayé qui voulait seulement faire sa piqûre, partir et ne jamais revenir... Une seule chose était certaine. Marilyn devait terminer le film. Échouer confirmerait la pire de ses angoisses, la peur de perdre le contrôle de sa vie, de passer sous la vague de fond d’un terrible passé. Elle dormait. Une fois de plus, je regrettai de ne pas savoir prier et de ne pouvoir invoquer l’image de celui qui ne connaît que l’amour. Mais pour cela aussi, il était trop tard. HUSTON prit le taureau par les cornes et organisa le transport de Marilyn dans un hôpital privé de Los Angeles où elle se déshabituerait des barbituriques avec le secours de son analyste. Dix jours après, elle était de retour - son incroyable résistance me paraissait maintenant presque héroïque -, l’air merveilleusement maîtresse d’elle-même, quoique ses yeux n’eussent pas encore recouvré leur brillant. Cela aussi reviendrait sans doute, à condition qu’elle ne touche plus aux somnifères. Des journées de travail assidu se succédaient dorénavant, et nous nous parlions à nouveau. Sans le dire explicitement, nous savions tous deux que nous étions effectivement séparés et je pensais qu’elle avait été libérée d’un poids, et de cela, en tous cas, je me réjouissais. La dernière prise correspondait à la scène de dénouement du film. GABLE était supposé regarder Marilyn avec des yeux que l’amour envahissait de plus en plus. «Coupez ! Excellent ! Merci Clark, merci Marilyn !» HUSTON parlait désormais sur le ton d’un homme d’affaires, repoussant tout coup d’oeil sentimental en arrière. Je demandais à GABLE s’il pensait avoir mis suffisamment d’expression dans la dernière prise. Cela le surprit. «Il faut que vous regardez les yeux. C’est là-haut que se passe le jeu, au cinéma.» Il dessina un rectangle autour de ses yeux, «Vous ne pouvez pas en faire trop parce que c’est multiplié par cent, sur l’écran.» Ensuite, au moment de se dire au revoir, il m’avoua qu’il avait regardé un prémontage la nuit précédente, et qu’il pensait avoir tourné, avec "The Misfits", le meilleur film de sa vie. Un de ses amis l’attendait, qui devait le conduire dans le nord pour passer une semaine à pêcher et à chasser. Quatre jours plus tard, il mourut brutalement d’une crise cardiaque.” (Extraits de “Au fil du temps” d’Arthur MILLER ( Éditions Grasset)). 01/02/2016

1960 / Jeans et bottes pour Marilyn lors du tournage d'une scène du film "The misfits". / Arthur MILLER évoque le tournage du film / “Le tournage en était arrivé au point mort. À quoi bon transporter des dizaines de techniciens à travers la montagne jusqu’au lac Salé, alors qu’on ne savait abolument pas si l’on travaillerait ou non ? Nous étions en pleine crise. Quoi que Lee STRASBERG ait pu lui dire, cela n’avait apparemment eu aucun effet sur Marilyn, et maintenant il était reparti pour New York. Je montai alors voir Paula (épouse de Lee STRASBERG, et répétitrice de Marilyn). Elle me fit entrer dans son salon, un doigt sur les lèvres, puis s’avança vers la chambre à coucher, où je la suivis. Marilyn était assise dans le lit. Un médecin palpait son poignet, cherchant une veine pour lui faire une injection d’Amytal. Mon estomac se retourna. Elle me vit et me cria de sortir. Je parvins à demander au médecin s’il savait quelle quantité de barbituriques ou autres médicaments elle avait déjà incurgitée, et il me regarda d’un air désemparé, il n’était qu’un jeune homme effrayé qui voulait seulement faire sa piqûre, partir et ne jamais revenir... Une seule chose était certaine. Marilyn devait terminer le film. Échouer confirmerait la pire de ses angoisses, la peur de perdre le contrôle de sa vie, de passer sous la vague de fond d’un terrible passé. Elle dormait. Une fois de plus, je regrettai de ne pas savoir prier et de ne pouvoir invoquer l’image de celui qui ne connaît que l’amour. Mais pour cela aussi, il était trop tard. HUSTON prit le taureau par les cornes et organisa le transport de Marilyn dans un hôpital privé de Los Angeles où elle se déshabituerait des barbituriques avec le secours de son analyste. Dix jours après, elle était de retour - son incroyable résistance me paraissait maintenant presque héroïque -, l’air merveilleusement maîtresse d’elle-même, quoique ses yeux n’eussent pas encore recouvré leur brillant. Cela aussi reviendrait sans doute, à condition qu’elle ne touche plus aux somnifères. Des journées de travail assidu se succédaient dorénavant, et nous nous parlions à nouveau. Sans le dire explicitement, nous savions tous deux que nous étions effectivement séparés et je pensais qu’elle avait été libérée d’un poids, et de cela, en tous cas, je me réjouissais. La dernière prise correspondait à la scène de dénouement du film. GABLE était supposé regarder Marilyn avec des yeux que l’amour envahissait de plus en plus. «Coupez ! Excellent ! Merci Clark, merci Marilyn !» HUSTON parlait désormais sur le ton d’un homme d’affaires, repoussant tout coup d’oeil sentimental en arrière. Je demandais à GABLE s’il pensait avoir mis suffisamment d’expression dans la dernière prise. Cela le surprit. «Il faut que vous regardez les yeux. C’est là-haut que se passe le jeu, au cinéma.» Il dessina un rectangle autour de ses yeux, «Vous ne pouvez pas en faire trop parce que c’est multiplié par cent, sur l’écran.» Ensuite, au moment de se dire au revoir, il m’avoua qu’il avait regardé un prémontage la nuit précédente, et qu’il pensait avoir tourné, avec "The Misfits", le meilleur film de sa vie. Un de ses amis l’attendait, qui devait le conduire dans le nord pour passer une semaine à pêcher et à chasser. Quatre jours plus tard, il mourut brutalement d’une crise cardiaque.” (Extraits de “Au fil du temps” d’Arthur MILLER ( Éditions Grasset)).

1960 / Jeans et bottes pour Marilyn lors du tournage d'une scène du film "The misfits". / Arthur MILLER évoque le tournage du film / “Le tournage en était arrivé au point mort. À quoi bon transporter des dizaines de techniciens à travers la montagne jusqu’au lac Salé, alors qu’on ne savait abolument pas si l’on travaillerait ou non ? Nous étions en pleine crise. Quoi que Lee STRASBERG ait pu lui dire, cela n’avait apparemment eu aucun effet sur Marilyn, et maintenant il était reparti pour New York. Je montai alors voir Paula (épouse de Lee STRASBERG, et répétitrice de Marilyn). Elle me fit entrer dans son salon, un doigt sur les lèvres, puis s’avança vers la chambre à coucher, où je la suivis. Marilyn était assise dans le lit. Un médecin palpait son poignet, cherchant une veine pour lui faire une injection d’Amytal. Mon estomac se retourna. Elle me vit et me cria de sortir. Je parvins à demander au médecin s’il savait quelle quantité de barbituriques ou autres médicaments elle avait déjà incurgitée, et il me regarda d’un air désemparé, il n’était qu’un jeune homme effrayé qui voulait seulement faire sa piqûre, partir et ne jamais revenir... Une seule chose était certaine. Marilyn devait terminer le film. Échouer confirmerait la pire de ses angoisses, la peur de perdre le contrôle de sa vie, de passer sous la vague de fond d’un terrible passé. Elle dormait. Une fois de plus, je regrettai de ne pas savoir prier et de ne pouvoir invoquer l’image de celui qui ne connaît que l’amour. Mais pour cela aussi, il était trop tard. HUSTON prit le taureau par les cornes et organisa le transport de Marilyn dans un hôpital privé de Los Angeles où elle se déshabituerait des barbituriques avec le secours de son analyste. Dix jours après, elle était de retour - son incroyable résistance me paraissait maintenant presque héroïque -, l’air merveilleusement maîtresse d’elle-même, quoique ses yeux n’eussent pas encore recouvré leur brillant. Cela aussi reviendrait sans doute, à condition qu’elle ne touche plus aux somnifères. Des journées de travail assidu se succédaient dorénavant, et nous nous parlions à nouveau. Sans le dire explicitement, nous savions tous deux que nous étions effectivement séparés et je pensais qu’elle avait été libérée d’un poids, et de cela, en tous cas, je me réjouissais. La dernière prise correspondait à la scène de dénouement du film. GABLE était supposé regarder Marilyn avec des yeux que l’amour envahissait de plus en plus. «Coupez ! Excellent ! Merci Clark, merci Marilyn !» HUSTON parlait désormais sur le ton d’un homme d’affaires, repoussant tout coup d’oeil sentimental en arrière. Je demandais à GABLE s’il pensait avoir mis suffisamment d’expression dans la dernière prise. Cela le surprit. «Il faut que vous regardez les yeux. C’est là-haut que se passe le jeu, au cinéma.» Il dessina un rectangle autour de ses yeux, «Vous ne pouvez pas en faire trop parce que c’est multiplié par cent, sur l’écran.» Ensuite, au moment de se dire au revoir, il m’avoua qu’il avait regardé un prémontage la nuit précédente, et qu’il pensait avoir tourné, avec "The Misfits", le meilleur film de sa vie. Un de ses amis l’attendait, qui devait le conduire dans le nord pour passer une semaine à pêcher et à chasser. Quatre jours plus tard, il mourut brutalement d’une crise cardiaque.” (Extraits de “Au fil du temps” d’Arthur MILLER ( Éditions Grasset)).
1960 / Jeans et bottes pour Marilyn lors du tournage d'une scène du film "The misfits". / Arthur MILLER évoque le tournage du film / “Le tournage en était arrivé au point mort. À quoi bon transporter des dizaines de techniciens à travers la montagne jusqu’au lac Salé, alors qu’on ne savait abolument pas si l’on travaillerait ou non ? Nous étions en pleine crise. Quoi que Lee STRASBERG ait pu lui dire, cela n’avait apparemment eu aucun effet sur Marilyn, et maintenant il était reparti pour New York. Je montai alors voir Paula (épouse de Lee STRASBERG, et répétitrice de Marilyn). Elle me fit entrer dans son salon, un doigt sur les lèvres, puis s’avança vers la chambre à coucher, où je la suivis. Marilyn était assise dans le lit. Un médecin palpait son poignet, cherchant une veine pour lui faire une injection d’Amytal. Mon estomac se retourna. Elle me vit et me cria de sortir. Je parvins à demander au médecin s’il savait quelle quantité de barbituriques ou autres médicaments elle avait déjà incurgitée, et il me regarda d’un air désemparé, il n’était qu’un jeune homme effrayé qui voulait seulement faire sa piqûre, partir et ne jamais revenir... Une seule chose était certaine. Marilyn devait terminer le film. Échouer confirmerait la pire de ses angoisses, la peur de perdre le contrôle de sa vie, de passer sous la vague de fond d’un terrible passé. Elle dormait. Une fois de plus, je regrettai de ne pas savoir prier et de ne pouvoir invoquer l’image de celui qui ne connaît que l’amour. Mais pour cela aussi, il était trop tard. HUSTON prit le taureau par les cornes et organisa le transport de Marilyn dans un hôpital privé de Los Angeles où elle se déshabituerait des barbituriques avec le secours de son analyste. Dix jours après, elle était de retour - son incroyable résistance me paraissait maintenant presque héroïque -, l’air merveilleusement maîtresse d’elle-même, quoique ses yeux n’eussent pas encore recouvré leur brillant. Cela aussi reviendrait sans doute, à condition qu’elle ne touche plus aux somnifères. Des journées de travail assidu se succédaient dorénavant, et nous nous parlions à nouveau. Sans le dire explicitement, nous savions tous deux que nous étions effectivement séparés et je pensais qu’elle avait été libérée d’un poids, et de cela, en tous cas, je me réjouissais. La dernière prise correspondait à la scène de dénouement du film. GABLE était supposé regarder Marilyn avec des yeux que l’amour envahissait de plus en plus. «Coupez ! Excellent ! Merci Clark, merci Marilyn !» HUSTON parlait désormais sur le ton d’un homme d’affaires, repoussant tout coup d’oeil sentimental en arrière. Je demandais à GABLE s’il pensait avoir mis suffisamment d’expression dans la dernière prise. Cela le surprit. «Il faut que vous regardez les yeux. C’est là-haut que se passe le jeu, au cinéma.» Il dessina un rectangle autour de ses yeux, «Vous ne pouvez pas en faire trop parce que c’est multiplié par cent, sur l’écran.» Ensuite, au moment de se dire au revoir, il m’avoua qu’il avait regardé un prémontage la nuit précédente, et qu’il pensait avoir tourné, avec "The Misfits", le meilleur film de sa vie. Un de ses amis l’attendait, qui devait le conduire dans le nord pour passer une semaine à pêcher et à chasser. Quatre jours plus tard, il mourut brutalement d’une crise cardiaque.” (Extraits de “Au fil du temps” d’Arthur MILLER ( Éditions Grasset)).
1960 / Jeans et bottes pour Marilyn lors du tournage d'une scène du film "The misfits". / Arthur MILLER évoque le tournage du film / “Le tournage en était arrivé au point mort. À quoi bon transporter des dizaines de techniciens à travers la montagne jusqu’au lac Salé, alors qu’on ne savait abolument pas si l’on travaillerait ou non ? Nous étions en pleine crise. Quoi que Lee STRASBERG ait pu lui dire, cela n’avait apparemment eu aucun effet sur Marilyn, et maintenant il était reparti pour New York. Je montai alors voir Paula (épouse de Lee STRASBERG, et répétitrice de Marilyn). Elle me fit entrer dans son salon, un doigt sur les lèvres, puis s’avança vers la chambre à coucher, où je la suivis. Marilyn était assise dans le lit. Un médecin palpait son poignet, cherchant une veine pour lui faire une injection d’Amytal. Mon estomac se retourna. Elle me vit et me cria de sortir. Je parvins à demander au médecin s’il savait quelle quantité de barbituriques ou autres médicaments elle avait déjà incurgitée, et il me regarda d’un air désemparé, il n’était qu’un jeune homme effrayé qui voulait seulement faire sa piqûre, partir et ne jamais revenir... Une seule chose était certaine. Marilyn devait terminer le film. Échouer confirmerait la pire de ses angoisses, la peur de perdre le contrôle de sa vie, de passer sous la vague de fond d’un terrible passé. Elle dormait. Une fois de plus, je regrettai de ne pas savoir prier et de ne pouvoir invoquer l’image de celui qui ne connaît que l’amour. Mais pour cela aussi, il était trop tard. HUSTON prit le taureau par les cornes et organisa le transport de Marilyn dans un hôpital privé de Los Angeles où elle se déshabituerait des barbituriques avec le secours de son analyste. Dix jours après, elle était de retour - son incroyable résistance me paraissait maintenant presque héroïque -, l’air merveilleusement maîtresse d’elle-même, quoique ses yeux n’eussent pas encore recouvré leur brillant. Cela aussi reviendrait sans doute, à condition qu’elle ne touche plus aux somnifères. Des journées de travail assidu se succédaient dorénavant, et nous nous parlions à nouveau. Sans le dire explicitement, nous savions tous deux que nous étions effectivement séparés et je pensais qu’elle avait été libérée d’un poids, et de cela, en tous cas, je me réjouissais. La dernière prise correspondait à la scène de dénouement du film. GABLE était supposé regarder Marilyn avec des yeux que l’amour envahissait de plus en plus. «Coupez ! Excellent ! Merci Clark, merci Marilyn !» HUSTON parlait désormais sur le ton d’un homme d’affaires, repoussant tout coup d’oeil sentimental en arrière. Je demandais à GABLE s’il pensait avoir mis suffisamment d’expression dans la dernière prise. Cela le surprit. «Il faut que vous regardez les yeux. C’est là-haut que se passe le jeu, au cinéma.» Il dessina un rectangle autour de ses yeux, «Vous ne pouvez pas en faire trop parce que c’est multiplié par cent, sur l’écran.» Ensuite, au moment de se dire au revoir, il m’avoua qu’il avait regardé un prémontage la nuit précédente, et qu’il pensait avoir tourné, avec "The Misfits", le meilleur film de sa vie. Un de ses amis l’attendait, qui devait le conduire dans le nord pour passer une semaine à pêcher et à chasser. Quatre jours plus tard, il mourut brutalement d’une crise cardiaque.” (Extraits de “Au fil du temps” d’Arthur MILLER ( Éditions Grasset)).
1960 / Jeans et bottes pour Marilyn lors du tournage d'une scène du film "The misfits". / Arthur MILLER évoque le tournage du film / “Le tournage en était arrivé au point mort. À quoi bon transporter des dizaines de techniciens à travers la montagne jusqu’au lac Salé, alors qu’on ne savait abolument pas si l’on travaillerait ou non ? Nous étions en pleine crise. Quoi que Lee STRASBERG ait pu lui dire, cela n’avait apparemment eu aucun effet sur Marilyn, et maintenant il était reparti pour New York. Je montai alors voir Paula (épouse de Lee STRASBERG, et répétitrice de Marilyn). Elle me fit entrer dans son salon, un doigt sur les lèvres, puis s’avança vers la chambre à coucher, où je la suivis. Marilyn était assise dans le lit. Un médecin palpait son poignet, cherchant une veine pour lui faire une injection d’Amytal. Mon estomac se retourna. Elle me vit et me cria de sortir. Je parvins à demander au médecin s’il savait quelle quantité de barbituriques ou autres médicaments elle avait déjà incurgitée, et il me regarda d’un air désemparé, il n’était qu’un jeune homme effrayé qui voulait seulement faire sa piqûre, partir et ne jamais revenir... Une seule chose était certaine. Marilyn devait terminer le film. Échouer confirmerait la pire de ses angoisses, la peur de perdre le contrôle de sa vie, de passer sous la vague de fond d’un terrible passé. Elle dormait. Une fois de plus, je regrettai de ne pas savoir prier et de ne pouvoir invoquer l’image de celui qui ne connaît que l’amour. Mais pour cela aussi, il était trop tard. HUSTON prit le taureau par les cornes et organisa le transport de Marilyn dans un hôpital privé de Los Angeles où elle se déshabituerait des barbituriques avec le secours de son analyste. Dix jours après, elle était de retour - son incroyable résistance me paraissait maintenant presque héroïque -, l’air merveilleusement maîtresse d’elle-même, quoique ses yeux n’eussent pas encore recouvré leur brillant. Cela aussi reviendrait sans doute, à condition qu’elle ne touche plus aux somnifères. Des journées de travail assidu se succédaient dorénavant, et nous nous parlions à nouveau. Sans le dire explicitement, nous savions tous deux que nous étions effectivement séparés et je pensais qu’elle avait été libérée d’un poids, et de cela, en tous cas, je me réjouissais. La dernière prise correspondait à la scène de dénouement du film. GABLE était supposé regarder Marilyn avec des yeux que l’amour envahissait de plus en plus. «Coupez ! Excellent ! Merci Clark, merci Marilyn !» HUSTON parlait désormais sur le ton d’un homme d’affaires, repoussant tout coup d’oeil sentimental en arrière. Je demandais à GABLE s’il pensait avoir mis suffisamment d’expression dans la dernière prise. Cela le surprit. «Il faut que vous regardez les yeux. C’est là-haut que se passe le jeu, au cinéma.» Il dessina un rectangle autour de ses yeux, «Vous ne pouvez pas en faire trop parce que c’est multiplié par cent, sur l’écran.» Ensuite, au moment de se dire au revoir, il m’avoua qu’il avait regardé un prémontage la nuit précédente, et qu’il pensait avoir tourné, avec "The Misfits", le meilleur film de sa vie. Un de ses amis l’attendait, qui devait le conduire dans le nord pour passer une semaine à pêcher et à chasser. Quatre jours plus tard, il mourut brutalement d’une crise cardiaque.” (Extraits de “Au fil du temps” d’Arthur MILLER ( Éditions Grasset)).
1960 / Jeans et bottes pour Marilyn lors du tournage d'une scène du film "The misfits". / Arthur MILLER évoque le tournage du film / “Le tournage en était arrivé au point mort. À quoi bon transporter des dizaines de techniciens à travers la montagne jusqu’au lac Salé, alors qu’on ne savait abolument pas si l’on travaillerait ou non ? Nous étions en pleine crise. Quoi que Lee STRASBERG ait pu lui dire, cela n’avait apparemment eu aucun effet sur Marilyn, et maintenant il était reparti pour New York. Je montai alors voir Paula (épouse de Lee STRASBERG, et répétitrice de Marilyn). Elle me fit entrer dans son salon, un doigt sur les lèvres, puis s’avança vers la chambre à coucher, où je la suivis. Marilyn était assise dans le lit. Un médecin palpait son poignet, cherchant une veine pour lui faire une injection d’Amytal. Mon estomac se retourna. Elle me vit et me cria de sortir. Je parvins à demander au médecin s’il savait quelle quantité de barbituriques ou autres médicaments elle avait déjà incurgitée, et il me regarda d’un air désemparé, il n’était qu’un jeune homme effrayé qui voulait seulement faire sa piqûre, partir et ne jamais revenir... Une seule chose était certaine. Marilyn devait terminer le film. Échouer confirmerait la pire de ses angoisses, la peur de perdre le contrôle de sa vie, de passer sous la vague de fond d’un terrible passé. Elle dormait. Une fois de plus, je regrettai de ne pas savoir prier et de ne pouvoir invoquer l’image de celui qui ne connaît que l’amour. Mais pour cela aussi, il était trop tard. HUSTON prit le taureau par les cornes et organisa le transport de Marilyn dans un hôpital privé de Los Angeles où elle se déshabituerait des barbituriques avec le secours de son analyste. Dix jours après, elle était de retour - son incroyable résistance me paraissait maintenant presque héroïque -, l’air merveilleusement maîtresse d’elle-même, quoique ses yeux n’eussent pas encore recouvré leur brillant. Cela aussi reviendrait sans doute, à condition qu’elle ne touche plus aux somnifères. Des journées de travail assidu se succédaient dorénavant, et nous nous parlions à nouveau. Sans le dire explicitement, nous savions tous deux que nous étions effectivement séparés et je pensais qu’elle avait été libérée d’un poids, et de cela, en tous cas, je me réjouissais. La dernière prise correspondait à la scène de dénouement du film. GABLE était supposé regarder Marilyn avec des yeux que l’amour envahissait de plus en plus. «Coupez ! Excellent ! Merci Clark, merci Marilyn !» HUSTON parlait désormais sur le ton d’un homme d’affaires, repoussant tout coup d’oeil sentimental en arrière. Je demandais à GABLE s’il pensait avoir mis suffisamment d’expression dans la dernière prise. Cela le surprit. «Il faut que vous regardez les yeux. C’est là-haut que se passe le jeu, au cinéma.» Il dessina un rectangle autour de ses yeux, «Vous ne pouvez pas en faire trop parce que c’est multiplié par cent, sur l’écran.» Ensuite, au moment de se dire au revoir, il m’avoua qu’il avait regardé un prémontage la nuit précédente, et qu’il pensait avoir tourné, avec "The Misfits", le meilleur film de sa vie. Un de ses amis l’attendait, qui devait le conduire dans le nord pour passer une semaine à pêcher et à chasser. Quatre jours plus tard, il mourut brutalement d’une crise cardiaque.” (Extraits de “Au fil du temps” d’Arthur MILLER ( Éditions Grasset)).
1960 / Jeans et bottes pour Marilyn lors du tournage d'une scène du film "The misfits". / Arthur MILLER évoque le tournage du film / “Le tournage en était arrivé au point mort. À quoi bon transporter des dizaines de techniciens à travers la montagne jusqu’au lac Salé, alors qu’on ne savait abolument pas si l’on travaillerait ou non ? Nous étions en pleine crise. Quoi que Lee STRASBERG ait pu lui dire, cela n’avait apparemment eu aucun effet sur Marilyn, et maintenant il était reparti pour New York. Je montai alors voir Paula (épouse de Lee STRASBERG, et répétitrice de Marilyn). Elle me fit entrer dans son salon, un doigt sur les lèvres, puis s’avança vers la chambre à coucher, où je la suivis. Marilyn était assise dans le lit. Un médecin palpait son poignet, cherchant une veine pour lui faire une injection d’Amytal. Mon estomac se retourna. Elle me vit et me cria de sortir. Je parvins à demander au médecin s’il savait quelle quantité de barbituriques ou autres médicaments elle avait déjà incurgitée, et il me regarda d’un air désemparé, il n’était qu’un jeune homme effrayé qui voulait seulement faire sa piqûre, partir et ne jamais revenir... Une seule chose était certaine. Marilyn devait terminer le film. Échouer confirmerait la pire de ses angoisses, la peur de perdre le contrôle de sa vie, de passer sous la vague de fond d’un terrible passé. Elle dormait. Une fois de plus, je regrettai de ne pas savoir prier et de ne pouvoir invoquer l’image de celui qui ne connaît que l’amour. Mais pour cela aussi, il était trop tard. HUSTON prit le taureau par les cornes et organisa le transport de Marilyn dans un hôpital privé de Los Angeles où elle se déshabituerait des barbituriques avec le secours de son analyste. Dix jours après, elle était de retour - son incroyable résistance me paraissait maintenant presque héroïque -, l’air merveilleusement maîtresse d’elle-même, quoique ses yeux n’eussent pas encore recouvré leur brillant. Cela aussi reviendrait sans doute, à condition qu’elle ne touche plus aux somnifères. Des journées de travail assidu se succédaient dorénavant, et nous nous parlions à nouveau. Sans le dire explicitement, nous savions tous deux que nous étions effectivement séparés et je pensais qu’elle avait été libérée d’un poids, et de cela, en tous cas, je me réjouissais. La dernière prise correspondait à la scène de dénouement du film. GABLE était supposé regarder Marilyn avec des yeux que l’amour envahissait de plus en plus. «Coupez ! Excellent ! Merci Clark, merci Marilyn !» HUSTON parlait désormais sur le ton d’un homme d’affaires, repoussant tout coup d’oeil sentimental en arrière. Je demandais à GABLE s’il pensait avoir mis suffisamment d’expression dans la dernière prise. Cela le surprit. «Il faut que vous regardez les yeux. C’est là-haut que se passe le jeu, au cinéma.» Il dessina un rectangle autour de ses yeux, «Vous ne pouvez pas en faire trop parce que c’est multiplié par cent, sur l’écran.» Ensuite, au moment de se dire au revoir, il m’avoua qu’il avait regardé un prémontage la nuit précédente, et qu’il pensait avoir tourné, avec "The Misfits", le meilleur film de sa vie. Un de ses amis l’attendait, qui devait le conduire dans le nord pour passer une semaine à pêcher et à chasser. Quatre jours plus tard, il mourut brutalement d’une crise cardiaque.” (Extraits de “Au fil du temps” d’Arthur MILLER ( Éditions Grasset)).
1960 / Jeans et bottes pour Marilyn lors du tournage d'une scène du film "The misfits". / Arthur MILLER évoque le tournage du film / “Le tournage en était arrivé au point mort. À quoi bon transporter des dizaines de techniciens à travers la montagne jusqu’au lac Salé, alors qu’on ne savait abolument pas si l’on travaillerait ou non ? Nous étions en pleine crise. Quoi que Lee STRASBERG ait pu lui dire, cela n’avait apparemment eu aucun effet sur Marilyn, et maintenant il était reparti pour New York. Je montai alors voir Paula (épouse de Lee STRASBERG, et répétitrice de Marilyn). Elle me fit entrer dans son salon, un doigt sur les lèvres, puis s’avança vers la chambre à coucher, où je la suivis. Marilyn était assise dans le lit. Un médecin palpait son poignet, cherchant une veine pour lui faire une injection d’Amytal. Mon estomac se retourna. Elle me vit et me cria de sortir. Je parvins à demander au médecin s’il savait quelle quantité de barbituriques ou autres médicaments elle avait déjà incurgitée, et il me regarda d’un air désemparé, il n’était qu’un jeune homme effrayé qui voulait seulement faire sa piqûre, partir et ne jamais revenir... Une seule chose était certaine. Marilyn devait terminer le film. Échouer confirmerait la pire de ses angoisses, la peur de perdre le contrôle de sa vie, de passer sous la vague de fond d’un terrible passé. Elle dormait. Une fois de plus, je regrettai de ne pas savoir prier et de ne pouvoir invoquer l’image de celui qui ne connaît que l’amour. Mais pour cela aussi, il était trop tard. HUSTON prit le taureau par les cornes et organisa le transport de Marilyn dans un hôpital privé de Los Angeles où elle se déshabituerait des barbituriques avec le secours de son analyste. Dix jours après, elle était de retour - son incroyable résistance me paraissait maintenant presque héroïque -, l’air merveilleusement maîtresse d’elle-même, quoique ses yeux n’eussent pas encore recouvré leur brillant. Cela aussi reviendrait sans doute, à condition qu’elle ne touche plus aux somnifères. Des journées de travail assidu se succédaient dorénavant, et nous nous parlions à nouveau. Sans le dire explicitement, nous savions tous deux que nous étions effectivement séparés et je pensais qu’elle avait été libérée d’un poids, et de cela, en tous cas, je me réjouissais. La dernière prise correspondait à la scène de dénouement du film. GABLE était supposé regarder Marilyn avec des yeux que l’amour envahissait de plus en plus. «Coupez ! Excellent ! Merci Clark, merci Marilyn !» HUSTON parlait désormais sur le ton d’un homme d’affaires, repoussant tout coup d’oeil sentimental en arrière. Je demandais à GABLE s’il pensait avoir mis suffisamment d’expression dans la dernière prise. Cela le surprit. «Il faut que vous regardez les yeux. C’est là-haut que se passe le jeu, au cinéma.» Il dessina un rectangle autour de ses yeux, «Vous ne pouvez pas en faire trop parce que c’est multiplié par cent, sur l’écran.» Ensuite, au moment de se dire au revoir, il m’avoua qu’il avait regardé un prémontage la nuit précédente, et qu’il pensait avoir tourné, avec "The Misfits", le meilleur film de sa vie. Un de ses amis l’attendait, qui devait le conduire dans le nord pour passer une semaine à pêcher et à chasser. Quatre jours plus tard, il mourut brutalement d’une crise cardiaque.” (Extraits de “Au fil du temps” d’Arthur MILLER ( Éditions Grasset)).

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16 Octobre 1960 / (Photos Eve ARNOLD) "The misfits" étant bouclé, John HUSTON emmène toute l'équipe du film, sans omettre Arthur MILLER, se détendre dans un des casinos de Reno, Nevada, alors capitale du jeu. Il initie Marilyn au lancement de dés au craps. 06/02/2016

16 Octobre 1960 / (Photos Eve ARNOLD) "The misfits" étant bouclé, John HUSTON emmène toute l'équipe du film, sans omettre Arthur MILLER, se détendre dans un des casinos de Reno, Nevada, alors capitale du jeu. Il initie Marilyn au lancement de dés au craps.
16 Octobre 1960 / (Photos Eve ARNOLD) "The misfits" étant bouclé, John HUSTON emmène toute l'équipe du film, sans omettre Arthur MILLER, se détendre dans un des casinos de Reno, Nevada, alors capitale du jeu. Il initie Marilyn au lancement de dés au craps.
16 Octobre 1960 / (Photos Eve ARNOLD) "The misfits" étant bouclé, John HUSTON emmène toute l'équipe du film, sans omettre Arthur MILLER, se détendre dans un des casinos de Reno, Nevada, alors capitale du jeu. Il initie Marilyn au lancement de dés au craps.
16 Octobre 1960 / (Photos Eve ARNOLD) "The misfits" étant bouclé, John HUSTON emmène toute l'équipe du film, sans omettre Arthur MILLER, se détendre dans un des casinos de Reno, Nevada, alors capitale du jeu. Il initie Marilyn au lancement de dés au craps.
16 Octobre 1960 / (Photos Eve ARNOLD) "The misfits" étant bouclé, John HUSTON emmène toute l'équipe du film, sans omettre Arthur MILLER, se détendre dans un des casinos de Reno, Nevada, alors capitale du jeu. Il initie Marilyn au lancement de dés au craps.
16 Octobre 1960 / (Photos Eve ARNOLD) "The misfits" étant bouclé, John HUSTON emmène toute l'équipe du film, sans omettre Arthur MILLER, se détendre dans un des casinos de Reno, Nevada, alors capitale du jeu. Il initie Marilyn au lancement de dés au craps.
16 Octobre 1960 / (Photos Eve ARNOLD) "The misfits" étant bouclé, John HUSTON emmène toute l'équipe du film, sans omettre Arthur MILLER, se détendre dans un des casinos de Reno, Nevada, alors capitale du jeu. Il initie Marilyn au lancement de dés au craps.
16 Octobre 1960 / (Photos Eve ARNOLD) "The misfits" étant bouclé, John HUSTON emmène toute l'équipe du film, sans omettre Arthur MILLER, se détendre dans un des casinos de Reno, Nevada, alors capitale du jeu. Il initie Marilyn au lancement de dés au craps.

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1960 / Rare cover française de Marilyn avec une photo candide prise lors du tournage du film "The misfits". 14/02/2016

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1960 / TESTS COIFFURES pour le film "The misfits" / LES CHEVEUX DE MARILYN, L'HISTOIRE D'UN PUR CALVAIRE / La saga capillaire de Marilyn débute alors qu’elle n’était qu’une jeune mannequin : en 1946, travaillant pour l’agence "Blue Book Modeling", elle participe à un casting pour une publicité de shampooing "Rayve". La photographe la trouve à son goût mais souhaite qu’elle se raidisse les cheveux « qui prennent mieux la lumière en pellicule couleur« . Sur sa fiche signalétique de l’agence, est inscrit « Medium blonde : too much curled and unruly, discoloring and perm recommended. » (« Blond moyen : trop de boucles indisciplinées, décoloration et permanente recommandées« ). La coiffeuse Sylvia BARNHART qualifiera, elle, sa chevelure de « frisée marron terne », au Salon "Franck & Joseph" vers lequel on l’adresse, sur Wilshire Boulevard. Un établissement à la mode et côté à l’époque, fréquenté par de nombreuses stars, de Rita HAYWORTH à Ingrid BERGMAN. Un premier défrisage Ce processus de défrisage entraîne une première décoloration tendant vers le roux, ce que la jeune-femme apprécie. Elle demande alors à l’accentuer pour l’éclaircir davantage, « fair« . Enfant, Marilyn précisera qu’elle était blond platine et qu’on la surnommait alors « tête d’étoupe », elle rêvait alors de cheveux blonds dorés. Jusqu’à ce qu’elle découvre le blond platine de la magnifique Jean HARLOW. Il lui faudra alors 3 ans de tests et d’ajustements pour « fabriquer » la Marilyn emblématique que l’on connaît. Du blond vénitien aux blond doré, blond cendré jusqu’au blond champagne… Mais quelle était la nature des cheveux de l’héroïne des Hommes préfèrent les blondes ? Sa coiffeuse Gladys RASMUSSEN dévoilera à leur sujet : « Les cheveux de Marilyn posent plusieurs problèmes : ils sont très fins et difficiles à travailler. Trop gras pour ne pas être lavés tous les jours et spontanément si frisés que je dois les lisser très soigneusement à la moindre occasion. Quant à la recette de son blond platine, elle est due au mélange d’une teinte « argent étincelant » et d’eau oxygénée à 20 volumes. Plus un rinçage secret de ma composition pour éviter l’effet jaunâtre. » (pour la petite histoire Miss MONROE fera aussi subir le même traitement à son « intimité » pour « être blonde de partout ! »). Si les traitements chimiques maltraitent encore de nos jours les cheveux, dans les années 40 ils étaient redoutables ! Loin de la camomille ou de la fiente de pigeon qu’affectionnaient jadis les romaines pour l’ammoniaque qu’elles recélaient : c’est l’eau oxygénée (peroxyde d’hydrogène) qui est l’ingrédient majeur. La décoloration fatale Préparée à partir d’une solution d’acide sulfurique diluée à pas moins de 30% par les professionnels qui cherchent l’efficacité, sans être conscients de ses effets désastreux à long terme (dose actuellement recommandée : 0,5%), elle pénètre l’intérieur des cheveux dont elle dissout la mélanine, le pigment qui donne sa carnation aux cheveux et à la peau. Une torture infligée aux cheveux tous les 3 à 4 jours (tous les 5-6 jours à l’heure actuelle) puisque des retouches aux racines devaient être réalisées régulièrement. Au somment de sa carrière, la décoloratrice personnelle de Marilyn faisait ainsi le déplacement en avion de San Diego à Los Angeles, tous frais payés, pour cette mission hautement stratégique ! Et même si on tentait de soigner les cheveux comme on le pouvait, à coup d’emplâtres à la moelle de boeuf ou d’huiles ultra grasses, cela n’empêchait pas le cuir-chevelu d’être littéralement brûlé, et de détruire le cheveu jusqu’au coeur de sa fibre. Un cocktail chimique décapant ! D’autres réactifs, tels les persulfates de sodium, potassium, baryum, magnésium, paraphénylène, paratoluène, les nitrates, thioglycolates d’ammonium, aminophénols, et bien d’autres substances chimiques barbares, désormais considérées comme aussi dangereuses pour la peau que pour les poumons (provoquant asthme, allergies et eczéma, maladies professionnelles reconnues des coiffeurs) sont tout autant utilisés. Il est probable que Marilyn y ait eu aussi recours, elle qui s’amusait « qu’à Hollywood, la vertu d’une femme est beaucoup moins importante que sa coiffure. » Mais ici ne s’arrête pas l’épreuve : en effet à la suite de la décoloration, il faut recolorer au risque de se retrouver avec un « jaune pisseux ». Et pour cela on use de shampooings, crèmes, poudres, huiles, émulsions ou lotions plus ou moins poisseuses, à base de polymères aquasolubles à divers degrés de dosage. Un colorant associé à une eau oxygénée à 20 volumes donne une décoloration et une teinture intenses, quand un shampooing ou un gel contenant une eau oxygénée à 10 volumes n’apportera qu’une nuance ténue et éphémère. Le rinçage teinté pratiqué par Gladys RASMUSSEN, remplace en surface les pigments désintégrés à l’intérieur des fibres. A noter que les ratages étaient assez fréquents, entraînant des têtes mauve ou orange… Prudente, l’actrice ne se séparait d’ailleurs jamais d’une poudre blanchissante de "Max Factor", marque professionnelle fournisseur des studios, pour camoufler d’éventuelles repousses ou dérapages accidentels. Des cheveux détruits par le défrisage Parallèlement au supplice chimique de la (dé)coloration, Marilyn subit aussi jusqu’à la fin de ses jours, un raidissement à l’hydroxide de sodium, mieux connu sous le nom de soude caustique (la même qu’on utilise pour déboucher les canalisations !). Ce produit très alcalin casse la structure naturelle de la kératine (le composant principal de la peau et des poils) pour rendre la chevelure malléable jusqu’à la raideur voulue. Les conséquences en étaient très dommageables : cuir-chevelu en feu et des cheveux en botte de foin, d’une sécheresse mortelle aux écailles hérissées incapables de retenir la moindre hydratation interne. Cassée à tous les niveaux, y compris à la base, la masse capillaire de Marilyn diminue sensiblement. La parade ? Choucrouter à fond et mettre en plis pour donner l’illusion d’un volume, le tout fixé avec force laque vinyle (tout autant nocive pour le (peu de) cheveux restants !). Parmi les autres calvaires infligés à ses cheveux, Marilyn aura aussi procédé à une épilation à l’électroyse de son implantation en pointe sur le front (appelée « pic de la veuve ») qui ne convenait pas aux studios. Enfin, sa coiffure a aussi évolué au fil du temps. Passant de boucles crantées style pin-up à ses débuts avec une mèche derrière laquelle se cache le regard « coquin », elle dégagera progressivement son front de sorte que son visage prenne mieux la lumière. A sa mort, sa généreuse tignasse d’origine est devenue aussi fine et fragile qu’un nuage ou des cheveux d’ange. Comme si elle commençait à s’effacer, à l’image de Marilyn elle-même. C’est ainsi que dans son dernier film achevé, « Les désaxés » (« The misfits »), elle portait une perruque tant ses cheveux étaient abîmés. Accessoire cache-misère qui l’accompagnera jusqu’au tombeau… 20/02/2016

1960 / TESTS COIFFURES pour le film "The misfits" / LES CHEVEUX DE MARILYN, L'HISTOIRE D'UN PUR CALVAIRE / La saga capillaire de Marilyn débute alors qu’elle n’était qu’une jeune mannequin : en 1946, travaillant pour l’agence "Blue Book Modeling", elle participe à un casting pour une publicité de shampooing "Rayve". La photographe la trouve à son goût mais souhaite qu’elle se raidisse les cheveux « qui prennent mieux la lumière en pellicule couleur« . Sur sa fiche signalétique de l’agence, est inscrit « Medium blonde : too much curled and unruly, discoloring and perm recommended. » (« Blond moyen : trop de boucles indisciplinées, décoloration et permanente recommandées« ). La coiffeuse Sylvia BARNHART qualifiera, elle, sa chevelure de « frisée marron terne », au Salon "Franck & Joseph" vers lequel on l’adresse, sur Wilshire Boulevard. Un établissement à la mode et côté à l’époque, fréquenté par de nombreuses stars, de Rita HAYWORTH à Ingrid BERGMAN. Un premier défrisage Ce processus de défrisage entraîne une première décoloration tendant vers le roux, ce que la jeune-femme apprécie. Elle demande alors à l’accentuer pour l’éclaircir davantage, « fair« . Enfant, Marilyn précisera qu’elle était blond platine et qu’on la surnommait alors « tête d’étoupe », elle rêvait alors de cheveux blonds dorés. Jusqu’à ce qu’elle découvre le blond platine de la magnifique Jean HARLOW. Il lui faudra alors 3 ans de tests et d’ajustements pour « fabriquer » la Marilyn emblématique que l’on connaît. Du blond vénitien aux blond doré, blond cendré jusqu’au blond champagne… Mais quelle était la nature des cheveux de l’héroïne des Hommes préfèrent les blondes ? Sa coiffeuse Gladys RASMUSSEN dévoilera à leur sujet : « Les cheveux de Marilyn posent plusieurs problèmes : ils sont très fins et difficiles à travailler. Trop gras pour ne pas être lavés tous les jours et spontanément si frisés que je dois les lisser très soigneusement à la moindre occasion. Quant à la recette de son blond platine, elle est due au mélange d’une teinte « argent étincelant » et d’eau oxygénée à 20 volumes. Plus un rinçage secret de ma composition pour éviter l’effet jaunâtre. » (pour la petite histoire Miss MONROE fera aussi subir le même traitement à son « intimité » pour « être blonde de partout ! »). Si les traitements chimiques maltraitent encore de nos jours les cheveux, dans les années 40 ils étaient redoutables ! Loin de la camomille ou de la fiente de pigeon qu’affectionnaient jadis les romaines pour l’ammoniaque qu’elles recélaient : c’est l’eau oxygénée (peroxyde d’hydrogène) qui est l’ingrédient majeur. La décoloration fatale Préparée à partir d’une solution d’acide sulfurique diluée à pas moins de 30% par les professionnels qui cherchent l’efficacité, sans être conscients de ses effets désastreux à long terme (dose actuellement recommandée : 0,5%), elle pénètre l’intérieur des cheveux dont elle dissout la mélanine, le pigment qui donne sa carnation aux cheveux et à la peau. Une torture infligée aux cheveux tous les 3 à 4 jours (tous les 5-6 jours à l’heure actuelle) puisque des retouches aux racines devaient être réalisées régulièrement. Au somment de sa carrière, la décoloratrice personnelle de Marilyn faisait ainsi le déplacement en avion de San Diego à Los Angeles, tous frais payés, pour cette mission hautement stratégique ! Et même si on tentait de soigner les cheveux comme on le pouvait, à coup d’emplâtres à la moelle de boeuf ou d’huiles ultra grasses, cela n’empêchait pas le cuir-chevelu d’être littéralement brûlé, et de détruire le cheveu jusqu’au coeur de sa fibre. Un cocktail chimique décapant ! D’autres réactifs, tels les persulfates de sodium, potassium, baryum, magnésium, paraphénylène, paratoluène, les nitrates, thioglycolates d’ammonium, aminophénols, et bien d’autres substances chimiques barbares, désormais considérées comme aussi dangereuses pour la peau que pour les poumons (provoquant asthme, allergies et eczéma, maladies professionnelles reconnues des coiffeurs) sont tout autant utilisés. Il est probable que Marilyn y ait eu aussi recours, elle qui s’amusait « qu’à Hollywood, la vertu d’une femme est beaucoup moins importante que sa coiffure. » Mais ici ne s’arrête pas l’épreuve : en effet à la suite de la décoloration, il faut recolorer au risque de se retrouver avec un « jaune pisseux ». Et pour cela on use de shampooings, crèmes, poudres, huiles, émulsions ou lotions plus ou moins poisseuses, à base de polymères aquasolubles à divers degrés de dosage. Un colorant associé à une eau oxygénée à 20 volumes donne une décoloration et une teinture intenses, quand un shampooing ou un gel contenant une eau oxygénée à 10 volumes n’apportera qu’une nuance ténue et éphémère. Le rinçage teinté pratiqué par Gladys RASMUSSEN, remplace en surface les pigments désintégrés à l’intérieur des fibres. A noter que les ratages étaient assez fréquents, entraînant des têtes mauve ou orange… Prudente, l’actrice ne se séparait d’ailleurs jamais d’une poudre blanchissante de "Max Factor", marque professionnelle fournisseur des studios, pour camoufler d’éventuelles repousses ou dérapages accidentels. Des cheveux détruits par le défrisage Parallèlement au supplice chimique de la (dé)coloration, Marilyn subit aussi jusqu’à la fin de ses jours, un raidissement à l’hydroxide de sodium, mieux connu sous le nom de soude caustique (la même qu’on utilise pour déboucher les canalisations !). Ce produit très alcalin casse la structure naturelle de la kératine (le composant principal de la peau et des poils) pour rendre la chevelure malléable jusqu’à la raideur voulue. Les conséquences en étaient très dommageables : cuir-chevelu en feu et des cheveux en botte de foin, d’une sécheresse mortelle aux écailles hérissées incapables de retenir la moindre hydratation interne. Cassée à tous les niveaux, y compris à la base, la masse capillaire de Marilyn diminue sensiblement. La parade ? Choucrouter à fond et mettre en plis pour donner l’illusion d’un volume, le tout fixé avec force laque vinyle (tout autant nocive pour le (peu de) cheveux restants !). Parmi les autres calvaires infligés à ses cheveux, Marilyn aura aussi procédé à une épilation à l’électroyse de son implantation en pointe sur le front (appelée « pic de la veuve ») qui ne convenait pas aux studios. Enfin, sa coiffure a aussi évolué au fil du temps. Passant de boucles crantées style pin-up à ses débuts avec une mèche derrière laquelle se cache le regard « coquin », elle dégagera progressivement son front de sorte que son visage prenne mieux la lumière. A sa mort, sa généreuse tignasse d’origine est devenue aussi fine et fragile qu’un nuage ou des cheveux d’ange. Comme si elle commençait à s’effacer, à l’image de Marilyn elle-même. C’est ainsi que dans son dernier film achevé, « Les désaxés » (« The misfits »), elle portait une perruque tant ses cheveux étaient abîmés. Accessoire cache-misère qui l’accompagnera jusqu’au tombeau…
1960 / TESTS COIFFURES pour le film "The misfits" / LES CHEVEUX DE MARILYN, L'HISTOIRE D'UN PUR CALVAIRE / La saga capillaire de Marilyn débute alors qu’elle n’était qu’une jeune mannequin : en 1946, travaillant pour l’agence "Blue Book Modeling", elle participe à un casting pour une publicité de shampooing "Rayve". La photographe la trouve à son goût mais souhaite qu’elle se raidisse les cheveux « qui prennent mieux la lumière en pellicule couleur« . Sur sa fiche signalétique de l’agence, est inscrit « Medium blonde : too much curled and unruly, discoloring and perm recommended. » (« Blond moyen : trop de boucles indisciplinées, décoloration et permanente recommandées« ). La coiffeuse Sylvia BARNHART qualifiera, elle, sa chevelure de « frisée marron terne », au Salon "Franck & Joseph" vers lequel on l’adresse, sur Wilshire Boulevard. Un établissement à la mode et côté à l’époque, fréquenté par de nombreuses stars, de Rita HAYWORTH à Ingrid BERGMAN. Un premier défrisage Ce processus de défrisage entraîne une première décoloration tendant vers le roux, ce que la jeune-femme apprécie. Elle demande alors à l’accentuer pour l’éclaircir davantage, « fair« . Enfant, Marilyn précisera qu’elle était blond platine et qu’on la surnommait alors « tête d’étoupe », elle rêvait alors de cheveux blonds dorés. Jusqu’à ce qu’elle découvre le blond platine de la magnifique Jean HARLOW. Il lui faudra alors 3 ans de tests et d’ajustements pour « fabriquer » la Marilyn emblématique que l’on connaît. Du blond vénitien aux blond doré, blond cendré jusqu’au blond champagne… Mais quelle était la nature des cheveux de l’héroïne des Hommes préfèrent les blondes ? Sa coiffeuse Gladys RASMUSSEN dévoilera à leur sujet : « Les cheveux de Marilyn posent plusieurs problèmes : ils sont très fins et difficiles à travailler. Trop gras pour ne pas être lavés tous les jours et spontanément si frisés que je dois les lisser très soigneusement à la moindre occasion. Quant à la recette de son blond platine, elle est due au mélange d’une teinte « argent étincelant » et d’eau oxygénée à 20 volumes. Plus un rinçage secret de ma composition pour éviter l’effet jaunâtre. » (pour la petite histoire Miss MONROE fera aussi subir le même traitement à son « intimité » pour « être blonde de partout ! »). Si les traitements chimiques maltraitent encore de nos jours les cheveux, dans les années 40 ils étaient redoutables ! Loin de la camomille ou de la fiente de pigeon qu’affectionnaient jadis les romaines pour l’ammoniaque qu’elles recélaient : c’est l’eau oxygénée (peroxyde d’hydrogène) qui est l’ingrédient majeur. La décoloration fatale Préparée à partir d’une solution d’acide sulfurique diluée à pas moins de 30% par les professionnels qui cherchent l’efficacité, sans être conscients de ses effets désastreux à long terme (dose actuellement recommandée : 0,5%), elle pénètre l’intérieur des cheveux dont elle dissout la mélanine, le pigment qui donne sa carnation aux cheveux et à la peau. Une torture infligée aux cheveux tous les 3 à 4 jours (tous les 5-6 jours à l’heure actuelle) puisque des retouches aux racines devaient être réalisées régulièrement. Au somment de sa carrière, la décoloratrice personnelle de Marilyn faisait ainsi le déplacement en avion de San Diego à Los Angeles, tous frais payés, pour cette mission hautement stratégique ! Et même si on tentait de soigner les cheveux comme on le pouvait, à coup d’emplâtres à la moelle de boeuf ou d’huiles ultra grasses, cela n’empêchait pas le cuir-chevelu d’être littéralement brûlé, et de détruire le cheveu jusqu’au coeur de sa fibre. Un cocktail chimique décapant ! D’autres réactifs, tels les persulfates de sodium, potassium, baryum, magnésium, paraphénylène, paratoluène, les nitrates, thioglycolates d’ammonium, aminophénols, et bien d’autres substances chimiques barbares, désormais considérées comme aussi dangereuses pour la peau que pour les poumons (provoquant asthme, allergies et eczéma, maladies professionnelles reconnues des coiffeurs) sont tout autant utilisés. Il est probable que Marilyn y ait eu aussi recours, elle qui s’amusait « qu’à Hollywood, la vertu d’une femme est beaucoup moins importante que sa coiffure. » Mais ici ne s’arrête pas l’épreuve : en effet à la suite de la décoloration, il faut recolorer au risque de se retrouver avec un « jaune pisseux ». Et pour cela on use de shampooings, crèmes, poudres, huiles, émulsions ou lotions plus ou moins poisseuses, à base de polymères aquasolubles à divers degrés de dosage. Un colorant associé à une eau oxygénée à 20 volumes donne une décoloration et une teinture intenses, quand un shampooing ou un gel contenant une eau oxygénée à 10 volumes n’apportera qu’une nuance ténue et éphémère. Le rinçage teinté pratiqué par Gladys RASMUSSEN, remplace en surface les pigments désintégrés à l’intérieur des fibres. A noter que les ratages étaient assez fréquents, entraînant des têtes mauve ou orange… Prudente, l’actrice ne se séparait d’ailleurs jamais d’une poudre blanchissante de "Max Factor", marque professionnelle fournisseur des studios, pour camoufler d’éventuelles repousses ou dérapages accidentels. Des cheveux détruits par le défrisage Parallèlement au supplice chimique de la (dé)coloration, Marilyn subit aussi jusqu’à la fin de ses jours, un raidissement à l’hydroxide de sodium, mieux connu sous le nom de soude caustique (la même qu’on utilise pour déboucher les canalisations !). Ce produit très alcalin casse la structure naturelle de la kératine (le composant principal de la peau et des poils) pour rendre la chevelure malléable jusqu’à la raideur voulue. Les conséquences en étaient très dommageables : cuir-chevelu en feu et des cheveux en botte de foin, d’une sécheresse mortelle aux écailles hérissées incapables de retenir la moindre hydratation interne. Cassée à tous les niveaux, y compris à la base, la masse capillaire de Marilyn diminue sensiblement. La parade ? Choucrouter à fond et mettre en plis pour donner l’illusion d’un volume, le tout fixé avec force laque vinyle (tout autant nocive pour le (peu de) cheveux restants !). Parmi les autres calvaires infligés à ses cheveux, Marilyn aura aussi procédé à une épilation à l’électroyse de son implantation en pointe sur le front (appelée « pic de la veuve ») qui ne convenait pas aux studios. Enfin, sa coiffure a aussi évolué au fil du temps. Passant de boucles crantées style pin-up à ses débuts avec une mèche derrière laquelle se cache le regard « coquin », elle dégagera progressivement son front de sorte que son visage prenne mieux la lumière. A sa mort, sa généreuse tignasse d’origine est devenue aussi fine et fragile qu’un nuage ou des cheveux d’ange. Comme si elle commençait à s’effacer, à l’image de Marilyn elle-même. C’est ainsi que dans son dernier film achevé, « Les désaxés » (« The misfits »), elle portait une perruque tant ses cheveux étaient abîmés. Accessoire cache-misère qui l’accompagnera jusqu’au tombeau…
1960 / TESTS COIFFURES pour le film "The misfits" / LES CHEVEUX DE MARILYN, L'HISTOIRE D'UN PUR CALVAIRE / La saga capillaire de Marilyn débute alors qu’elle n’était qu’une jeune mannequin : en 1946, travaillant pour l’agence "Blue Book Modeling", elle participe à un casting pour une publicité de shampooing "Rayve". La photographe la trouve à son goût mais souhaite qu’elle se raidisse les cheveux « qui prennent mieux la lumière en pellicule couleur« . Sur sa fiche signalétique de l’agence, est inscrit « Medium blonde : too much curled and unruly, discoloring and perm recommended. » (« Blond moyen : trop de boucles indisciplinées, décoloration et permanente recommandées« ). La coiffeuse Sylvia BARNHART qualifiera, elle, sa chevelure de « frisée marron terne », au Salon "Franck & Joseph" vers lequel on l’adresse, sur Wilshire Boulevard. Un établissement à la mode et côté à l’époque, fréquenté par de nombreuses stars, de Rita HAYWORTH à Ingrid BERGMAN. Un premier défrisage Ce processus de défrisage entraîne une première décoloration tendant vers le roux, ce que la jeune-femme apprécie. Elle demande alors à l’accentuer pour l’éclaircir davantage, « fair« . Enfant, Marilyn précisera qu’elle était blond platine et qu’on la surnommait alors « tête d’étoupe », elle rêvait alors de cheveux blonds dorés. Jusqu’à ce qu’elle découvre le blond platine de la magnifique Jean HARLOW. Il lui faudra alors 3 ans de tests et d’ajustements pour « fabriquer » la Marilyn emblématique que l’on connaît. Du blond vénitien aux blond doré, blond cendré jusqu’au blond champagne… Mais quelle était la nature des cheveux de l’héroïne des Hommes préfèrent les blondes ? Sa coiffeuse Gladys RASMUSSEN dévoilera à leur sujet : « Les cheveux de Marilyn posent plusieurs problèmes : ils sont très fins et difficiles à travailler. Trop gras pour ne pas être lavés tous les jours et spontanément si frisés que je dois les lisser très soigneusement à la moindre occasion. Quant à la recette de son blond platine, elle est due au mélange d’une teinte « argent étincelant » et d’eau oxygénée à 20 volumes. Plus un rinçage secret de ma composition pour éviter l’effet jaunâtre. » (pour la petite histoire Miss MONROE fera aussi subir le même traitement à son « intimité » pour « être blonde de partout ! »). Si les traitements chimiques maltraitent encore de nos jours les cheveux, dans les années 40 ils étaient redoutables ! Loin de la camomille ou de la fiente de pigeon qu’affectionnaient jadis les romaines pour l’ammoniaque qu’elles recélaient : c’est l’eau oxygénée (peroxyde d’hydrogène) qui est l’ingrédient majeur. La décoloration fatale Préparée à partir d’une solution d’acide sulfurique diluée à pas moins de 30% par les professionnels qui cherchent l’efficacité, sans être conscients de ses effets désastreux à long terme (dose actuellement recommandée : 0,5%), elle pénètre l’intérieur des cheveux dont elle dissout la mélanine, le pigment qui donne sa carnation aux cheveux et à la peau. Une torture infligée aux cheveux tous les 3 à 4 jours (tous les 5-6 jours à l’heure actuelle) puisque des retouches aux racines devaient être réalisées régulièrement. Au somment de sa carrière, la décoloratrice personnelle de Marilyn faisait ainsi le déplacement en avion de San Diego à Los Angeles, tous frais payés, pour cette mission hautement stratégique ! Et même si on tentait de soigner les cheveux comme on le pouvait, à coup d’emplâtres à la moelle de boeuf ou d’huiles ultra grasses, cela n’empêchait pas le cuir-chevelu d’être littéralement brûlé, et de détruire le cheveu jusqu’au coeur de sa fibre. Un cocktail chimique décapant ! D’autres réactifs, tels les persulfates de sodium, potassium, baryum, magnésium, paraphénylène, paratoluène, les nitrates, thioglycolates d’ammonium, aminophénols, et bien d’autres substances chimiques barbares, désormais considérées comme aussi dangereuses pour la peau que pour les poumons (provoquant asthme, allergies et eczéma, maladies professionnelles reconnues des coiffeurs) sont tout autant utilisés. Il est probable que Marilyn y ait eu aussi recours, elle qui s’amusait « qu’à Hollywood, la vertu d’une femme est beaucoup moins importante que sa coiffure. » Mais ici ne s’arrête pas l’épreuve : en effet à la suite de la décoloration, il faut recolorer au risque de se retrouver avec un « jaune pisseux ». Et pour cela on use de shampooings, crèmes, poudres, huiles, émulsions ou lotions plus ou moins poisseuses, à base de polymères aquasolubles à divers degrés de dosage. Un colorant associé à une eau oxygénée à 20 volumes donne une décoloration et une teinture intenses, quand un shampooing ou un gel contenant une eau oxygénée à 10 volumes n’apportera qu’une nuance ténue et éphémère. Le rinçage teinté pratiqué par Gladys RASMUSSEN, remplace en surface les pigments désintégrés à l’intérieur des fibres. A noter que les ratages étaient assez fréquents, entraînant des têtes mauve ou orange… Prudente, l’actrice ne se séparait d’ailleurs jamais d’une poudre blanchissante de "Max Factor", marque professionnelle fournisseur des studios, pour camoufler d’éventuelles repousses ou dérapages accidentels. Des cheveux détruits par le défrisage Parallèlement au supplice chimique de la (dé)coloration, Marilyn subit aussi jusqu’à la fin de ses jours, un raidissement à l’hydroxide de sodium, mieux connu sous le nom de soude caustique (la même qu’on utilise pour déboucher les canalisations !). Ce produit très alcalin casse la structure naturelle de la kératine (le composant principal de la peau et des poils) pour rendre la chevelure malléable jusqu’à la raideur voulue. Les conséquences en étaient très dommageables : cuir-chevelu en feu et des cheveux en botte de foin, d’une sécheresse mortelle aux écailles hérissées incapables de retenir la moindre hydratation interne. Cassée à tous les niveaux, y compris à la base, la masse capillaire de Marilyn diminue sensiblement. La parade ? Choucrouter à fond et mettre en plis pour donner l’illusion d’un volume, le tout fixé avec force laque vinyle (tout autant nocive pour le (peu de) cheveux restants !). Parmi les autres calvaires infligés à ses cheveux, Marilyn aura aussi procédé à une épilation à l’électroyse de son implantation en pointe sur le front (appelée « pic de la veuve ») qui ne convenait pas aux studios. Enfin, sa coiffure a aussi évolué au fil du temps. Passant de boucles crantées style pin-up à ses débuts avec une mèche derrière laquelle se cache le regard « coquin », elle dégagera progressivement son front de sorte que son visage prenne mieux la lumière. A sa mort, sa généreuse tignasse d’origine est devenue aussi fine et fragile qu’un nuage ou des cheveux d’ange. Comme si elle commençait à s’effacer, à l’image de Marilyn elle-même. C’est ainsi que dans son dernier film achevé, « Les désaxés » (« The misfits »), elle portait une perruque tant ses cheveux étaient abîmés. Accessoire cache-misère qui l’accompagnera jusqu’au tombeau…
1960 / TESTS COIFFURES pour le film "The misfits" / LES CHEVEUX DE MARILYN, L'HISTOIRE D'UN PUR CALVAIRE / La saga capillaire de Marilyn débute alors qu’elle n’était qu’une jeune mannequin : en 1946, travaillant pour l’agence "Blue Book Modeling", elle participe à un casting pour une publicité de shampooing "Rayve". La photographe la trouve à son goût mais souhaite qu’elle se raidisse les cheveux « qui prennent mieux la lumière en pellicule couleur« . Sur sa fiche signalétique de l’agence, est inscrit « Medium blonde : too much curled and unruly, discoloring and perm recommended. » (« Blond moyen : trop de boucles indisciplinées, décoloration et permanente recommandées« ). La coiffeuse Sylvia BARNHART qualifiera, elle, sa chevelure de « frisée marron terne », au Salon "Franck & Joseph" vers lequel on l’adresse, sur Wilshire Boulevard. Un établissement à la mode et côté à l’époque, fréquenté par de nombreuses stars, de Rita HAYWORTH à Ingrid BERGMAN. Un premier défrisage Ce processus de défrisage entraîne une première décoloration tendant vers le roux, ce que la jeune-femme apprécie. Elle demande alors à l’accentuer pour l’éclaircir davantage, « fair« . Enfant, Marilyn précisera qu’elle était blond platine et qu’on la surnommait alors « tête d’étoupe », elle rêvait alors de cheveux blonds dorés. Jusqu’à ce qu’elle découvre le blond platine de la magnifique Jean HARLOW. Il lui faudra alors 3 ans de tests et d’ajustements pour « fabriquer » la Marilyn emblématique que l’on connaît. Du blond vénitien aux blond doré, blond cendré jusqu’au blond champagne… Mais quelle était la nature des cheveux de l’héroïne des Hommes préfèrent les blondes ? Sa coiffeuse Gladys RASMUSSEN dévoilera à leur sujet : « Les cheveux de Marilyn posent plusieurs problèmes : ils sont très fins et difficiles à travailler. Trop gras pour ne pas être lavés tous les jours et spontanément si frisés que je dois les lisser très soigneusement à la moindre occasion. Quant à la recette de son blond platine, elle est due au mélange d’une teinte « argent étincelant » et d’eau oxygénée à 20 volumes. Plus un rinçage secret de ma composition pour éviter l’effet jaunâtre. » (pour la petite histoire Miss MONROE fera aussi subir le même traitement à son « intimité » pour « être blonde de partout ! »). Si les traitements chimiques maltraitent encore de nos jours les cheveux, dans les années 40 ils étaient redoutables ! Loin de la camomille ou de la fiente de pigeon qu’affectionnaient jadis les romaines pour l’ammoniaque qu’elles recélaient : c’est l’eau oxygénée (peroxyde d’hydrogène) qui est l’ingrédient majeur. La décoloration fatale Préparée à partir d’une solution d’acide sulfurique diluée à pas moins de 30% par les professionnels qui cherchent l’efficacité, sans être conscients de ses effets désastreux à long terme (dose actuellement recommandée : 0,5%), elle pénètre l’intérieur des cheveux dont elle dissout la mélanine, le pigment qui donne sa carnation aux cheveux et à la peau. Une torture infligée aux cheveux tous les 3 à 4 jours (tous les 5-6 jours à l’heure actuelle) puisque des retouches aux racines devaient être réalisées régulièrement. Au somment de sa carrière, la décoloratrice personnelle de Marilyn faisait ainsi le déplacement en avion de San Diego à Los Angeles, tous frais payés, pour cette mission hautement stratégique ! Et même si on tentait de soigner les cheveux comme on le pouvait, à coup d’emplâtres à la moelle de boeuf ou d’huiles ultra grasses, cela n’empêchait pas le cuir-chevelu d’être littéralement brûlé, et de détruire le cheveu jusqu’au coeur de sa fibre. Un cocktail chimique décapant ! D’autres réactifs, tels les persulfates de sodium, potassium, baryum, magnésium, paraphénylène, paratoluène, les nitrates, thioglycolates d’ammonium, aminophénols, et bien d’autres substances chimiques barbares, désormais considérées comme aussi dangereuses pour la peau que pour les poumons (provoquant asthme, allergies et eczéma, maladies professionnelles reconnues des coiffeurs) sont tout autant utilisés. Il est probable que Marilyn y ait eu aussi recours, elle qui s’amusait « qu’à Hollywood, la vertu d’une femme est beaucoup moins importante que sa coiffure. » Mais ici ne s’arrête pas l’épreuve : en effet à la suite de la décoloration, il faut recolorer au risque de se retrouver avec un « jaune pisseux ». Et pour cela on use de shampooings, crèmes, poudres, huiles, émulsions ou lotions plus ou moins poisseuses, à base de polymères aquasolubles à divers degrés de dosage. Un colorant associé à une eau oxygénée à 20 volumes donne une décoloration et une teinture intenses, quand un shampooing ou un gel contenant une eau oxygénée à 10 volumes n’apportera qu’une nuance ténue et éphémère. Le rinçage teinté pratiqué par Gladys RASMUSSEN, remplace en surface les pigments désintégrés à l’intérieur des fibres. A noter que les ratages étaient assez fréquents, entraînant des têtes mauve ou orange… Prudente, l’actrice ne se séparait d’ailleurs jamais d’une poudre blanchissante de "Max Factor", marque professionnelle fournisseur des studios, pour camoufler d’éventuelles repousses ou dérapages accidentels. Des cheveux détruits par le défrisage Parallèlement au supplice chimique de la (dé)coloration, Marilyn subit aussi jusqu’à la fin de ses jours, un raidissement à l’hydroxide de sodium, mieux connu sous le nom de soude caustique (la même qu’on utilise pour déboucher les canalisations !). Ce produit très alcalin casse la structure naturelle de la kératine (le composant principal de la peau et des poils) pour rendre la chevelure malléable jusqu’à la raideur voulue. Les conséquences en étaient très dommageables : cuir-chevelu en feu et des cheveux en botte de foin, d’une sécheresse mortelle aux écailles hérissées incapables de retenir la moindre hydratation interne. Cassée à tous les niveaux, y compris à la base, la masse capillaire de Marilyn diminue sensiblement. La parade ? Choucrouter à fond et mettre en plis pour donner l’illusion d’un volume, le tout fixé avec force laque vinyle (tout autant nocive pour le (peu de) cheveux restants !). Parmi les autres calvaires infligés à ses cheveux, Marilyn aura aussi procédé à une épilation à l’électroyse de son implantation en pointe sur le front (appelée « pic de la veuve ») qui ne convenait pas aux studios. Enfin, sa coiffure a aussi évolué au fil du temps. Passant de boucles crantées style pin-up à ses débuts avec une mèche derrière laquelle se cache le regard « coquin », elle dégagera progressivement son front de sorte que son visage prenne mieux la lumière. A sa mort, sa généreuse tignasse d’origine est devenue aussi fine et fragile qu’un nuage ou des cheveux d’ange. Comme si elle commençait à s’effacer, à l’image de Marilyn elle-même. C’est ainsi que dans son dernier film achevé, « Les désaxés » (« The misfits »), elle portait une perruque tant ses cheveux étaient abîmés. Accessoire cache-misère qui l’accompagnera jusqu’au tombeau…
1960 / TESTS COIFFURES pour le film "The misfits" / LES CHEVEUX DE MARILYN, L'HISTOIRE D'UN PUR CALVAIRE / La saga capillaire de Marilyn débute alors qu’elle n’était qu’une jeune mannequin : en 1946, travaillant pour l’agence "Blue Book Modeling", elle participe à un casting pour une publicité de shampooing "Rayve". La photographe la trouve à son goût mais souhaite qu’elle se raidisse les cheveux « qui prennent mieux la lumière en pellicule couleur« . Sur sa fiche signalétique de l’agence, est inscrit « Medium blonde : too much curled and unruly, discoloring and perm recommended. » (« Blond moyen : trop de boucles indisciplinées, décoloration et permanente recommandées« ). La coiffeuse Sylvia BARNHART qualifiera, elle, sa chevelure de « frisée marron terne », au Salon "Franck & Joseph" vers lequel on l’adresse, sur Wilshire Boulevard. Un établissement à la mode et côté à l’époque, fréquenté par de nombreuses stars, de Rita HAYWORTH à Ingrid BERGMAN. Un premier défrisage Ce processus de défrisage entraîne une première décoloration tendant vers le roux, ce que la jeune-femme apprécie. Elle demande alors à l’accentuer pour l’éclaircir davantage, « fair« . Enfant, Marilyn précisera qu’elle était blond platine et qu’on la surnommait alors « tête d’étoupe », elle rêvait alors de cheveux blonds dorés. Jusqu’à ce qu’elle découvre le blond platine de la magnifique Jean HARLOW. Il lui faudra alors 3 ans de tests et d’ajustements pour « fabriquer » la Marilyn emblématique que l’on connaît. Du blond vénitien aux blond doré, blond cendré jusqu’au blond champagne… Mais quelle était la nature des cheveux de l’héroïne des Hommes préfèrent les blondes ? Sa coiffeuse Gladys RASMUSSEN dévoilera à leur sujet : « Les cheveux de Marilyn posent plusieurs problèmes : ils sont très fins et difficiles à travailler. Trop gras pour ne pas être lavés tous les jours et spontanément si frisés que je dois les lisser très soigneusement à la moindre occasion. Quant à la recette de son blond platine, elle est due au mélange d’une teinte « argent étincelant » et d’eau oxygénée à 20 volumes. Plus un rinçage secret de ma composition pour éviter l’effet jaunâtre. » (pour la petite histoire Miss MONROE fera aussi subir le même traitement à son « intimité » pour « être blonde de partout ! »). Si les traitements chimiques maltraitent encore de nos jours les cheveux, dans les années 40 ils étaient redoutables ! Loin de la camomille ou de la fiente de pigeon qu’affectionnaient jadis les romaines pour l’ammoniaque qu’elles recélaient : c’est l’eau oxygénée (peroxyde d’hydrogène) qui est l’ingrédient majeur. La décoloration fatale Préparée à partir d’une solution d’acide sulfurique diluée à pas moins de 30% par les professionnels qui cherchent l’efficacité, sans être conscients de ses effets désastreux à long terme (dose actuellement recommandée : 0,5%), elle pénètre l’intérieur des cheveux dont elle dissout la mélanine, le pigment qui donne sa carnation aux cheveux et à la peau. Une torture infligée aux cheveux tous les 3 à 4 jours (tous les 5-6 jours à l’heure actuelle) puisque des retouches aux racines devaient être réalisées régulièrement. Au somment de sa carrière, la décoloratrice personnelle de Marilyn faisait ainsi le déplacement en avion de San Diego à Los Angeles, tous frais payés, pour cette mission hautement stratégique ! Et même si on tentait de soigner les cheveux comme on le pouvait, à coup d’emplâtres à la moelle de boeuf ou d’huiles ultra grasses, cela n’empêchait pas le cuir-chevelu d’être littéralement brûlé, et de détruire le cheveu jusqu’au coeur de sa fibre. Un cocktail chimique décapant ! D’autres réactifs, tels les persulfates de sodium, potassium, baryum, magnésium, paraphénylène, paratoluène, les nitrates, thioglycolates d’ammonium, aminophénols, et bien d’autres substances chimiques barbares, désormais considérées comme aussi dangereuses pour la peau que pour les poumons (provoquant asthme, allergies et eczéma, maladies professionnelles reconnues des coiffeurs) sont tout autant utilisés. Il est probable que Marilyn y ait eu aussi recours, elle qui s’amusait « qu’à Hollywood, la vertu d’une femme est beaucoup moins importante que sa coiffure. » Mais ici ne s’arrête pas l’épreuve : en effet à la suite de la décoloration, il faut recolorer au risque de se retrouver avec un « jaune pisseux ». Et pour cela on use de shampooings, crèmes, poudres, huiles, émulsions ou lotions plus ou moins poisseuses, à base de polymères aquasolubles à divers degrés de dosage. Un colorant associé à une eau oxygénée à 20 volumes donne une décoloration et une teinture intenses, quand un shampooing ou un gel contenant une eau oxygénée à 10 volumes n’apportera qu’une nuance ténue et éphémère. Le rinçage teinté pratiqué par Gladys RASMUSSEN, remplace en surface les pigments désintégrés à l’intérieur des fibres. A noter que les ratages étaient assez fréquents, entraînant des têtes mauve ou orange… Prudente, l’actrice ne se séparait d’ailleurs jamais d’une poudre blanchissante de "Max Factor", marque professionnelle fournisseur des studios, pour camoufler d’éventuelles repousses ou dérapages accidentels. Des cheveux détruits par le défrisage Parallèlement au supplice chimique de la (dé)coloration, Marilyn subit aussi jusqu’à la fin de ses jours, un raidissement à l’hydroxide de sodium, mieux connu sous le nom de soude caustique (la même qu’on utilise pour déboucher les canalisations !). Ce produit très alcalin casse la structure naturelle de la kératine (le composant principal de la peau et des poils) pour rendre la chevelure malléable jusqu’à la raideur voulue. Les conséquences en étaient très dommageables : cuir-chevelu en feu et des cheveux en botte de foin, d’une sécheresse mortelle aux écailles hérissées incapables de retenir la moindre hydratation interne. Cassée à tous les niveaux, y compris à la base, la masse capillaire de Marilyn diminue sensiblement. La parade ? Choucrouter à fond et mettre en plis pour donner l’illusion d’un volume, le tout fixé avec force laque vinyle (tout autant nocive pour le (peu de) cheveux restants !). Parmi les autres calvaires infligés à ses cheveux, Marilyn aura aussi procédé à une épilation à l’électroyse de son implantation en pointe sur le front (appelée « pic de la veuve ») qui ne convenait pas aux studios. Enfin, sa coiffure a aussi évolué au fil du temps. Passant de boucles crantées style pin-up à ses débuts avec une mèche derrière laquelle se cache le regard « coquin », elle dégagera progressivement son front de sorte que son visage prenne mieux la lumière. A sa mort, sa généreuse tignasse d’origine est devenue aussi fine et fragile qu’un nuage ou des cheveux d’ange. Comme si elle commençait à s’effacer, à l’image de Marilyn elle-même. C’est ainsi que dans son dernier film achevé, « Les désaxés » (« The misfits »), elle portait une perruque tant ses cheveux étaient abîmés. Accessoire cache-misère qui l’accompagnera jusqu’au tombeau…
1960 / TESTS COIFFURES pour le film "The misfits" / LES CHEVEUX DE MARILYN, L'HISTOIRE D'UN PUR CALVAIRE / La saga capillaire de Marilyn débute alors qu’elle n’était qu’une jeune mannequin : en 1946, travaillant pour l’agence "Blue Book Modeling", elle participe à un casting pour une publicité de shampooing "Rayve". La photographe la trouve à son goût mais souhaite qu’elle se raidisse les cheveux « qui prennent mieux la lumière en pellicule couleur« . Sur sa fiche signalétique de l’agence, est inscrit « Medium blonde : too much curled and unruly, discoloring and perm recommended. » (« Blond moyen : trop de boucles indisciplinées, décoloration et permanente recommandées« ). La coiffeuse Sylvia BARNHART qualifiera, elle, sa chevelure de « frisée marron terne », au Salon "Franck & Joseph" vers lequel on l’adresse, sur Wilshire Boulevard. Un établissement à la mode et côté à l’époque, fréquenté par de nombreuses stars, de Rita HAYWORTH à Ingrid BERGMAN. Un premier défrisage Ce processus de défrisage entraîne une première décoloration tendant vers le roux, ce que la jeune-femme apprécie. Elle demande alors à l’accentuer pour l’éclaircir davantage, « fair« . Enfant, Marilyn précisera qu’elle était blond platine et qu’on la surnommait alors « tête d’étoupe », elle rêvait alors de cheveux blonds dorés. Jusqu’à ce qu’elle découvre le blond platine de la magnifique Jean HARLOW. Il lui faudra alors 3 ans de tests et d’ajustements pour « fabriquer » la Marilyn emblématique que l’on connaît. Du blond vénitien aux blond doré, blond cendré jusqu’au blond champagne… Mais quelle était la nature des cheveux de l’héroïne des Hommes préfèrent les blondes ? Sa coiffeuse Gladys RASMUSSEN dévoilera à leur sujet : « Les cheveux de Marilyn posent plusieurs problèmes : ils sont très fins et difficiles à travailler. Trop gras pour ne pas être lavés tous les jours et spontanément si frisés que je dois les lisser très soigneusement à la moindre occasion. Quant à la recette de son blond platine, elle est due au mélange d’une teinte « argent étincelant » et d’eau oxygénée à 20 volumes. Plus un rinçage secret de ma composition pour éviter l’effet jaunâtre. » (pour la petite histoire Miss MONROE fera aussi subir le même traitement à son « intimité » pour « être blonde de partout ! »). Si les traitements chimiques maltraitent encore de nos jours les cheveux, dans les années 40 ils étaient redoutables ! Loin de la camomille ou de la fiente de pigeon qu’affectionnaient jadis les romaines pour l’ammoniaque qu’elles recélaient : c’est l’eau oxygénée (peroxyde d’hydrogène) qui est l’ingrédient majeur. La décoloration fatale Préparée à partir d’une solution d’acide sulfurique diluée à pas moins de 30% par les professionnels qui cherchent l’efficacité, sans être conscients de ses effets désastreux à long terme (dose actuellement recommandée : 0,5%), elle pénètre l’intérieur des cheveux dont elle dissout la mélanine, le pigment qui donne sa carnation aux cheveux et à la peau. Une torture infligée aux cheveux tous les 3 à 4 jours (tous les 5-6 jours à l’heure actuelle) puisque des retouches aux racines devaient être réalisées régulièrement. Au somment de sa carrière, la décoloratrice personnelle de Marilyn faisait ainsi le déplacement en avion de San Diego à Los Angeles, tous frais payés, pour cette mission hautement stratégique ! Et même si on tentait de soigner les cheveux comme on le pouvait, à coup d’emplâtres à la moelle de boeuf ou d’huiles ultra grasses, cela n’empêchait pas le cuir-chevelu d’être littéralement brûlé, et de détruire le cheveu jusqu’au coeur de sa fibre. Un cocktail chimique décapant ! D’autres réactifs, tels les persulfates de sodium, potassium, baryum, magnésium, paraphénylène, paratoluène, les nitrates, thioglycolates d’ammonium, aminophénols, et bien d’autres substances chimiques barbares, désormais considérées comme aussi dangereuses pour la peau que pour les poumons (provoquant asthme, allergies et eczéma, maladies professionnelles reconnues des coiffeurs) sont tout autant utilisés. Il est probable que Marilyn y ait eu aussi recours, elle qui s’amusait « qu’à Hollywood, la vertu d’une femme est beaucoup moins importante que sa coiffure. » Mais ici ne s’arrête pas l’épreuve : en effet à la suite de la décoloration, il faut recolorer au risque de se retrouver avec un « jaune pisseux ». Et pour cela on use de shampooings, crèmes, poudres, huiles, émulsions ou lotions plus ou moins poisseuses, à base de polymères aquasolubles à divers degrés de dosage. Un colorant associé à une eau oxygénée à 20 volumes donne une décoloration et une teinture intenses, quand un shampooing ou un gel contenant une eau oxygénée à 10 volumes n’apportera qu’une nuance ténue et éphémère. Le rinçage teinté pratiqué par Gladys RASMUSSEN, remplace en surface les pigments désintégrés à l’intérieur des fibres. A noter que les ratages étaient assez fréquents, entraînant des têtes mauve ou orange… Prudente, l’actrice ne se séparait d’ailleurs jamais d’une poudre blanchissante de "Max Factor", marque professionnelle fournisseur des studios, pour camoufler d’éventuelles repousses ou dérapages accidentels. Des cheveux détruits par le défrisage Parallèlement au supplice chimique de la (dé)coloration, Marilyn subit aussi jusqu’à la fin de ses jours, un raidissement à l’hydroxide de sodium, mieux connu sous le nom de soude caustique (la même qu’on utilise pour déboucher les canalisations !). Ce produit très alcalin casse la structure naturelle de la kératine (le composant principal de la peau et des poils) pour rendre la chevelure malléable jusqu’à la raideur voulue. Les conséquences en étaient très dommageables : cuir-chevelu en feu et des cheveux en botte de foin, d’une sécheresse mortelle aux écailles hérissées incapables de retenir la moindre hydratation interne. Cassée à tous les niveaux, y compris à la base, la masse capillaire de Marilyn diminue sensiblement. La parade ? Choucrouter à fond et mettre en plis pour donner l’illusion d’un volume, le tout fixé avec force laque vinyle (tout autant nocive pour le (peu de) cheveux restants !). Parmi les autres calvaires infligés à ses cheveux, Marilyn aura aussi procédé à une épilation à l’électroyse de son implantation en pointe sur le front (appelée « pic de la veuve ») qui ne convenait pas aux studios. Enfin, sa coiffure a aussi évolué au fil du temps. Passant de boucles crantées style pin-up à ses débuts avec une mèche derrière laquelle se cache le regard « coquin », elle dégagera progressivement son front de sorte que son visage prenne mieux la lumière. A sa mort, sa généreuse tignasse d’origine est devenue aussi fine et fragile qu’un nuage ou des cheveux d’ange. Comme si elle commençait à s’effacer, à l’image de Marilyn elle-même. C’est ainsi que dans son dernier film achevé, « Les désaxés » (« The misfits »), elle portait une perruque tant ses cheveux étaient abîmés. Accessoire cache-misère qui l’accompagnera jusqu’au tombeau…
1960 / TESTS COIFFURES pour le film "The misfits" / LES CHEVEUX DE MARILYN, L'HISTOIRE D'UN PUR CALVAIRE / La saga capillaire de Marilyn débute alors qu’elle n’était qu’une jeune mannequin : en 1946, travaillant pour l’agence "Blue Book Modeling", elle participe à un casting pour une publicité de shampooing "Rayve". La photographe la trouve à son goût mais souhaite qu’elle se raidisse les cheveux « qui prennent mieux la lumière en pellicule couleur« . Sur sa fiche signalétique de l’agence, est inscrit « Medium blonde : too much curled and unruly, discoloring and perm recommended. » (« Blond moyen : trop de boucles indisciplinées, décoloration et permanente recommandées« ). La coiffeuse Sylvia BARNHART qualifiera, elle, sa chevelure de « frisée marron terne », au Salon "Franck & Joseph" vers lequel on l’adresse, sur Wilshire Boulevard. Un établissement à la mode et côté à l’époque, fréquenté par de nombreuses stars, de Rita HAYWORTH à Ingrid BERGMAN. Un premier défrisage Ce processus de défrisage entraîne une première décoloration tendant vers le roux, ce que la jeune-femme apprécie. Elle demande alors à l’accentuer pour l’éclaircir davantage, « fair« . Enfant, Marilyn précisera qu’elle était blond platine et qu’on la surnommait alors « tête d’étoupe », elle rêvait alors de cheveux blonds dorés. Jusqu’à ce qu’elle découvre le blond platine de la magnifique Jean HARLOW. Il lui faudra alors 3 ans de tests et d’ajustements pour « fabriquer » la Marilyn emblématique que l’on connaît. Du blond vénitien aux blond doré, blond cendré jusqu’au blond champagne… Mais quelle était la nature des cheveux de l’héroïne des Hommes préfèrent les blondes ? Sa coiffeuse Gladys RASMUSSEN dévoilera à leur sujet : « Les cheveux de Marilyn posent plusieurs problèmes : ils sont très fins et difficiles à travailler. Trop gras pour ne pas être lavés tous les jours et spontanément si frisés que je dois les lisser très soigneusement à la moindre occasion. Quant à la recette de son blond platine, elle est due au mélange d’une teinte « argent étincelant » et d’eau oxygénée à 20 volumes. Plus un rinçage secret de ma composition pour éviter l’effet jaunâtre. » (pour la petite histoire Miss MONROE fera aussi subir le même traitement à son « intimité » pour « être blonde de partout ! »). Si les traitements chimiques maltraitent encore de nos jours les cheveux, dans les années 40 ils étaient redoutables ! Loin de la camomille ou de la fiente de pigeon qu’affectionnaient jadis les romaines pour l’ammoniaque qu’elles recélaient : c’est l’eau oxygénée (peroxyde d’hydrogène) qui est l’ingrédient majeur. La décoloration fatale Préparée à partir d’une solution d’acide sulfurique diluée à pas moins de 30% par les professionnels qui cherchent l’efficacité, sans être conscients de ses effets désastreux à long terme (dose actuellement recommandée : 0,5%), elle pénètre l’intérieur des cheveux dont elle dissout la mélanine, le pigment qui donne sa carnation aux cheveux et à la peau. Une torture infligée aux cheveux tous les 3 à 4 jours (tous les 5-6 jours à l’heure actuelle) puisque des retouches aux racines devaient être réalisées régulièrement. Au somment de sa carrière, la décoloratrice personnelle de Marilyn faisait ainsi le déplacement en avion de San Diego à Los Angeles, tous frais payés, pour cette mission hautement stratégique ! Et même si on tentait de soigner les cheveux comme on le pouvait, à coup d’emplâtres à la moelle de boeuf ou d’huiles ultra grasses, cela n’empêchait pas le cuir-chevelu d’être littéralement brûlé, et de détruire le cheveu jusqu’au coeur de sa fibre. Un cocktail chimique décapant ! D’autres réactifs, tels les persulfates de sodium, potassium, baryum, magnésium, paraphénylène, paratoluène, les nitrates, thioglycolates d’ammonium, aminophénols, et bien d’autres substances chimiques barbares, désormais considérées comme aussi dangereuses pour la peau que pour les poumons (provoquant asthme, allergies et eczéma, maladies professionnelles reconnues des coiffeurs) sont tout autant utilisés. Il est probable que Marilyn y ait eu aussi recours, elle qui s’amusait « qu’à Hollywood, la vertu d’une femme est beaucoup moins importante que sa coiffure. » Mais ici ne s’arrête pas l’épreuve : en effet à la suite de la décoloration, il faut recolorer au risque de se retrouver avec un « jaune pisseux ». Et pour cela on use de shampooings, crèmes, poudres, huiles, émulsions ou lotions plus ou moins poisseuses, à base de polymères aquasolubles à divers degrés de dosage. Un colorant associé à une eau oxygénée à 20 volumes donne une décoloration et une teinture intenses, quand un shampooing ou un gel contenant une eau oxygénée à 10 volumes n’apportera qu’une nuance ténue et éphémère. Le rinçage teinté pratiqué par Gladys RASMUSSEN, remplace en surface les pigments désintégrés à l’intérieur des fibres. A noter que les ratages étaient assez fréquents, entraînant des têtes mauve ou orange… Prudente, l’actrice ne se séparait d’ailleurs jamais d’une poudre blanchissante de "Max Factor", marque professionnelle fournisseur des studios, pour camoufler d’éventuelles repousses ou dérapages accidentels. Des cheveux détruits par le défrisage Parallèlement au supplice chimique de la (dé)coloration, Marilyn subit aussi jusqu’à la fin de ses jours, un raidissement à l’hydroxide de sodium, mieux connu sous le nom de soude caustique (la même qu’on utilise pour déboucher les canalisations !). Ce produit très alcalin casse la structure naturelle de la kératine (le composant principal de la peau et des poils) pour rendre la chevelure malléable jusqu’à la raideur voulue. Les conséquences en étaient très dommageables : cuir-chevelu en feu et des cheveux en botte de foin, d’une sécheresse mortelle aux écailles hérissées incapables de retenir la moindre hydratation interne. Cassée à tous les niveaux, y compris à la base, la masse capillaire de Marilyn diminue sensiblement. La parade ? Choucrouter à fond et mettre en plis pour donner l’illusion d’un volume, le tout fixé avec force laque vinyle (tout autant nocive pour le (peu de) cheveux restants !). Parmi les autres calvaires infligés à ses cheveux, Marilyn aura aussi procédé à une épilation à l’électroyse de son implantation en pointe sur le front (appelée « pic de la veuve ») qui ne convenait pas aux studios. Enfin, sa coiffure a aussi évolué au fil du temps. Passant de boucles crantées style pin-up à ses débuts avec une mèche derrière laquelle se cache le regard « coquin », elle dégagera progressivement son front de sorte que son visage prenne mieux la lumière. A sa mort, sa généreuse tignasse d’origine est devenue aussi fine et fragile qu’un nuage ou des cheveux d’ange. Comme si elle commençait à s’effacer, à l’image de Marilyn elle-même. C’est ainsi que dans son dernier film achevé, « Les désaxés » (« The misfits »), elle portait une perruque tant ses cheveux étaient abîmés. Accessoire cache-misère qui l’accompagnera jusqu’au tombeau…
1960 / TESTS COIFFURES pour le film "The misfits" / LES CHEVEUX DE MARILYN, L'HISTOIRE D'UN PUR CALVAIRE / La saga capillaire de Marilyn débute alors qu’elle n’était qu’une jeune mannequin : en 1946, travaillant pour l’agence "Blue Book Modeling", elle participe à un casting pour une publicité de shampooing "Rayve". La photographe la trouve à son goût mais souhaite qu’elle se raidisse les cheveux « qui prennent mieux la lumière en pellicule couleur« . Sur sa fiche signalétique de l’agence, est inscrit « Medium blonde : too much curled and unruly, discoloring and perm recommended. » (« Blond moyen : trop de boucles indisciplinées, décoloration et permanente recommandées« ). La coiffeuse Sylvia BARNHART qualifiera, elle, sa chevelure de « frisée marron terne », au Salon "Franck & Joseph" vers lequel on l’adresse, sur Wilshire Boulevard. Un établissement à la mode et côté à l’époque, fréquenté par de nombreuses stars, de Rita HAYWORTH à Ingrid BERGMAN. Un premier défrisage Ce processus de défrisage entraîne une première décoloration tendant vers le roux, ce que la jeune-femme apprécie. Elle demande alors à l’accentuer pour l’éclaircir davantage, « fair« . Enfant, Marilyn précisera qu’elle était blond platine et qu’on la surnommait alors « tête d’étoupe », elle rêvait alors de cheveux blonds dorés. Jusqu’à ce qu’elle découvre le blond platine de la magnifique Jean HARLOW. Il lui faudra alors 3 ans de tests et d’ajustements pour « fabriquer » la Marilyn emblématique que l’on connaît. Du blond vénitien aux blond doré, blond cendré jusqu’au blond champagne… Mais quelle était la nature des cheveux de l’héroïne des Hommes préfèrent les blondes ? Sa coiffeuse Gladys RASMUSSEN dévoilera à leur sujet : « Les cheveux de Marilyn posent plusieurs problèmes : ils sont très fins et difficiles à travailler. Trop gras pour ne pas être lavés tous les jours et spontanément si frisés que je dois les lisser très soigneusement à la moindre occasion. Quant à la recette de son blond platine, elle est due au mélange d’une teinte « argent étincelant » et d’eau oxygénée à 20 volumes. Plus un rinçage secret de ma composition pour éviter l’effet jaunâtre. » (pour la petite histoire Miss MONROE fera aussi subir le même traitement à son « intimité » pour « être blonde de partout ! »). Si les traitements chimiques maltraitent encore de nos jours les cheveux, dans les années 40 ils étaient redoutables ! Loin de la camomille ou de la fiente de pigeon qu’affectionnaient jadis les romaines pour l’ammoniaque qu’elles recélaient : c’est l’eau oxygénée (peroxyde d’hydrogène) qui est l’ingrédient majeur. La décoloration fatale Préparée à partir d’une solution d’acide sulfurique diluée à pas moins de 30% par les professionnels qui cherchent l’efficacité, sans être conscients de ses effets désastreux à long terme (dose actuellement recommandée : 0,5%), elle pénètre l’intérieur des cheveux dont elle dissout la mélanine, le pigment qui donne sa carnation aux cheveux et à la peau. Une torture infligée aux cheveux tous les 3 à 4 jours (tous les 5-6 jours à l’heure actuelle) puisque des retouches aux racines devaient être réalisées régulièrement. Au somment de sa carrière, la décoloratrice personnelle de Marilyn faisait ainsi le déplacement en avion de San Diego à Los Angeles, tous frais payés, pour cette mission hautement stratégique ! Et même si on tentait de soigner les cheveux comme on le pouvait, à coup d’emplâtres à la moelle de boeuf ou d’huiles ultra grasses, cela n’empêchait pas le cuir-chevelu d’être littéralement brûlé, et de détruire le cheveu jusqu’au coeur de sa fibre. Un cocktail chimique décapant ! D’autres réactifs, tels les persulfates de sodium, potassium, baryum, magnésium, paraphénylène, paratoluène, les nitrates, thioglycolates d’ammonium, aminophénols, et bien d’autres substances chimiques barbares, désormais considérées comme aussi dangereuses pour la peau que pour les poumons (provoquant asthme, allergies et eczéma, maladies professionnelles reconnues des coiffeurs) sont tout autant utilisés. Il est probable que Marilyn y ait eu aussi recours, elle qui s’amusait « qu’à Hollywood, la vertu d’une femme est beaucoup moins importante que sa coiffure. » Mais ici ne s’arrête pas l’épreuve : en effet à la suite de la décoloration, il faut recolorer au risque de se retrouver avec un « jaune pisseux ». Et pour cela on use de shampooings, crèmes, poudres, huiles, émulsions ou lotions plus ou moins poisseuses, à base de polymères aquasolubles à divers degrés de dosage. Un colorant associé à une eau oxygénée à 20 volumes donne une décoloration et une teinture intenses, quand un shampooing ou un gel contenant une eau oxygénée à 10 volumes n’apportera qu’une nuance ténue et éphémère. Le rinçage teinté pratiqué par Gladys RASMUSSEN, remplace en surface les pigments désintégrés à l’intérieur des fibres. A noter que les ratages étaient assez fréquents, entraînant des têtes mauve ou orange… Prudente, l’actrice ne se séparait d’ailleurs jamais d’une poudre blanchissante de "Max Factor", marque professionnelle fournisseur des studios, pour camoufler d’éventuelles repousses ou dérapages accidentels. Des cheveux détruits par le défrisage Parallèlement au supplice chimique de la (dé)coloration, Marilyn subit aussi jusqu’à la fin de ses jours, un raidissement à l’hydroxide de sodium, mieux connu sous le nom de soude caustique (la même qu’on utilise pour déboucher les canalisations !). Ce produit très alcalin casse la structure naturelle de la kératine (le composant principal de la peau et des poils) pour rendre la chevelure malléable jusqu’à la raideur voulue. Les conséquences en étaient très dommageables : cuir-chevelu en feu et des cheveux en botte de foin, d’une sécheresse mortelle aux écailles hérissées incapables de retenir la moindre hydratation interne. Cassée à tous les niveaux, y compris à la base, la masse capillaire de Marilyn diminue sensiblement. La parade ? Choucrouter à fond et mettre en plis pour donner l’illusion d’un volume, le tout fixé avec force laque vinyle (tout autant nocive pour le (peu de) cheveux restants !). Parmi les autres calvaires infligés à ses cheveux, Marilyn aura aussi procédé à une épilation à l’électroyse de son implantation en pointe sur le front (appelée « pic de la veuve ») qui ne convenait pas aux studios. Enfin, sa coiffure a aussi évolué au fil du temps. Passant de boucles crantées style pin-up à ses débuts avec une mèche derrière laquelle se cache le regard « coquin », elle dégagera progressivement son front de sorte que son visage prenne mieux la lumière. A sa mort, sa généreuse tignasse d’origine est devenue aussi fine et fragile qu’un nuage ou des cheveux d’ange. Comme si elle commençait à s’effacer, à l’image de Marilyn elle-même. C’est ainsi que dans son dernier film achevé, « Les désaxés » (« The misfits »), elle portait une perruque tant ses cheveux étaient abîmés. Accessoire cache-misère qui l’accompagnera jusqu’au tombeau…

Tags : The misfits - 1960 - Arthur MILLER - Paula STRASBERG

1960 / UN ROLE SUR MESURE : "The misfits" d'Arthur MILLER / (Photos Inge MORATH and Eve ARNOLD) Comme un film, où chaque mot est là pour indiquer à l'appareil ce qu'il doit voir » voilà ce que l'écrivain Arthur MILLER précise dès le début de cette œuvre hors du commun. Ni roman, ni pièce de théâtre, ni découpage cinématographique, "Les Misfits" est une histoire conçue comme un film, qui s'offre d'abord aux regards puis aux esprits. Écrit pour Marilyn, qui n'était autre que son épouse, "Les Misfits" est avant tout l'aboutissement d'un désir profond d'Arthur MILLER. Avec ce récit cinématographique, il souhaitait offrir à sa femme, la Blonde la plus célèbre au monde, un grand rôle dramatique, qui est devenu au fil des années le rôle de sa carrière. Petit texte dense et descriptif, "Les Misfits" (traduisez « Les Désaxés ») met en scène des personnages marginaux dans une Amérique sur le déclin. Des personnages aux prises avec leurs rêves, perdus dans la société vendeuse de l'Amérique des années 50 et de son « American way of life ». L'écrivain place son intrigue désillusionnée dans le théâtre de la vie moderne américaine : Reno, ville du Nevada, ville du jeu, des mariages et des divorces express. Roselyn (Marilyn à l'écran) s'y apprête à divorcer. Beauté pure et libre en contraste totale avec le lieu, Roselyn va fasciner les hommes qu'elle va être amenée à croiser sur son chemin : Guido (Eli WALLACH), un mécanicien sans réel but ; Pierce (Montgomery CLIFT), un riche éleveur et un cow-boy « aux mains solides » du nom de Gay (Clark GABLE à l'écran). Tous paraissent comblés, bien heureux dans ce lieu, mais l'arrivée de cette femme enfant, vont les amener à saisir leurs misères affectives et intellectuelles. Tous vont alors s'éprendre d'elle un court instant mais seul Gay lui demandera de partager son existence. Mais peut-on partager l'existence d'un être radicalement opposé à vous ? Dans une scène d'anthologie, Roselyn criera sa haine à l'égard de ces trois types, chasseurs de mustang (des chevaux sauvages) dans le néant du Nevada. Ce n'est « rien que des misfits » pour Gay mais pour Roselyn c'est démesurément plus... La lecture de l'ouvrage demande inévitablement le visionnage du chef-d'œuvre de John HUSTON. Car sur les mots instinctifs et précis d'Arthur MILLER, il a su poser les visages qu'il fallait sur cette Amérique mythique du passé confrontée à sa propre modernité étouffante. Ainsi sur les mots naissent les images du Cinémascope, les visages d'un drame de tous les temps où les enjeux de la vie sont nécessairement faits de renoncements, de compromis et de jugements. Le visage du passé trouve les traits de l'inégalable Clark GABLE dont le personnage de Gay, cow-boy épris de liberté, sera le dernier rôle au cinéma. L'acteur décédera quelques jours après la fin du tournage, en 1961. Face à lui, la modernité ambiante et désarmante, celle façonnée par le système hollywoodien est incarnée par une Marilyn fascinante ici aux prises avec elle-même. Plus qu'une histoire écrite pour elle, "Les Misfits" est un livre ouvert sur Marilyn sur son rapport au monde, aux hommes, au pouvoir, à la nature. Roselyn et Marilyn ne font qu'une seule et même personne. Sous la plume du dramaturge, les mots naissants dans la bouche de Roselyn et les regards des homme sur cette beauté incandescente sonnent comme des échos désarmants à la personnalité complexe de Marilyn et à son propre vécu. Chaque épisode dans ce théâtre désuet qu'est Reno rappelle de manière étonnante les moues de Marilyn, ses doutes, ses angoisses, son sentiment dévastateur de ne pas être à sa place dans le monde, que cela soit le monde du cinéma ou celui de l'amour. Nulle part à sa place, elle s'empare du rôle de Roselyn et de ses émotions comme s'il s'agissait des siennes. Car comme son personnage, elle possède « le don d'émotion » qui charmera bien des hommes, ce don merveilleux qui lui permet de faire comme si ce qui arrivait aux autres lui arrivait à elle. Dans une scène où Pierce est blessé après un rude rodéo, Roselyn a ce geste tendre de poser son visage lessivé par l'effort sur ses genoux. Celui-ci troublé par la bonté de cette femme lui demande : « J'arrive pas à vous situer. Vous êtes flou pour moi. Vous appartenez à Gay ? » et Roselyn lui répond d'un air rêveur : « Je ne sais pas à quoi j'appartiens ». Tout le drame se loge dans cette mince réplique, cette réplique énoncée sur le grand écran par le symbole même du rêve américain : cette fille perdue dans un immense univers vide et incompréhensif qui s'appelait Marilyn MONROE. Une ambiance douce et amère s'empare ainsi de la lecture de ce classique de la littérature contemporaine américaine. Cette histoire de paumés dans un monde à l'avenir tout aussi perdu symbolise ce mausolée du rêve américain monté de toutes pièces par un Arthur MILLER, fou amoureux de son Amérique comme de sa Marilyn. Deux amours capables de le décevoir à tout moment. Pour aimer pleinement "Les Misfits", il faut aimer la légende et les histoires de cinéma. Il faut savoir que ce livre aux penchants cinématographiques occupe une place particulière dans le cinéma américain. Dernier film de Clark GABLE, il offre aussi la dernière apparition de Marilyn sur grand écran. Une lecture indispensable donc pour ceux qui chérissent le mythe américain dans sa totalité, un mythe qui, dans les plaines du Nevada, annonçait tristement la fin de deux acteurs légendaires et de leur Amérique à bout de souffle. 25/02/2016

1960 / UN ROLE SUR MESURE : "The misfits" d'Arthur MILLER / (Photos Inge MORATH and Eve ARNOLD) Comme un film, où chaque mot est là pour indiquer à l'appareil ce qu'il doit voir » voilà ce que l'écrivain Arthur MILLER précise dès le début de cette œuvre hors du commun. Ni roman, ni pièce de théâtre, ni découpage cinématographique, "Les Misfits" est une histoire conçue comme un film, qui s'offre d'abord aux regards puis aux esprits. Écrit pour Marilyn, qui n'était autre que son épouse, "Les Misfits" est avant tout l'aboutissement d'un désir profond d'Arthur MILLER. Avec ce récit cinématographique, il souhaitait offrir à sa femme, la Blonde la plus célèbre au monde, un grand rôle dramatique, qui est devenu au fil des années le rôle de sa carrière. Petit texte dense et descriptif, "Les Misfits" (traduisez « Les Désaxés ») met en scène des personnages marginaux dans une Amérique sur le déclin. Des personnages aux prises avec leurs rêves, perdus dans la société vendeuse de l'Amérique des années 50 et de son « American way of life ». L'écrivain place son intrigue désillusionnée dans le théâtre de la vie moderne américaine : Reno, ville du Nevada, ville du jeu, des mariages et des divorces express. Roselyn (Marilyn à l'écran) s'y apprête à divorcer. Beauté pure et libre en contraste totale avec le lieu, Roselyn va fasciner les hommes qu'elle va être amenée à croiser sur son chemin : Guido (Eli WALLACH), un mécanicien sans réel but ; Pierce (Montgomery CLIFT), un riche éleveur et un cow-boy « aux mains solides » du nom de Gay (Clark GABLE à l'écran). Tous paraissent comblés, bien heureux dans ce lieu, mais l'arrivée de cette femme enfant, vont les amener à saisir leurs misères affectives et intellectuelles. Tous vont alors s'éprendre d'elle un court instant mais seul Gay lui demandera de partager son existence. Mais peut-on partager l'existence d'un être radicalement opposé à vous ? Dans une scène d'anthologie, Roselyn criera sa haine à l'égard de ces trois types, chasseurs de mustang (des chevaux sauvages) dans le néant du Nevada. Ce n'est « rien que des misfits » pour Gay mais pour Roselyn c'est démesurément plus... La lecture de l'ouvrage demande inévitablement le visionnage du chef-d'œuvre de John HUSTON. Car sur les mots instinctifs et précis d'Arthur MILLER, il a su poser les visages qu'il fallait sur cette Amérique mythique du passé confrontée à sa propre modernité étouffante. Ainsi sur les mots naissent les images du Cinémascope, les visages d'un drame de tous les temps où les enjeux de la vie sont nécessairement faits de renoncements, de compromis et de jugements. Le visage du passé trouve les traits de l'inégalable Clark GABLE dont le personnage de Gay, cow-boy épris de liberté, sera le dernier rôle au cinéma. L'acteur décédera quelques jours après la fin du tournage, en 1961. Face à lui, la modernité ambiante et désarmante, celle façonnée par le système hollywoodien est incarnée par une Marilyn fascinante ici aux prises avec elle-même.  Plus qu'une histoire écrite pour elle, "Les Misfits" est un livre ouvert sur Marilyn sur son rapport au monde, aux hommes, au pouvoir, à la nature. Roselyn et Marilyn ne font qu'une seule et même personne. Sous la plume du dramaturge, les mots naissants dans la bouche de Roselyn et les regards des homme sur cette beauté incandescente sonnent comme des échos désarmants à la personnalité complexe de Marilyn et à son propre vécu. Chaque épisode dans ce théâtre désuet qu'est Reno rappelle de manière étonnante les moues de Marilyn, ses doutes, ses angoisses, son sentiment dévastateur de ne pas être à sa place dans le monde, que cela soit le monde du cinéma ou celui de l'amour. Nulle part à sa place, elle s'empare du rôle de Roselyn et de ses émotions comme s'il s'agissait des siennes. Car comme son personnage, elle possède « le don d'émotion » qui charmera bien des hommes, ce don merveilleux qui lui permet de faire comme si ce qui arrivait aux autres lui arrivait à elle. Dans une scène où Pierce est blessé après un rude rodéo, Roselyn a ce geste tendre de poser son visage lessivé par l'effort sur ses genoux. Celui-ci troublé par la bonté de cette femme lui demande : « J'arrive pas à vous situer. Vous êtes flou pour moi. Vous appartenez à Gay ? » et Roselyn lui répond d'un air rêveur : « Je ne sais pas à quoi j'appartiens ». Tout le drame se loge dans cette mince réplique, cette réplique énoncée sur le grand écran par le symbole même du rêve américain : cette fille perdue dans un immense univers vide et incompréhensif qui s'appelait Marilyn MONROE. Une ambiance douce et amère s'empare ainsi de la lecture de ce classique de la littérature contemporaine américaine. Cette histoire de paumés dans un monde à l'avenir tout aussi perdu symbolise ce mausolée du rêve américain monté de toutes pièces par un Arthur MILLER, fou amoureux de son Amérique comme de sa Marilyn. Deux amours capables de le décevoir à tout moment. Pour aimer pleinement "Les Misfits", il faut aimer la légende et les histoires de cinéma. Il faut savoir que ce livre aux penchants cinématographiques occupe une place particulière dans le cinéma américain. Dernier film de Clark GABLE, il offre aussi la dernière apparition de Marilyn sur grand écran. Une lecture indispensable donc pour ceux qui chérissent le mythe américain dans sa totalité, un mythe qui, dans les plaines du Nevada, annonçait tristement la fin de deux acteurs légendaires et de leur Amérique à bout de souffle.
1960 / UN ROLE SUR MESURE : "The misfits" d'Arthur MILLER / (Photos Inge MORATH and Eve ARNOLD) Comme un film, où chaque mot est là pour indiquer à l'appareil ce qu'il doit voir » voilà ce que l'écrivain Arthur MILLER précise dès le début de cette œuvre hors du commun. Ni roman, ni pièce de théâtre, ni découpage cinématographique, "Les Misfits" est une histoire conçue comme un film, qui s'offre d'abord aux regards puis aux esprits. Écrit pour Marilyn, qui n'était autre que son épouse, "Les Misfits" est avant tout l'aboutissement d'un désir profond d'Arthur MILLER. Avec ce récit cinématographique, il souhaitait offrir à sa femme, la Blonde la plus célèbre au monde, un grand rôle dramatique, qui est devenu au fil des années le rôle de sa carrière. Petit texte dense et descriptif, "Les Misfits" (traduisez « Les Désaxés ») met en scène des personnages marginaux dans une Amérique sur le déclin. Des personnages aux prises avec leurs rêves, perdus dans la société vendeuse de l'Amérique des années 50 et de son « American way of life ». L'écrivain place son intrigue désillusionnée dans le théâtre de la vie moderne américaine : Reno, ville du Nevada, ville du jeu, des mariages et des divorces express. Roselyn (Marilyn à l'écran) s'y apprête à divorcer. Beauté pure et libre en contraste totale avec le lieu, Roselyn va fasciner les hommes qu'elle va être amenée à croiser sur son chemin : Guido (Eli WALLACH), un mécanicien sans réel but ; Pierce (Montgomery CLIFT), un riche éleveur et un cow-boy « aux mains solides » du nom de Gay (Clark GABLE à l'écran). Tous paraissent comblés, bien heureux dans ce lieu, mais l'arrivée de cette femme enfant, vont les amener à saisir leurs misères affectives et intellectuelles. Tous vont alors s'éprendre d'elle un court instant mais seul Gay lui demandera de partager son existence. Mais peut-on partager l'existence d'un être radicalement opposé à vous ? Dans une scène d'anthologie, Roselyn criera sa haine à l'égard de ces trois types, chasseurs de mustang (des chevaux sauvages) dans le néant du Nevada. Ce n'est « rien que des misfits » pour Gay mais pour Roselyn c'est démesurément plus... La lecture de l'ouvrage demande inévitablement le visionnage du chef-d'œuvre de John HUSTON. Car sur les mots instinctifs et précis d'Arthur MILLER, il a su poser les visages qu'il fallait sur cette Amérique mythique du passé confrontée à sa propre modernité étouffante. Ainsi sur les mots naissent les images du Cinémascope, les visages d'un drame de tous les temps où les enjeux de la vie sont nécessairement faits de renoncements, de compromis et de jugements. Le visage du passé trouve les traits de l'inégalable Clark GABLE dont le personnage de Gay, cow-boy épris de liberté, sera le dernier rôle au cinéma. L'acteur décédera quelques jours après la fin du tournage, en 1961. Face à lui, la modernité ambiante et désarmante, celle façonnée par le système hollywoodien est incarnée par une Marilyn fascinante ici aux prises avec elle-même.  Plus qu'une histoire écrite pour elle, "Les Misfits" est un livre ouvert sur Marilyn sur son rapport au monde, aux hommes, au pouvoir, à la nature. Roselyn et Marilyn ne font qu'une seule et même personne. Sous la plume du dramaturge, les mots naissants dans la bouche de Roselyn et les regards des homme sur cette beauté incandescente sonnent comme des échos désarmants à la personnalité complexe de Marilyn et à son propre vécu. Chaque épisode dans ce théâtre désuet qu'est Reno rappelle de manière étonnante les moues de Marilyn, ses doutes, ses angoisses, son sentiment dévastateur de ne pas être à sa place dans le monde, que cela soit le monde du cinéma ou celui de l'amour. Nulle part à sa place, elle s'empare du rôle de Roselyn et de ses émotions comme s'il s'agissait des siennes. Car comme son personnage, elle possède « le don d'émotion » qui charmera bien des hommes, ce don merveilleux qui lui permet de faire comme si ce qui arrivait aux autres lui arrivait à elle. Dans une scène où Pierce est blessé après un rude rodéo, Roselyn a ce geste tendre de poser son visage lessivé par l'effort sur ses genoux. Celui-ci troublé par la bonté de cette femme lui demande : « J'arrive pas à vous situer. Vous êtes flou pour moi. Vous appartenez à Gay ? » et Roselyn lui répond d'un air rêveur : « Je ne sais pas à quoi j'appartiens ». Tout le drame se loge dans cette mince réplique, cette réplique énoncée sur le grand écran par le symbole même du rêve américain : cette fille perdue dans un immense univers vide et incompréhensif qui s'appelait Marilyn MONROE. Une ambiance douce et amère s'empare ainsi de la lecture de ce classique de la littérature contemporaine américaine. Cette histoire de paumés dans un monde à l'avenir tout aussi perdu symbolise ce mausolée du rêve américain monté de toutes pièces par un Arthur MILLER, fou amoureux de son Amérique comme de sa Marilyn. Deux amours capables de le décevoir à tout moment. Pour aimer pleinement "Les Misfits", il faut aimer la légende et les histoires de cinéma. Il faut savoir que ce livre aux penchants cinématographiques occupe une place particulière dans le cinéma américain. Dernier film de Clark GABLE, il offre aussi la dernière apparition de Marilyn sur grand écran. Une lecture indispensable donc pour ceux qui chérissent le mythe américain dans sa totalité, un mythe qui, dans les plaines du Nevada, annonçait tristement la fin de deux acteurs légendaires et de leur Amérique à bout de souffle.
1960 / UN ROLE SUR MESURE : "The misfits" d'Arthur MILLER / (Photos Inge MORATH and Eve ARNOLD) Comme un film, où chaque mot est là pour indiquer à l'appareil ce qu'il doit voir » voilà ce que l'écrivain Arthur MILLER précise dès le début de cette œuvre hors du commun. Ni roman, ni pièce de théâtre, ni découpage cinématographique, "Les Misfits" est une histoire conçue comme un film, qui s'offre d'abord aux regards puis aux esprits. Écrit pour Marilyn, qui n'était autre que son épouse, "Les Misfits" est avant tout l'aboutissement d'un désir profond d'Arthur MILLER. Avec ce récit cinématographique, il souhaitait offrir à sa femme, la Blonde la plus célèbre au monde, un grand rôle dramatique, qui est devenu au fil des années le rôle de sa carrière. Petit texte dense et descriptif, "Les Misfits" (traduisez « Les Désaxés ») met en scène des personnages marginaux dans une Amérique sur le déclin. Des personnages aux prises avec leurs rêves, perdus dans la société vendeuse de l'Amérique des années 50 et de son « American way of life ». L'écrivain place son intrigue désillusionnée dans le théâtre de la vie moderne américaine : Reno, ville du Nevada, ville du jeu, des mariages et des divorces express. Roselyn (Marilyn à l'écran) s'y apprête à divorcer. Beauté pure et libre en contraste totale avec le lieu, Roselyn va fasciner les hommes qu'elle va être amenée à croiser sur son chemin : Guido (Eli WALLACH), un mécanicien sans réel but ; Pierce (Montgomery CLIFT), un riche éleveur et un cow-boy « aux mains solides » du nom de Gay (Clark GABLE à l'écran). Tous paraissent comblés, bien heureux dans ce lieu, mais l'arrivée de cette femme enfant, vont les amener à saisir leurs misères affectives et intellectuelles. Tous vont alors s'éprendre d'elle un court instant mais seul Gay lui demandera de partager son existence. Mais peut-on partager l'existence d'un être radicalement opposé à vous ? Dans une scène d'anthologie, Roselyn criera sa haine à l'égard de ces trois types, chasseurs de mustang (des chevaux sauvages) dans le néant du Nevada. Ce n'est « rien que des misfits » pour Gay mais pour Roselyn c'est démesurément plus... La lecture de l'ouvrage demande inévitablement le visionnage du chef-d'œuvre de John HUSTON. Car sur les mots instinctifs et précis d'Arthur MILLER, il a su poser les visages qu'il fallait sur cette Amérique mythique du passé confrontée à sa propre modernité étouffante. Ainsi sur les mots naissent les images du Cinémascope, les visages d'un drame de tous les temps où les enjeux de la vie sont nécessairement faits de renoncements, de compromis et de jugements. Le visage du passé trouve les traits de l'inégalable Clark GABLE dont le personnage de Gay, cow-boy épris de liberté, sera le dernier rôle au cinéma. L'acteur décédera quelques jours après la fin du tournage, en 1961. Face à lui, la modernité ambiante et désarmante, celle façonnée par le système hollywoodien est incarnée par une Marilyn fascinante ici aux prises avec elle-même.  Plus qu'une histoire écrite pour elle, "Les Misfits" est un livre ouvert sur Marilyn sur son rapport au monde, aux hommes, au pouvoir, à la nature. Roselyn et Marilyn ne font qu'une seule et même personne. Sous la plume du dramaturge, les mots naissants dans la bouche de Roselyn et les regards des homme sur cette beauté incandescente sonnent comme des échos désarmants à la personnalité complexe de Marilyn et à son propre vécu. Chaque épisode dans ce théâtre désuet qu'est Reno rappelle de manière étonnante les moues de Marilyn, ses doutes, ses angoisses, son sentiment dévastateur de ne pas être à sa place dans le monde, que cela soit le monde du cinéma ou celui de l'amour. Nulle part à sa place, elle s'empare du rôle de Roselyn et de ses émotions comme s'il s'agissait des siennes. Car comme son personnage, elle possède « le don d'émotion » qui charmera bien des hommes, ce don merveilleux qui lui permet de faire comme si ce qui arrivait aux autres lui arrivait à elle. Dans une scène où Pierce est blessé après un rude rodéo, Roselyn a ce geste tendre de poser son visage lessivé par l'effort sur ses genoux. Celui-ci troublé par la bonté de cette femme lui demande : « J'arrive pas à vous situer. Vous êtes flou pour moi. Vous appartenez à Gay ? » et Roselyn lui répond d'un air rêveur : « Je ne sais pas à quoi j'appartiens ». Tout le drame se loge dans cette mince réplique, cette réplique énoncée sur le grand écran par le symbole même du rêve américain : cette fille perdue dans un immense univers vide et incompréhensif qui s'appelait Marilyn MONROE. Une ambiance douce et amère s'empare ainsi de la lecture de ce classique de la littérature contemporaine américaine. Cette histoire de paumés dans un monde à l'avenir tout aussi perdu symbolise ce mausolée du rêve américain monté de toutes pièces par un Arthur MILLER, fou amoureux de son Amérique comme de sa Marilyn. Deux amours capables de le décevoir à tout moment. Pour aimer pleinement "Les Misfits", il faut aimer la légende et les histoires de cinéma. Il faut savoir que ce livre aux penchants cinématographiques occupe une place particulière dans le cinéma américain. Dernier film de Clark GABLE, il offre aussi la dernière apparition de Marilyn sur grand écran. Une lecture indispensable donc pour ceux qui chérissent le mythe américain dans sa totalité, un mythe qui, dans les plaines du Nevada, annonçait tristement la fin de deux acteurs légendaires et de leur Amérique à bout de souffle.
1960 / UN ROLE SUR MESURE : "The misfits" d'Arthur MILLER / (Photos Inge MORATH and Eve ARNOLD) Comme un film, où chaque mot est là pour indiquer à l'appareil ce qu'il doit voir » voilà ce que l'écrivain Arthur MILLER précise dès le début de cette œuvre hors du commun. Ni roman, ni pièce de théâtre, ni découpage cinématographique, "Les Misfits" est une histoire conçue comme un film, qui s'offre d'abord aux regards puis aux esprits. Écrit pour Marilyn, qui n'était autre que son épouse, "Les Misfits" est avant tout l'aboutissement d'un désir profond d'Arthur MILLER. Avec ce récit cinématographique, il souhaitait offrir à sa femme, la Blonde la plus célèbre au monde, un grand rôle dramatique, qui est devenu au fil des années le rôle de sa carrière. Petit texte dense et descriptif, "Les Misfits" (traduisez « Les Désaxés ») met en scène des personnages marginaux dans une Amérique sur le déclin. Des personnages aux prises avec leurs rêves, perdus dans la société vendeuse de l'Amérique des années 50 et de son « American way of life ». L'écrivain place son intrigue désillusionnée dans le théâtre de la vie moderne américaine : Reno, ville du Nevada, ville du jeu, des mariages et des divorces express. Roselyn (Marilyn à l'écran) s'y apprête à divorcer. Beauté pure et libre en contraste totale avec le lieu, Roselyn va fasciner les hommes qu'elle va être amenée à croiser sur son chemin : Guido (Eli WALLACH), un mécanicien sans réel but ; Pierce (Montgomery CLIFT), un riche éleveur et un cow-boy « aux mains solides » du nom de Gay (Clark GABLE à l'écran). Tous paraissent comblés, bien heureux dans ce lieu, mais l'arrivée de cette femme enfant, vont les amener à saisir leurs misères affectives et intellectuelles. Tous vont alors s'éprendre d'elle un court instant mais seul Gay lui demandera de partager son existence. Mais peut-on partager l'existence d'un être radicalement opposé à vous ? Dans une scène d'anthologie, Roselyn criera sa haine à l'égard de ces trois types, chasseurs de mustang (des chevaux sauvages) dans le néant du Nevada. Ce n'est « rien que des misfits » pour Gay mais pour Roselyn c'est démesurément plus... La lecture de l'ouvrage demande inévitablement le visionnage du chef-d'œuvre de John HUSTON. Car sur les mots instinctifs et précis d'Arthur MILLER, il a su poser les visages qu'il fallait sur cette Amérique mythique du passé confrontée à sa propre modernité étouffante. Ainsi sur les mots naissent les images du Cinémascope, les visages d'un drame de tous les temps où les enjeux de la vie sont nécessairement faits de renoncements, de compromis et de jugements. Le visage du passé trouve les traits de l'inégalable Clark GABLE dont le personnage de Gay, cow-boy épris de liberté, sera le dernier rôle au cinéma. L'acteur décédera quelques jours après la fin du tournage, en 1961. Face à lui, la modernité ambiante et désarmante, celle façonnée par le système hollywoodien est incarnée par une Marilyn fascinante ici aux prises avec elle-même.  Plus qu'une histoire écrite pour elle, "Les Misfits" est un livre ouvert sur Marilyn sur son rapport au monde, aux hommes, au pouvoir, à la nature. Roselyn et Marilyn ne font qu'une seule et même personne. Sous la plume du dramaturge, les mots naissants dans la bouche de Roselyn et les regards des homme sur cette beauté incandescente sonnent comme des échos désarmants à la personnalité complexe de Marilyn et à son propre vécu. Chaque épisode dans ce théâtre désuet qu'est Reno rappelle de manière étonnante les moues de Marilyn, ses doutes, ses angoisses, son sentiment dévastateur de ne pas être à sa place dans le monde, que cela soit le monde du cinéma ou celui de l'amour. Nulle part à sa place, elle s'empare du rôle de Roselyn et de ses émotions comme s'il s'agissait des siennes. Car comme son personnage, elle possède « le don d'émotion » qui charmera bien des hommes, ce don merveilleux qui lui permet de faire comme si ce qui arrivait aux autres lui arrivait à elle. Dans une scène où Pierce est blessé après un rude rodéo, Roselyn a ce geste tendre de poser son visage lessivé par l'effort sur ses genoux. Celui-ci troublé par la bonté de cette femme lui demande : « J'arrive pas à vous situer. Vous êtes flou pour moi. Vous appartenez à Gay ? » et Roselyn lui répond d'un air rêveur : « Je ne sais pas à quoi j'appartiens ». Tout le drame se loge dans cette mince réplique, cette réplique énoncée sur le grand écran par le symbole même du rêve américain : cette fille perdue dans un immense univers vide et incompréhensif qui s'appelait Marilyn MONROE. Une ambiance douce et amère s'empare ainsi de la lecture de ce classique de la littérature contemporaine américaine. Cette histoire de paumés dans un monde à l'avenir tout aussi perdu symbolise ce mausolée du rêve américain monté de toutes pièces par un Arthur MILLER, fou amoureux de son Amérique comme de sa Marilyn. Deux amours capables de le décevoir à tout moment. Pour aimer pleinement "Les Misfits", il faut aimer la légende et les histoires de cinéma. Il faut savoir que ce livre aux penchants cinématographiques occupe une place particulière dans le cinéma américain. Dernier film de Clark GABLE, il offre aussi la dernière apparition de Marilyn sur grand écran. Une lecture indispensable donc pour ceux qui chérissent le mythe américain dans sa totalité, un mythe qui, dans les plaines du Nevada, annonçait tristement la fin de deux acteurs légendaires et de leur Amérique à bout de souffle.
1960 / UN ROLE SUR MESURE : "The misfits" d'Arthur MILLER / (Photos Inge MORATH and Eve ARNOLD) Comme un film, où chaque mot est là pour indiquer à l'appareil ce qu'il doit voir » voilà ce que l'écrivain Arthur MILLER précise dès le début de cette œuvre hors du commun. Ni roman, ni pièce de théâtre, ni découpage cinématographique, "Les Misfits" est une histoire conçue comme un film, qui s'offre d'abord aux regards puis aux esprits. Écrit pour Marilyn, qui n'était autre que son épouse, "Les Misfits" est avant tout l'aboutissement d'un désir profond d'Arthur MILLER. Avec ce récit cinématographique, il souhaitait offrir à sa femme, la Blonde la plus célèbre au monde, un grand rôle dramatique, qui est devenu au fil des années le rôle de sa carrière. Petit texte dense et descriptif, "Les Misfits" (traduisez « Les Désaxés ») met en scène des personnages marginaux dans une Amérique sur le déclin. Des personnages aux prises avec leurs rêves, perdus dans la société vendeuse de l'Amérique des années 50 et de son « American way of life ». L'écrivain place son intrigue désillusionnée dans le théâtre de la vie moderne américaine : Reno, ville du Nevada, ville du jeu, des mariages et des divorces express. Roselyn (Marilyn à l'écran) s'y apprête à divorcer. Beauté pure et libre en contraste totale avec le lieu, Roselyn va fasciner les hommes qu'elle va être amenée à croiser sur son chemin : Guido (Eli WALLACH), un mécanicien sans réel but ; Pierce (Montgomery CLIFT), un riche éleveur et un cow-boy « aux mains solides » du nom de Gay (Clark GABLE à l'écran). Tous paraissent comblés, bien heureux dans ce lieu, mais l'arrivée de cette femme enfant, vont les amener à saisir leurs misères affectives et intellectuelles. Tous vont alors s'éprendre d'elle un court instant mais seul Gay lui demandera de partager son existence. Mais peut-on partager l'existence d'un être radicalement opposé à vous ? Dans une scène d'anthologie, Roselyn criera sa haine à l'égard de ces trois types, chasseurs de mustang (des chevaux sauvages) dans le néant du Nevada. Ce n'est « rien que des misfits » pour Gay mais pour Roselyn c'est démesurément plus... La lecture de l'ouvrage demande inévitablement le visionnage du chef-d'œuvre de John HUSTON. Car sur les mots instinctifs et précis d'Arthur MILLER, il a su poser les visages qu'il fallait sur cette Amérique mythique du passé confrontée à sa propre modernité étouffante. Ainsi sur les mots naissent les images du Cinémascope, les visages d'un drame de tous les temps où les enjeux de la vie sont nécessairement faits de renoncements, de compromis et de jugements. Le visage du passé trouve les traits de l'inégalable Clark GABLE dont le personnage de Gay, cow-boy épris de liberté, sera le dernier rôle au cinéma. L'acteur décédera quelques jours après la fin du tournage, en 1961. Face à lui, la modernité ambiante et désarmante, celle façonnée par le système hollywoodien est incarnée par une Marilyn fascinante ici aux prises avec elle-même.  Plus qu'une histoire écrite pour elle, "Les Misfits" est un livre ouvert sur Marilyn sur son rapport au monde, aux hommes, au pouvoir, à la nature. Roselyn et Marilyn ne font qu'une seule et même personne. Sous la plume du dramaturge, les mots naissants dans la bouche de Roselyn et les regards des homme sur cette beauté incandescente sonnent comme des échos désarmants à la personnalité complexe de Marilyn et à son propre vécu. Chaque épisode dans ce théâtre désuet qu'est Reno rappelle de manière étonnante les moues de Marilyn, ses doutes, ses angoisses, son sentiment dévastateur de ne pas être à sa place dans le monde, que cela soit le monde du cinéma ou celui de l'amour. Nulle part à sa place, elle s'empare du rôle de Roselyn et de ses émotions comme s'il s'agissait des siennes. Car comme son personnage, elle possède « le don d'émotion » qui charmera bien des hommes, ce don merveilleux qui lui permet de faire comme si ce qui arrivait aux autres lui arrivait à elle. Dans une scène où Pierce est blessé après un rude rodéo, Roselyn a ce geste tendre de poser son visage lessivé par l'effort sur ses genoux. Celui-ci troublé par la bonté de cette femme lui demande : « J'arrive pas à vous situer. Vous êtes flou pour moi. Vous appartenez à Gay ? » et Roselyn lui répond d'un air rêveur : « Je ne sais pas à quoi j'appartiens ». Tout le drame se loge dans cette mince réplique, cette réplique énoncée sur le grand écran par le symbole même du rêve américain : cette fille perdue dans un immense univers vide et incompréhensif qui s'appelait Marilyn MONROE. Une ambiance douce et amère s'empare ainsi de la lecture de ce classique de la littérature contemporaine américaine. Cette histoire de paumés dans un monde à l'avenir tout aussi perdu symbolise ce mausolée du rêve américain monté de toutes pièces par un Arthur MILLER, fou amoureux de son Amérique comme de sa Marilyn. Deux amours capables de le décevoir à tout moment. Pour aimer pleinement "Les Misfits", il faut aimer la légende et les histoires de cinéma. Il faut savoir que ce livre aux penchants cinématographiques occupe une place particulière dans le cinéma américain. Dernier film de Clark GABLE, il offre aussi la dernière apparition de Marilyn sur grand écran. Une lecture indispensable donc pour ceux qui chérissent le mythe américain dans sa totalité, un mythe qui, dans les plaines du Nevada, annonçait tristement la fin de deux acteurs légendaires et de leur Amérique à bout de souffle.
1960 / UN ROLE SUR MESURE : "The misfits" d'Arthur MILLER / (Photos Inge MORATH and Eve ARNOLD) Comme un film, où chaque mot est là pour indiquer à l'appareil ce qu'il doit voir » voilà ce que l'écrivain Arthur MILLER précise dès le début de cette œuvre hors du commun. Ni roman, ni pièce de théâtre, ni découpage cinématographique, "Les Misfits" est une histoire conçue comme un film, qui s'offre d'abord aux regards puis aux esprits. Écrit pour Marilyn, qui n'était autre que son épouse, "Les Misfits" est avant tout l'aboutissement d'un désir profond d'Arthur MILLER. Avec ce récit cinématographique, il souhaitait offrir à sa femme, la Blonde la plus célèbre au monde, un grand rôle dramatique, qui est devenu au fil des années le rôle de sa carrière. Petit texte dense et descriptif, "Les Misfits" (traduisez « Les Désaxés ») met en scène des personnages marginaux dans une Amérique sur le déclin. Des personnages aux prises avec leurs rêves, perdus dans la société vendeuse de l'Amérique des années 50 et de son « American way of life ». L'écrivain place son intrigue désillusionnée dans le théâtre de la vie moderne américaine : Reno, ville du Nevada, ville du jeu, des mariages et des divorces express. Roselyn (Marilyn à l'écran) s'y apprête à divorcer. Beauté pure et libre en contraste totale avec le lieu, Roselyn va fasciner les hommes qu'elle va être amenée à croiser sur son chemin : Guido (Eli WALLACH), un mécanicien sans réel but ; Pierce (Montgomery CLIFT), un riche éleveur et un cow-boy « aux mains solides » du nom de Gay (Clark GABLE à l'écran). Tous paraissent comblés, bien heureux dans ce lieu, mais l'arrivée de cette femme enfant, vont les amener à saisir leurs misères affectives et intellectuelles. Tous vont alors s'éprendre d'elle un court instant mais seul Gay lui demandera de partager son existence. Mais peut-on partager l'existence d'un être radicalement opposé à vous ? Dans une scène d'anthologie, Roselyn criera sa haine à l'égard de ces trois types, chasseurs de mustang (des chevaux sauvages) dans le néant du Nevada. Ce n'est « rien que des misfits » pour Gay mais pour Roselyn c'est démesurément plus... La lecture de l'ouvrage demande inévitablement le visionnage du chef-d'œuvre de John HUSTON. Car sur les mots instinctifs et précis d'Arthur MILLER, il a su poser les visages qu'il fallait sur cette Amérique mythique du passé confrontée à sa propre modernité étouffante. Ainsi sur les mots naissent les images du Cinémascope, les visages d'un drame de tous les temps où les enjeux de la vie sont nécessairement faits de renoncements, de compromis et de jugements. Le visage du passé trouve les traits de l'inégalable Clark GABLE dont le personnage de Gay, cow-boy épris de liberté, sera le dernier rôle au cinéma. L'acteur décédera quelques jours après la fin du tournage, en 1961. Face à lui, la modernité ambiante et désarmante, celle façonnée par le système hollywoodien est incarnée par une Marilyn fascinante ici aux prises avec elle-même.  Plus qu'une histoire écrite pour elle, "Les Misfits" est un livre ouvert sur Marilyn sur son rapport au monde, aux hommes, au pouvoir, à la nature. Roselyn et Marilyn ne font qu'une seule et même personne. Sous la plume du dramaturge, les mots naissants dans la bouche de Roselyn et les regards des homme sur cette beauté incandescente sonnent comme des échos désarmants à la personnalité complexe de Marilyn et à son propre vécu. Chaque épisode dans ce théâtre désuet qu'est Reno rappelle de manière étonnante les moues de Marilyn, ses doutes, ses angoisses, son sentiment dévastateur de ne pas être à sa place dans le monde, que cela soit le monde du cinéma ou celui de l'amour. Nulle part à sa place, elle s'empare du rôle de Roselyn et de ses émotions comme s'il s'agissait des siennes. Car comme son personnage, elle possède « le don d'émotion » qui charmera bien des hommes, ce don merveilleux qui lui permet de faire comme si ce qui arrivait aux autres lui arrivait à elle. Dans une scène où Pierce est blessé après un rude rodéo, Roselyn a ce geste tendre de poser son visage lessivé par l'effort sur ses genoux. Celui-ci troublé par la bonté de cette femme lui demande : « J'arrive pas à vous situer. Vous êtes flou pour moi. Vous appartenez à Gay ? » et Roselyn lui répond d'un air rêveur : « Je ne sais pas à quoi j'appartiens ». Tout le drame se loge dans cette mince réplique, cette réplique énoncée sur le grand écran par le symbole même du rêve américain : cette fille perdue dans un immense univers vide et incompréhensif qui s'appelait Marilyn MONROE. Une ambiance douce et amère s'empare ainsi de la lecture de ce classique de la littérature contemporaine américaine. Cette histoire de paumés dans un monde à l'avenir tout aussi perdu symbolise ce mausolée du rêve américain monté de toutes pièces par un Arthur MILLER, fou amoureux de son Amérique comme de sa Marilyn. Deux amours capables de le décevoir à tout moment. Pour aimer pleinement "Les Misfits", il faut aimer la légende et les histoires de cinéma. Il faut savoir que ce livre aux penchants cinématographiques occupe une place particulière dans le cinéma américain. Dernier film de Clark GABLE, il offre aussi la dernière apparition de Marilyn sur grand écran. Une lecture indispensable donc pour ceux qui chérissent le mythe américain dans sa totalité, un mythe qui, dans les plaines du Nevada, annonçait tristement la fin de deux acteurs légendaires et de leur Amérique à bout de souffle.
1960 / UN ROLE SUR MESURE : "The misfits" d'Arthur MILLER / (Photos Inge MORATH and Eve ARNOLD) Comme un film, où chaque mot est là pour indiquer à l'appareil ce qu'il doit voir » voilà ce que l'écrivain Arthur MILLER précise dès le début de cette œuvre hors du commun. Ni roman, ni pièce de théâtre, ni découpage cinématographique, "Les Misfits" est une histoire conçue comme un film, qui s'offre d'abord aux regards puis aux esprits. Écrit pour Marilyn, qui n'était autre que son épouse, "Les Misfits" est avant tout l'aboutissement d'un désir profond d'Arthur MILLER. Avec ce récit cinématographique, il souhaitait offrir à sa femme, la Blonde la plus célèbre au monde, un grand rôle dramatique, qui est devenu au fil des années le rôle de sa carrière. Petit texte dense et descriptif, "Les Misfits" (traduisez « Les Désaxés ») met en scène des personnages marginaux dans une Amérique sur le déclin. Des personnages aux prises avec leurs rêves, perdus dans la société vendeuse de l'Amérique des années 50 et de son « American way of life ». L'écrivain place son intrigue désillusionnée dans le théâtre de la vie moderne américaine : Reno, ville du Nevada, ville du jeu, des mariages et des divorces express. Roselyn (Marilyn à l'écran) s'y apprête à divorcer. Beauté pure et libre en contraste totale avec le lieu, Roselyn va fasciner les hommes qu'elle va être amenée à croiser sur son chemin : Guido (Eli WALLACH), un mécanicien sans réel but ; Pierce (Montgomery CLIFT), un riche éleveur et un cow-boy « aux mains solides » du nom de Gay (Clark GABLE à l'écran). Tous paraissent comblés, bien heureux dans ce lieu, mais l'arrivée de cette femme enfant, vont les amener à saisir leurs misères affectives et intellectuelles. Tous vont alors s'éprendre d'elle un court instant mais seul Gay lui demandera de partager son existence. Mais peut-on partager l'existence d'un être radicalement opposé à vous ? Dans une scène d'anthologie, Roselyn criera sa haine à l'égard de ces trois types, chasseurs de mustang (des chevaux sauvages) dans le néant du Nevada. Ce n'est « rien que des misfits » pour Gay mais pour Roselyn c'est démesurément plus... La lecture de l'ouvrage demande inévitablement le visionnage du chef-d'œuvre de John HUSTON. Car sur les mots instinctifs et précis d'Arthur MILLER, il a su poser les visages qu'il fallait sur cette Amérique mythique du passé confrontée à sa propre modernité étouffante. Ainsi sur les mots naissent les images du Cinémascope, les visages d'un drame de tous les temps où les enjeux de la vie sont nécessairement faits de renoncements, de compromis et de jugements. Le visage du passé trouve les traits de l'inégalable Clark GABLE dont le personnage de Gay, cow-boy épris de liberté, sera le dernier rôle au cinéma. L'acteur décédera quelques jours après la fin du tournage, en 1961. Face à lui, la modernité ambiante et désarmante, celle façonnée par le système hollywoodien est incarnée par une Marilyn fascinante ici aux prises avec elle-même.  Plus qu'une histoire écrite pour elle, "Les Misfits" est un livre ouvert sur Marilyn sur son rapport au monde, aux hommes, au pouvoir, à la nature. Roselyn et Marilyn ne font qu'une seule et même personne. Sous la plume du dramaturge, les mots naissants dans la bouche de Roselyn et les regards des homme sur cette beauté incandescente sonnent comme des échos désarmants à la personnalité complexe de Marilyn et à son propre vécu. Chaque épisode dans ce théâtre désuet qu'est Reno rappelle de manière étonnante les moues de Marilyn, ses doutes, ses angoisses, son sentiment dévastateur de ne pas être à sa place dans le monde, que cela soit le monde du cinéma ou celui de l'amour. Nulle part à sa place, elle s'empare du rôle de Roselyn et de ses émotions comme s'il s'agissait des siennes. Car comme son personnage, elle possède « le don d'émotion » qui charmera bien des hommes, ce don merveilleux qui lui permet de faire comme si ce qui arrivait aux autres lui arrivait à elle. Dans une scène où Pierce est blessé après un rude rodéo, Roselyn a ce geste tendre de poser son visage lessivé par l'effort sur ses genoux. Celui-ci troublé par la bonté de cette femme lui demande : « J'arrive pas à vous situer. Vous êtes flou pour moi. Vous appartenez à Gay ? » et Roselyn lui répond d'un air rêveur : « Je ne sais pas à quoi j'appartiens ». Tout le drame se loge dans cette mince réplique, cette réplique énoncée sur le grand écran par le symbole même du rêve américain : cette fille perdue dans un immense univers vide et incompréhensif qui s'appelait Marilyn MONROE. Une ambiance douce et amère s'empare ainsi de la lecture de ce classique de la littérature contemporaine américaine. Cette histoire de paumés dans un monde à l'avenir tout aussi perdu symbolise ce mausolée du rêve américain monté de toutes pièces par un Arthur MILLER, fou amoureux de son Amérique comme de sa Marilyn. Deux amours capables de le décevoir à tout moment. Pour aimer pleinement "Les Misfits", il faut aimer la légende et les histoires de cinéma. Il faut savoir que ce livre aux penchants cinématographiques occupe une place particulière dans le cinéma américain. Dernier film de Clark GABLE, il offre aussi la dernière apparition de Marilyn sur grand écran. Une lecture indispensable donc pour ceux qui chérissent le mythe américain dans sa totalité, un mythe qui, dans les plaines du Nevada, annonçait tristement la fin de deux acteurs légendaires et de leur Amérique à bout de souffle.
1960 / UN ROLE SUR MESURE : "The misfits" d'Arthur MILLER / (Photos Inge MORATH and Eve ARNOLD) Comme un film, où chaque mot est là pour indiquer à l'appareil ce qu'il doit voir » voilà ce que l'écrivain Arthur MILLER précise dès le début de cette œuvre hors du commun. Ni roman, ni pièce de théâtre, ni découpage cinématographique, "Les Misfits" est une histoire conçue comme un film, qui s'offre d'abord aux regards puis aux esprits. Écrit pour Marilyn, qui n'était autre que son épouse, "Les Misfits" est avant tout l'aboutissement d'un désir profond d'Arthur MILLER. Avec ce récit cinématographique, il souhaitait offrir à sa femme, la Blonde la plus célèbre au monde, un grand rôle dramatique, qui est devenu au fil des années le rôle de sa carrière. Petit texte dense et descriptif, "Les Misfits" (traduisez « Les Désaxés ») met en scène des personnages marginaux dans une Amérique sur le déclin. Des personnages aux prises avec leurs rêves, perdus dans la société vendeuse de l'Amérique des années 50 et de son « American way of life ». L'écrivain place son intrigue désillusionnée dans le théâtre de la vie moderne américaine : Reno, ville du Nevada, ville du jeu, des mariages et des divorces express. Roselyn (Marilyn à l'écran) s'y apprête à divorcer. Beauté pure et libre en contraste totale avec le lieu, Roselyn va fasciner les hommes qu'elle va être amenée à croiser sur son chemin : Guido (Eli WALLACH), un mécanicien sans réel but ; Pierce (Montgomery CLIFT), un riche éleveur et un cow-boy « aux mains solides » du nom de Gay (Clark GABLE à l'écran). Tous paraissent comblés, bien heureux dans ce lieu, mais l'arrivée de cette femme enfant, vont les amener à saisir leurs misères affectives et intellectuelles. Tous vont alors s'éprendre d'elle un court instant mais seul Gay lui demandera de partager son existence. Mais peut-on partager l'existence d'un être radicalement opposé à vous ? Dans une scène d'anthologie, Roselyn criera sa haine à l'égard de ces trois types, chasseurs de mustang (des chevaux sauvages) dans le néant du Nevada. Ce n'est « rien que des misfits » pour Gay mais pour Roselyn c'est démesurément plus... La lecture de l'ouvrage demande inévitablement le visionnage du chef-d'œuvre de John HUSTON. Car sur les mots instinctifs et précis d'Arthur MILLER, il a su poser les visages qu'il fallait sur cette Amérique mythique du passé confrontée à sa propre modernité étouffante. Ainsi sur les mots naissent les images du Cinémascope, les visages d'un drame de tous les temps où les enjeux de la vie sont nécessairement faits de renoncements, de compromis et de jugements. Le visage du passé trouve les traits de l'inégalable Clark GABLE dont le personnage de Gay, cow-boy épris de liberté, sera le dernier rôle au cinéma. L'acteur décédera quelques jours après la fin du tournage, en 1961. Face à lui, la modernité ambiante et désarmante, celle façonnée par le système hollywoodien est incarnée par une Marilyn fascinante ici aux prises avec elle-même.  Plus qu'une histoire écrite pour elle, "Les Misfits" est un livre ouvert sur Marilyn sur son rapport au monde, aux hommes, au pouvoir, à la nature. Roselyn et Marilyn ne font qu'une seule et même personne. Sous la plume du dramaturge, les mots naissants dans la bouche de Roselyn et les regards des homme sur cette beauté incandescente sonnent comme des échos désarmants à la personnalité complexe de Marilyn et à son propre vécu. Chaque épisode dans ce théâtre désuet qu'est Reno rappelle de manière étonnante les moues de Marilyn, ses doutes, ses angoisses, son sentiment dévastateur de ne pas être à sa place dans le monde, que cela soit le monde du cinéma ou celui de l'amour. Nulle part à sa place, elle s'empare du rôle de Roselyn et de ses émotions comme s'il s'agissait des siennes. Car comme son personnage, elle possède « le don d'émotion » qui charmera bien des hommes, ce don merveilleux qui lui permet de faire comme si ce qui arrivait aux autres lui arrivait à elle. Dans une scène où Pierce est blessé après un rude rodéo, Roselyn a ce geste tendre de poser son visage lessivé par l'effort sur ses genoux. Celui-ci troublé par la bonté de cette femme lui demande : « J'arrive pas à vous situer. Vous êtes flou pour moi. Vous appartenez à Gay ? » et Roselyn lui répond d'un air rêveur : « Je ne sais pas à quoi j'appartiens ». Tout le drame se loge dans cette mince réplique, cette réplique énoncée sur le grand écran par le symbole même du rêve américain : cette fille perdue dans un immense univers vide et incompréhensif qui s'appelait Marilyn MONROE. Une ambiance douce et amère s'empare ainsi de la lecture de ce classique de la littérature contemporaine américaine. Cette histoire de paumés dans un monde à l'avenir tout aussi perdu symbolise ce mausolée du rêve américain monté de toutes pièces par un Arthur MILLER, fou amoureux de son Amérique comme de sa Marilyn. Deux amours capables de le décevoir à tout moment. Pour aimer pleinement "Les Misfits", il faut aimer la légende et les histoires de cinéma. Il faut savoir que ce livre aux penchants cinématographiques occupe une place particulière dans le cinéma américain. Dernier film de Clark GABLE, il offre aussi la dernière apparition de Marilyn sur grand écran. Une lecture indispensable donc pour ceux qui chérissent le mythe américain dans sa totalité, un mythe qui, dans les plaines du Nevada, annonçait tristement la fin de deux acteurs légendaires et de leur Amérique à bout de souffle.

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