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Une vie de 36 ans en images ! 31/07/2015

Une vie de 36 ans en images !

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Une vie de 36 ans en images !

1960 / (Part II) Roslyn et les "étalons", photos de groupe (Monty CLIFT, Clark GABLE, Arthur MILLER, John HUSTON, Eli WALLACH, Frank TAYLOR) lors du tournage du film "The misfits", sous les objectifs des photographes de l'Agence "Magnum", tels Elliott ERWITT, Ernst HAAS, Bruce DAVIDSON... 15/06/2017

1960 / (Part II) Roslyn et les "étalons", photos de groupe (Monty CLIFT, Clark GABLE, Arthur MILLER, John HUSTON, Eli WALLACH, Frank TAYLOR) lors du tournage du film "The misfits", sous les objectifs des photographes de l'Agence "Magnum", tels Elliott ERWITT, Ernst HAAS, Bruce DAVIDSON...

1960 / (Part II) Roslyn et les "étalons", photos de groupe (Monty CLIFT, Clark GABLE, Arthur MILLER, John HUSTON, Eli WALLACH, Frank TAYLOR) lors du tournage du film "The misfits", sous les objectifs des photographes de l'Agence "Magnum", tels Elliott ERWITT, Ernst HAAS, Bruce DAVIDSON...
1960 / (Part II) Roslyn et les "étalons", photos de groupe (Monty CLIFT, Clark GABLE, Arthur MILLER, John HUSTON, Eli WALLACH, Frank TAYLOR) lors du tournage du film "The misfits", sous les objectifs des photographes de l'Agence "Magnum", tels Elliott ERWITT, Ernst HAAS, Bruce DAVIDSON...
1960 / (Part II) Roslyn et les "étalons", photos de groupe (Monty CLIFT, Clark GABLE, Arthur MILLER, John HUSTON, Eli WALLACH, Frank TAYLOR) lors du tournage du film "The misfits", sous les objectifs des photographes de l'Agence "Magnum", tels Elliott ERWITT, Ernst HAAS, Bruce DAVIDSON...
1960 / (Part II) Roslyn et les "étalons", photos de groupe (Monty CLIFT, Clark GABLE, Arthur MILLER, John HUSTON, Eli WALLACH, Frank TAYLOR) lors du tournage du film "The misfits", sous les objectifs des photographes de l'Agence "Magnum", tels Elliott ERWITT, Ernst HAAS, Bruce DAVIDSON...
1960 / (Part II) Roslyn et les "étalons", photos de groupe (Monty CLIFT, Clark GABLE, Arthur MILLER, John HUSTON, Eli WALLACH, Frank TAYLOR) lors du tournage du film "The misfits", sous les objectifs des photographes de l'Agence "Magnum", tels Elliott ERWITT, Ernst HAAS, Bruce DAVIDSON...
1960 / (Part II) Roslyn et les "étalons", photos de groupe (Monty CLIFT, Clark GABLE, Arthur MILLER, John HUSTON, Eli WALLACH, Frank TAYLOR) lors du tournage du film "The misfits", sous les objectifs des photographes de l'Agence "Magnum", tels Elliott ERWITT, Ernst HAAS, Bruce DAVIDSON...
1960 / (Part II) Roslyn et les "étalons", photos de groupe (Monty CLIFT, Clark GABLE, Arthur MILLER, John HUSTON, Eli WALLACH, Frank TAYLOR) lors du tournage du film "The misfits", sous les objectifs des photographes de l'Agence "Magnum", tels Elliott ERWITT, Ernst HAAS, Bruce DAVIDSON...

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1960 / Session photos studio de Marilyn par Eve ARNOLD alors qu'elle tourne le film "The misfits". 07/06/2017

1960 / Session photos studio de Marilyn par Eve ARNOLD alors qu'elle tourne le film "The misfits".

1960 / Session photos studio de Marilyn par Eve ARNOLD alors qu'elle tourne le film "The misfits".
1960 / Session photos studio de Marilyn par Eve ARNOLD alors qu'elle tourne le film "The misfits".
1960 / Session photos studio de Marilyn par Eve ARNOLD alors qu'elle tourne le film "The misfits".

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1960 / Sur le tournage du film "The misfits", à Reno, où Roslyn (Marilyn) accompagné d'Isabelle (Thelma RITTER) se rend au tribunal pour divorcer avec son mari Raymond (Kevin McCARTHY) ; l'histoire commence alors... 02/06/2017

1960 / Sur le tournage du film "The misfits", à Reno, où Roslyn (Marilyn) accompagné d'Isabelle (Thelma RITTER) se rend au tribunal pour divorcer avec son mari Raymond (Kevin McCARTHY) ; l'histoire commence alors...
1960 / Sur le tournage du film "The misfits", à Reno, où Roslyn (Marilyn) accompagné d'Isabelle (Thelma RITTER) se rend au tribunal pour divorcer avec son mari Raymond (Kevin McCARTHY) ; l'histoire commence alors...
1960 / Sur le tournage du film "The misfits", à Reno, où Roslyn (Marilyn) accompagné d'Isabelle (Thelma RITTER) se rend au tribunal pour divorcer avec son mari Raymond (Kevin McCARTHY) ; l'histoire commence alors...
1960 / Sur le tournage du film "The misfits", à Reno, où Roslyn (Marilyn) accompagné d'Isabelle (Thelma RITTER) se rend au tribunal pour divorcer avec son mari Raymond (Kevin McCARTHY) ; l'histoire commence alors...
1960 / Sur le tournage du film "The misfits", à Reno, où Roslyn (Marilyn) accompagné d'Isabelle (Thelma RITTER) se rend au tribunal pour divorcer avec son mari Raymond (Kevin McCARTHY) ; l'histoire commence alors...
1960 / Sur le tournage du film "The misfits", à Reno, où Roslyn (Marilyn) accompagné d'Isabelle (Thelma RITTER) se rend au tribunal pour divorcer avec son mari Raymond (Kevin McCARTHY) ; l'histoire commence alors...
1960 / Sur le tournage du film "The misfits", à Reno, où Roslyn (Marilyn) accompagné d'Isabelle (Thelma RITTER) se rend au tribunal pour divorcer avec son mari Raymond (Kevin McCARTHY) ; l'histoire commence alors...

En anglais, « misfit » se dit d'un vêtement mal ajusté. Le titre français ne traduit qu'imparfaitement l'intention de l'auteur du scénario, Arthur MILLER. Il aurait été plus juste de traduire "The Misfits" non par "Les Désaxés", mais par les « mal foutus ». Car les personnages du film sont droits, mais ils ne trouvent plus leur place, ils sont inadaptés. Ils se heurtent à la société et ils se heurtent entre eux par soif d'absolu. Arthur MILLER a écrit "The Misfits" à la suite d'une expérience personnelle. Il était à Reno, la capitale du divorce aux États-Unis, avant d'épouser Marilyn et a découvert dans cette ville le profond désarroi des hommes et des femmes de tous âges digérant leur échec. Il a transcrit ses impressions dans une nouvelle, publiée dans le magazine "Esquire", dont il tira un scénario. Quatre personnages, quatre « désaxés », que leur amour de la liberté désarme devant la vie, se rencontrent à Reno et, instinctivement, unissent leur solitude. Il n'y a pas à proprement parler d'histoire. Il y a ce simple récit de leur errance. Tourné en noir et blanc, "Les Désaxés", dont l'accueil a été glacial aux États-Unis, sort sur les écrans français le 7 avril 1961. Accueilli fraîchement par le public, il passe relativement inaperçu dans la presse française spécialisée de l'époque. La presse généraliste lui réserve un accueil plus favorable. Mais c'est un peu plus tard que le film brillera d'un éclat particulier, en raison de sa résonance avec la vie de ses interprètes.
 
UN PROJET HORS DU COMMUN

Comme l'écrit "Télérama", « le projet est faramineux. Réunir dans un même film, au scénario : Arthur MILLER, le plus grand dramaturge américain de l'époque. Comme acteurs, trois stars : Marilyn MONROE, Clark GABLE, le « king » d'Hollywood, et Montgomery CLIFT, symbole avec Marlon BRANDO d'une nouvelle génération d'acteurs. À la réalisation, John HUSTON, le cinéaste couronné d'Oscars. À la production : United Artists, le studio des créateurs indépendants ». Le cadre : la ville de Reno, et surtout le désert du Nevada. Pour Martine MONOD dans "L'Humanité", le film « s'attaque au thème de la solitude, la difficulté des êtres, malgré leur bonne volonté de communiquer ». Il dresse le portrait « d'une fille à la recherche de l'absolu et des hommes qui croient que, grâce à elle, ils parviendront à fuir leur passé ou à retarder l'avenir ». Roslyn (Marilyn), une jeune femme fraîchement divorcée, rencontre à Reno un cow-boy vieillissant, Clark GABLE, un ancien pilote de guerre devenu chauffeur de camion, (Eli WALLACH), et un aventurier ironique et blessé (Montgomery CLIFT). Une singulière aventure à quatre commence alors, qui aboutit à une véritable quête angoissée du bonheur et de l'amour ».
 
UN HOMMAGE À MARILYN

« Les Misfits, c'est d'abord un hymne à Marilyn, le plus bel hommage à une femme » note L'Express, qui ajoute : « Marilyn/Roslyn ne joue pas un rôle, ne représente pas un personnage, elle est elle-même : ce monstre de féminité qui exige que les hommes soient tout le temps auprès d'elle ». « Arthur MILLER, alors marié à l'actrice, conçoit d'abord l'idée du film pour offrir à sa femme, qui souffre de son statut de sex-symbol, un grand rôle dramatique. Mais son scénario est aussi une dangereuse mise en abyme de la fragilité de l'actrice et des difficultés que traverse le couple », écrit "Télérama". « Arthur MILLER a mis dans son scénario tout ce qu'il croyait savoir de cette femme qu'il aima, dont il fut aimé, et à laquelle, au moment de s'en séparer, il adressa cet hommage, cet adieu » (Claude MAURIAC, "Le Figaro"). Il y a dans ce film un jeu de transferts continuels entre la comédienne et son personnage. « Amour des animaux, haine de la violence, besoin presque maladif de tendresse, de protection, de présence, de désarroi sentimental. Arthur MILLER n'a pas dessiné un caractère romanesque, il a exploré un c½ur bien vivant, celui de sa femme. Il a mis à nu ce personnage mythique qu'était Marilyn MONROE, et en la démythifiant, en a fait un être de chair, de sang et de nerfs, aussi dangereux que vulnérable », analyse Jean de BARONCELLI dans "Le Monde". Pour "Les Lettres françaises", « Roslyn, c'est Marilyn incarnée, faite chair comme elle ne l'a jamais été auparavant, par un scénariste qui ne pouvait la dépeindre de façon plus vraie et plus touchante : Roslyn, c'est à la fois Marilyn MONROE et son propre mythe, la trop jolie femme qui souffre de n'être qu'un objet de convoitise sexuelle pour les hommes ». Pour "L'Humanité", « Arthur MILLER a d'abord tracé un portrait extraordinairement lucide de la femme qu'il a aimée, et qu'il s'apprête à quitter ». Comme l'écrit Robert CHAZAL dans "France Soir", « c'est un bien beau cadeau de rupture, parce que c'est de loin la meilleure histoire qu'on ait jamais imaginée pour elle ». Les époux se sépareront peu après le tournage. "Télérama" stigmatise d'ailleurs « l'incroyable cirque médiatique qui a entouré le tournage, les journalistes épiant les époux MILLER en espérant annoncer leur séparation ». Pierre LAROCHE conclut dans "Noir et Blanc" : « Marilyn MONROE révèle aux spectateurs les plus distraits ce qu'Arthur MILLER vient de découvrir douloureusement, depuis sa veulerie lascive jusqu'à son inquiétude amoureuse, en passant par la bêtise aux yeux bleus et aux fesses rondes d'une malheureuse petite fille qui n'a pas grandi ».
 
LA FICTION RATTRAPÉE PAR LA RÉALITÉ

"The Misfits" est un film célèbre pour des raisons qui tiennent moins à son contenu qu'à la vie de ses interprètes. La presse de l'époque s'en fait déjà l'écho. Selon "Télérama", « tournée délibérément en noir et blanc, cette élégie ne vaut pas seulement par ses motifs, mais aussi par la manière dont le destin tragique des personnages recoupe celui des acteurs qui les incarnent. Tous les facteurs sont réunis pour faire de cette aventure une épopée tragique. Elle le sera de bout en bout ». À cette époque, Marilyn MONROE, minée par l'échec de son mariage et l'abus de somnifères, est entrée dans une phase de dépression sévère. « Au milieu du tournage, qui se déroule dans une chaleur éprouvante, elle s'effondre et doit entrer en hôpital psychiatrique », écrit "Télérama". Le divorce avec Arthur MILLER sera prononcé peu de temps après. Le journal poursuit : « Clark GABLE, la plus grande star des débuts du cinéma parlant, accuse ses 59 ans et n'est plus que l'ombre de lui-même. Quant à Montgomery CLIFT, dont la vulnérabilité avait révolutionné le statut viril de l'acteur et du héros américains, il se relève à peine d'un accident de voiture qui a failli le tuer et le laisse à jamais défiguré ».
La réputation de « film maudit » des "Misfits" tient aussi à la destinée tragique de ses acteurs, dont c'est pour deux d'entre eux la dernière apparition à l'écran. Comme le note "Télérama", « Le film est d'abord un échec public et critique. Puis le couple MILLER-MONROE se sépare, Clark GABLE meurt d'une crise cardiaque quelques semaines après la fin du tournage. Marilyn, qui ne tournera plus un seul film en entier, le suivra dans la tombe deux ans plus tard ». Montgomery CLIFT tourne encore trois films et meurt à quarante-six ans. Il n'en fallait pas davantage pour établir l'image crépusculaire des "Misfits".
 
UN FILM À QUATRE MAINS

Dans ce film, il y a bien deux auteurs, et leur cohabitation est difficile, comme l'observent de nombreux critiques. André LAFARGUE dans "Le Parisien libéré" déclare : « Il y a deux films : un film de John HUSTON qui suit trois hommes solitaires au milieu d'un univers ennemi. Un film d'Arthur MILLER, scénariste et dialoguiste qui accompagne une femme à la recherche d'une sécurité et d'un amour. Ces deux films sont hostiles l'un à l'autre. Le premier, plus mâle et plus hautain, s'attaque à une société envahissante qui ronge les dernières libertés de l'homme. Le second oppose une femme à la violence, à la dureté et à l'indifférence des ces trois solitaires ». Le journaliste poursuit : « HUSTON a tourné un film anarchiste, nettement asocial, et d'un romantisme évident. Et MILLER a écrit un scénario socialisant et moralisateur. Les dialogues sont faux, prétentieux, artificieux. Les personnages n'ont aucune vérité : c'est le travail de MILLER. Les images sont belles, d'un lyrisme étonnant, d'une agressivité franche : c'est le travail de HUSTON ». Dans "L'Aurore", Claude GARSON partage cet avis : « "Les Misfits" auraient pu être une pièce de théâtre exceptionnelle. Ce n'est qu'un bon film, car le cinéma exige davantage d'action que d'introspection psychologique ou de vues philosophiques ». Les critiques se demandent si la part de l'écrivain n'est pas trop envahissante. « Arthur MILLER est-il un grand écrivain ? En tous cas, un piètre scénariste et un exécrable dialoguiste », déclarent "Les Cahiers du cinéma". Pour "Les Dernières nouvelles d'Alsace", « Arthur MILLER, homme de théâtre, ne connaît pas très bien les lois du septième art ». "Télérama" reproche au film « une longue introduction surchargée de dialogues, mise en place comme pour une « exposition » de théâtre, durant laquelle John HUSTON somnole visiblement ». "Combat" ne cache pas son irritation : « Le cinéma «  intellectuel » est presque toujours un mélange assez malheureux de littérature et de théâtre. Les dialogues d'Arthur MILLER, dialogues de théâtre, les ambitions d'Arthur MILLER, ambitions de littérateur, les coquetteries d'Arthur MILLER, coquetteries d'intellectuel, dénoncent le travail de John HUSTON. C'est un film qui ne cesse d'opposer l'image au langage, et pour le plus grand malheur de l'image ». « À la fin du film, on s'aperçoit avec tristesse que l'on vient de se promener pendant deux heures et cinq minutes dans le pays aride du Symbole. Ce que l'on prenait pour le martèlement des sabots chevalins n'était que le cliquetis de la machine à écrire de l'auteur », résume le journal "Carrefour". "Le Figaro" regrette lui aussi « la passivité, voire l'absence du metteur en scène, trop effacé derrière Arthur MILLER, sauf lorsqu'il se déchaîne tout à coup pour filmer la chasse aux chevaux sauvages ».
 
LE SOUFFLE HUSTONIEN

C'est lorsque les « misfits » entreprennent de capturer des mustangs, ces derniers chevaux sauvages du désert du Nevada que, selon les critiques, le film s'envole. « Aux considérations théoriques sur la longévité de l'amour et du couple se substitue une aventure humaine admirablement conduite » écrit "Combat". « La chasse aux chevaux sauvages constitue un merveilleux morceau de cinéma » ("Les Dernières nouvelles d'Alsace"), « d'une foudroyante beauté » ("Le Parisien libéré"). « Il y a là 30 minutes d'images soutenues où souffle le génie d'HUSTON : sens de l'espace et du mouvement, envolée à la fois visuelle et lyrique, ampleur romanesque et goût de l'épopée » ("Les Lettres françaises"). "Positif" souligne « la justesse signifiante des cadrages qui mettent magnifiquement en valeur l'idée maîtresse véhiculée par chaque plan, la beauté directe et l'équilibrage parfait des lumières de la photo signée Russell METTY ». Pour "L'Express", « le film, parti pour une satire de m½urs, s'ouvre soudain en pleine nature, à l'envergure d'un étonnant western. Mais cet élargissement est tout le contraire d'une évasion : une quête de lucidité ».
 
LA FIN DU MYTHE DE L'OUEST

Car en réalité, la magnifique chevauchée dont rêvait Roslyn se réduit sous ses yeux à une cruelle expédition motorisée, mécanisée, taylorisée. Stupeur, dégoût », constate Étienne FUZELLIER dans "L'Éducation nationale". « Cette séquence anti-western apparaît comme la terrible condamnation d'une société qui ne respecte plus les règles du jeu de l'épopée qui a fait sa grandeur » ("Les Lettres françaises"). Pour "Libération", « les invectives lancées par Roslyn dans le désert aux trois hommes muets, c'est le cri de fureur que lance Arthur MILLER à "l'american way of life", voie unique qui mène à l'argent, au confort et à l'ennui ». « Les Misfits sont peut-être le dernier western. Un western désabusé qui ne se réfère plus au passé légendaire des pionniers » ("Télérama"). Paradoxalement, ces « inadaptés », « trop fiers pour se laisser dompter » ("Les Dernières nouvelles d'Alsace"), sont amenés à détruire d'autres survivants de l'âge de la liberté : les chevaux sauvages. Clark GABLE, qui, selon "Télérama", « s'est admirablement identifié à sa propre légende », est pour "Libération" « le dernier pur-sang de la libre Amérique, et domptera seul, à mains nues, un étalon farouche », qu'il rendra finalement à sa liberté. « Les Misfits sont l'histoire d'une dégradation, mais aussi d'une nostalgie : celle d'un impossible retour aux sources », observe "L'Express", qui s'écrie : « Qu'as-tu fait de ta merveilleuse enfance, Amérique des pionniers ? Les mustangs que l'on capturait jadis après de loyales chevauchées sont aujourd'hui rabattus par avion, traqués en camion. On les vendait pour montures aux caravanes de l'Ouest, aujourd'hui, ils deviennent de la viande en conserve pour les chiens ». Cette longue séquence de la chasse signe la fin d'un vieux rêve, exalté par tous les westerns : celui de l'homme libre et seul dans la nature. "Image et son" renchérit : « Cette ½uvre atteint au tragique. John HUSTON, le cinéaste de l'échec, a mis en images somptueuses un drame qu'il a traité comme une symphonie américaine, brassant les thèmes et les êtres dans un document puisé aux sources mêmes d'une civilisation ». « Peu de films auront inscrit, pour ainsi dire jusque dans leur chair, l'agonie du grand mythe américain », conclut "Télérama".
 
UNE DÉNONCIATION DE L'AMÉRIQUE DE LA FIN DES ANNÉES 1950

Plusieurs critiques soulignent la dimension politique des "Misfits". Pour Madeleine CHAPSAL dans "L'Express", « ce film bouleversant qui nous touche comme une histoire qui nous concerne est aussi une attaque violente de l'Amérique contemporaine ». Ses personnages révèlent en eux-mêmes des contradictions qui sont aussi symboliquement celles de la société américaine. « Ce grand problème de la communication qui hante le monde occidental au début des années 1960 caractérise ces cinq individus qui vivent plus ou moins par procuration pour fuir leurs problèmes », écrit Michel CIEUTAT dans "Positif". Cette revue fait d'ailleurs une analyse très orientée du film, qui selon elle « dresse un constat précis de l'Amérique sous EISENHOWER. Gay, Guido, Perce, les personnages principaux, se veulent des êtres sans attache. Mais l'homo americanus a trahi le rêve des Pères Fondateurs ». Le film « est un douloureux plaidoyer pour la liberté individuelle et une dénonciation d'un monde où toutes les lois morales s'effritent sous l'irrésistible poussée de la machine triomphante « ("Les Lettres françaises"). Clark GABLE est ainsi pour "Le Parisien" « le symbole d'une virilité qui n'a plus le loisir de s'affirmer dans le monde moderne, et aussi l'expression d'une recherche fondamentale de la liberté individuelle ». Michel CIEUTAT poursuit dans "Positif" : « John KENNEDY, sur lequel Marilyn fera une fixation, mettra fin à cette fuite en arrière en lançant son programme de la Nouvelle Frontière, autre échappatoire, vers l'avant, dont une grande partie de l'esprit se retrouve dans le film. Tout d'abord dans l'insistance avec laquelle John HUSTON et Arthur MILLER soulignent le thème de la vie à relancer. Le personnage de Roslyn est un catalyseur très "kennedyen" pour ses quatre compagnons. Celui qui s'approche d'elle apprend à repartir sur de nouvelles bases ». Et "Positif" de conclure : « The Misfits, ce n'est pas seulement le mal de vivre des années 1950 et le reflet de l'espoir offert par KENNEDY, c'est aussi le regard prophétique sur l'Amérique des vingt années à venir et là principalement réside la force de cette ½uvre qui, vers sa fin, se cabre pour tracer l'avenir ».
 

1960 / Sur le tournage du film "The misfits", à Reno, où Roslyn (Marilyn) accompagné d'Isabelle (Thelma RITTER) se rend au tribunal pour divorcer avec son mari Raymond (Kevin McCARTHY) ; l'histoire commence alors...

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1960 / Roslyn et Gay sont heureux dans le jardin, scène du film "The misfits". 29/05/2017

1960 / Roslyn et Gay sont heureux dans le jardin, scène du film "The misfits".

1960 / Roslyn et Gay sont heureux dans le jardin, scène du film "The misfits".
1960 / Roslyn et Gay sont heureux dans le jardin, scène du film "The misfits".
1960 / Roslyn et Gay sont heureux dans le jardin, scène du film "The misfits".
1960 / Roslyn et Gay sont heureux dans le jardin, scène du film "The misfits".
1960 / Roslyn et Gay sont heureux dans le jardin, scène du film "The misfits".
1960 / Roslyn et Gay sont heureux dans le jardin, scène du film "The misfits".
1960 / Roslyn et Gay sont heureux dans le jardin, scène du film "The misfits".

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1960 / GABLE et Marilyn lors d'une scène du film "The misfits". 27/05/2017

1960 / GABLE et Marilyn lors d'une scène du film "The misfits".
1960 / GABLE et Marilyn lors d'une scène du film "The misfits".
1960 / GABLE et Marilyn lors d'une scène du film "The misfits".
1960 / GABLE et Marilyn lors d'une scène du film "The misfits".
1960 / GABLE et Marilyn lors d'une scène du film "The misfits".
1960 / GABLE et Marilyn lors d'une scène du film "The misfits".
1960 / GABLE et Marilyn lors d'une scène du film "The misfits".
Ecrit par Arthur MILLER, réalisé par l'immense John HUSTON, "Les Désaxés" est considéré comme le dernier grand western de l'âge d'or d'Hollywood. Il réunit à l'écran 3 monuments du cinéma : Marilyn MONROE, Clark GABLE et Montgomery CLIFT. Et pourtant, le film est un désastre : tourné en 3 mois au lieu de 6 semaines, le film coûte une fortune à ses producteurs, d'autant plus qu'il s'avère être un véritable échec commercial au moment de sa sortie en salles, en 1961. Le couple MILLER-MONROE se déchire. Clark GABLE mourra quelques jours après la fin du tournage, Marilyn, 2 ans après. Reste de cette épopée chaotique un film extraordinaire, et l'histoire émouvante d'une amitié : Marilyn découvre un père en Clark GABLE, et leur relation devient très vite fusionnelle. Clark GABLE s'inquiète pour l'actrice avec une compassion toute paternelle. Marilyn s'émeut des failles de l'acteur, son penchant pour l'alcool, ses problèmes cardiaques. Ensemble, ils discuteront des heures entre chaque prises, GABLE faisant à Marilyn le récit de toute une vie vouée au 7ème art.
1960 / GABLE et Marilyn lors d'une scène du film "The misfits".

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1960 / LES NEWS du tournage du film "The misfits". 21/05/2017

1960 / LES NEWS du tournage du film "The misfits".
1960 / LES NEWS du tournage du film "The misfits".
1960 / LES NEWS du tournage du film "The misfits".
1960 / LES NEWS du tournage du film "The misfits".
1960 / LES NEWS du tournage du film "The misfits".
1960 / LES NEWS du tournage du film "The misfits".
1960 / LES NEWS du tournage du film "The misfits".
1960 / LES NEWS du tournage du film "The misfits".

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BON WEEK-END A TOUTES ET A TOUS ! 13/05/2017

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"AFTER THE FALL". 13/05/2017

"AFTER THE FALL".
"AFTER THE FALL".
"AFTER THE FALL".
"AFTER THE FALL".
"AFTER THE FALL".
"AFTER THE FALL".
"AFTER THE FALL".
Comme bon nombre d'intellectuels, Arthur MILLER n'est pas toujours d'une grande sagacité dès qu'il est question de femmes. Lorsque sa pièce "After the Fall" ("Après la chute") fut présentée à Broadway en 1964, beaucoup de spectateurs la trouvèrent choquante. Ils ne parvenaient pas à comprendre comment un auteur de théâtre connu pour sa conscience inébranlable et pour les principes élevés qu'il professe avait pu dépeindre aussi durement son ex-épouse. Marilyn MONROE n'était plus de ce monde pour protester contre le personnage de Maggie, une chanteuse populaire accro aux médicaments qui tyrannise son mari par ses exigences implacables.

Ce portrait à peine voilé paraissait peu digne de MILLER, un homme longtemps considéré non seulement comme un grand dramaturge mais aussi comme un exemple moral, la garantie vivante que l'intégrité n'avait pas disparu de l'entreprise littéraire. Son Willy LOMAN, le malheureux protagoniste de "Mort d'un commis voyageur", demeure l'un des losers les plus touchants de l'histoire du théâtre. Et les mérites de MILLER ne se limitent pas au domaine de l'écriture. En 1956, convoqué devant la Commission des activités antiaméricaines du sénateur McCARTHY, il refusa de livrer le moindre nom de sympathisant communiste, risquant ainsi la prison et devenant du jour au lendemain un héros de la gauche américaine.
Et pourtant, dix-huit mois à peine après l'overdose fatale de Marilyn, il livrait en place publique les angoisses les plus intimes de la star. Les défenseurs de Marilyn insistèrent sur le fait qu'elle s'était sincèrement efforcée d'être une bonne épouse et qu'elle était loin d'être le monstre d'égoïsme dépeint par MILLER. Où était passée sa gentillesse ? s'étonnèrent ses amis. Sa douceur ? Son idéalisme ? Elle avait admiré son mari, s'était tournée vers lui pour acquérir une respectabilité intellectuelle, et le public les avait trouvés adorables. Comme, plus tard, les KENNEDY à la Maison-Blanche, ils formaient un couple presque royal.
"Après la chute" a été décrite comme la pièce de MILLER la plus transparente sur le plan autobiographique. Mais, dans ce domaine, elle devrait bientôt se heurter à une sérieuse concurrence. La nouvelle pièce de MILLER, "Finishing the Picture", qu'on verra pour la première fois au "Goodman Theatre" de Chicago sous la direction de Robert FALLS, devrait en effet susciter à son tour la controverse. La pièce se déroule au début des années 1960, à un moment particulièrement tendu du tournage des "Misfits" ("Les Désaxés"), un western mélancolique et cérébral que MILLER avait conçu pour mettre en valeur Marilyn. On dit souvent que c'est sa meilleure interprétation, probablement parce qu'elle semblait ne pas jouer autre chose que ce qu'elle était dans la vie. A l'écran, elle incarne Roslyn, une jeune femme à l'abondante chevelure blonde, à la voix sensuelle, fragile, confiante, et perpétuellement étonnée.
Pourquoi donc, vous demandez-vous, MILLER a-t-il ressenti le besoin d'exhumer le fantôme de Marilyn après toutes ces années ? Le tournage des "Misfits" a déjà été longuement raconté dans un documentaire, ainsi que dans un album réalisé par les photographes de l'agence "Magnum". On pourrait dire que les événements entourant le film ont produit leur propre récit, un récit émouvant qui dépasse le film lui-même, du point de vue de l'intérêt dramatique comme de l'importance culturelle. Ce récit n'était pourtant pas tout à fait complet, en tout cas dans l'esprit de MILLER. Avec sa nouvelle pièce, il tente de “compléter le tableau”.
Marilyn MONROE n'est pas, loin s'en faut, le sujet préféré de MILLER. En fait, il a décidé de ne souffrir aucune discussion à son sujet. En 1995, il a balancé son poing dans la figure d'un journaliste qui lui demandait s'il lui arrivait encore de rêver d'elle. Pourtant, ce matin du mois d'août dernier, alors que j'étais assise à côté de lui sur l'étroit canapé de son salon, aborder le sujet de son mariage avec Marilyn apparaissait non seulement légitime, mais nécessaire. Tout d'abord, parce que c'est lui qui a brisé le long silence qu'il avait jusqu'ici observé sur la question. Ensuite, parce qu'il a toujours aspiré à “l'image plutôt exaltée du dramaturge en tant que grand révélateur de vérité”, comme il l'a lui-même formulé un jour, et il semble équitable qu'il porte sur sa vie le même regard incisif qu'il s'attache à porter sur les nôtres et qu'il cesse d'écarter les légitimes questions concernant les sources autobiographiques de son art. Pourquoi, se sont toujours demandé ses lecteurs, a-t-il fait une peinture aussi méchante de Marilyn dans "Après la chute ?"
“Ça m'a bien fait rire”, déclare-t-il en faisant allusion aux critiques qui avaient accueilli la pièce lors de sa première présentation. “En ce qui concerne Marilyn MONROE, j'ai passé cinq ans à tenter de l'empêcher de sombrer dans le précipice. Comment est-elle morte ? A-t-elle mis fin à ses jours ou pas ? Ne devons-nous pas porter la vérité sur la scène ?” Il articule ces questions à voix lente, les faisant ainsi paraître profondes, quasi bibliques. “Il n'y a pas qu'une seule version, poursuivit-il. C'est simplement la façon dont je vois les choses.” Et si le public les voyait différemment ? “Aucune importance, dit-il. C'est ma vérité. Pas la vôtre.” Avec MILLER, les conversations ont tendance à dépasser rapidement le quotidien pour atteindre des dimensions insoupçonnées. Il m'avait fixé rendez-vous dans son appartement de l'Upper East Side de Manhattan, un deux-pièces exigu situé dans un de ces bâtiments en briques rouges que l'on définit par le terme générique d'“avant-guerre”. MILLER, qui a 89 ans, est encore un homme d'une présence imposante, avec sa haute taille, ses longs bras et ses longs silences. Sobrement vêtu d'une chemise de travail brune et d'un pantalon kaki, les chaussures marron bien cirées, il déclare être en excellente santé. Mais il souffre visiblement du dos, ce qui l'amène à esquisser de temps en temps une grimace de douleur et à changer de position. Lorsque je lui demande ce qu'il fait pour son dos, il rétorque avec une expression d'ingratitude feinte : “Et mon dos, qu'est-ce qu'il fait pour moi ?”
Il partage actuellement son temps entre sa vaste ferme de Roxbury, dans le Connecticut, et son pied-à-terre new-yorkais. Celui-ci est meublé de façon impersonnelle. Les livres sont empilés en désordre sur le sol du salon. Je remarque parmi ses affaires un numéro du magazine "Artforum", ainsi que quelques carnets de croquis peut-être laissés là par sa compagne, Agnes BARLEY, une artiste peintre de 34 ans. Elle est venue avec lui ce matin-là de Roxbury, où ils occupent deux ateliers contigus. “Les mercredis sont identiques aux dimanches, dit-elle en parlant de sa vie avec lui. Il travaille tous les jours.” Menue et sympathique, elle lui demande si elle a le temps d'aller faire quelques courses en ville. Il acquiesce en lui donnant un rapide baiser d'adieu.
Une fois qu'elle est partie, MILLER m'explique qu'il l'a rencontrée deux ans auparavant, peu après le décès de sa troisième épouse, la photographe Inge MORATH, avec qui il est resté marié quarante ans. “J'aime la compagnie des femmes, dit-il. La vie est trop ennuyeuse sans elles. Les femmes sont plus dynamiques que les hommes et s'intéressent plus aux gens. Les hommes sont souvent abstraits, avec leurs grandes idées.” Je lui demande pourquoi un homme de son âge éprouve ainsi le besoin de s'engager dans une nouvelle relation, avec son inévitable lot d'exigences. Ne serait-il pas infiniment plus simple de demander à des amis de venir le voir quand il se sent seul ? “Pas s'ils sont morts, réplique-t-il. Parce que, dans ce cas, ça prend plus de temps.”
MILLER paraît très attentif à l'actualité et aux problèmes du jour. Resté fidèle à la gauche traditionnelle, il est toujours abonné à "The Nation". Mais il trahit les partis pris de sa génération lorsque nous abordons la question de la pop culture, qu'il rend responsable de la dégradation et de la marginalisation du théâtre sérieux, et, d'une manière générale, de la vie intellectuelle du pays. “Autrefois, on avait l'impression qu'une pièce avait un écho beaucoup plus important dans la société, dit-il, alors qu'aujourd'hui, c'est juste un spectacle de plus. Il est possible que la concurrence ait fait disparaître toute signification morale ou sociale. Communication et publicité sont les arts majeurs de notre époque. Elles façonnent la conscience des gens beaucoup plus que ne le fait l'art véritable.”
“Il fut une époque où des gens comme FITZGERALD, HEMINGWAY ou Dos PASSOS représentaient quelque chose dans ce pays, poursuit-il. Il m'est difficile d'imaginer aujourd'hui un auteur dont on puisse dire que, d'une manière ou d'une autre, il représente l'Amérique.” Il peut paraître contradictoire, chez un homme qui a épousé Marilyn MONROE, de manifester un tel dédain à l'égard de l'entertainment, mais ce n'est pas la première personnalité littéraire à se montrer plus disposée à débattre des grandes questions artistiques plutôt que d'impulsions personnelles apparemment non résolues.
Quelques semaines avant notre rencontre, j'avais reçu par la poste un scénario, une centaine de feuillets dactylographiés comportant dialogues et indications scéniques, perforés à la trouilloteuse et serrés par trois méchants trombones. Sur la couverture était inscrit : "Finishing the Picture", par Arthur MILLER. On comprend dès la première page que la pièce se réfère à l'expérience qu'il vécut sur le plateau des "Misfits", film qui, à la fin de la pièce, est qualifié d'“intéressant”, avec tout ce que cela implique d'ambition artistique non réalisée, de lenteur de rythme et de dialogues pontifiants. Le film est resté dans les mémoires en raison des événements tragiques qui ont entouré sa réalisation au cours de l'été 1960. A Reno, lors du tournage, Marilyn – qui absorbait alors une quantité astronomique de Nembutal – n'avait pas réussi à dire son texte et créé une gêne dans l'équipe en vitupérant son mari, réfugié dans un silence maussade. A la fin des prises de vues, MILLER et elle avaient décidé de se séparer. Ce devait être le dernier film de Marilyn, ainsi que de Clark GABLE, son partenaire à l'écran, qui, en pleine force de l'âge, mourut d'une crise cardiaque deux semaines après avoir quitté le plateau.
La nouvelle pièce de MILLER se déroule quelque part dans l'ouest des Etats-Unis, dans un hôtel sans nom. Un réalisateur se demande s'il doit abandonner le film qu'il est en train de faire. Le tournage accuse en effet près de cinq semaines de retard et Kitty, l'actrice principale à l'esprit instable, semble trop abattue pour pouvoir tenir son rôle jusqu'au bout. Elle arrive rarement à l'heure sur le plateau. Elle reste couchée dans sa chambre d'hôtel durant des heures pendant que les autres acteurs et les quarante personnes de l'équipe de tournage, inquiets et furieux, l'attendent par une chaleur de 40 °C en se demandant si elle finira par émerger. Ses retards coûtent une fortune au studio.
Qui peut douter que Kitty est sérieusement perturbée ? Elle avale cachet sur cachet, mange des glaces au petit déjeuner et se promène nue dans les couloirs de l'hôtel. Elle a déjà été suivie par deux des meilleurs psychanalystes du pays. Elle a “des fantômes assis sur sa poitrine, dit l'un des personnages de la pièce. Des fantômes de choses qu'elle a faites.” Kitty n'est pas très différente de Maggie, la précédente incarnation de Marilyn dans "Après la chute". Mais la nouvelle pièce ne montre presque jamais le personnage central sur scène : elle n'a en fait que trois répliques à prononcer. C'est, littéralement, un spectre. Ses actes et ses sentiments nous sont révélés à travers les remarques d'autres personnages, souvent empreintes de vulgarité sensuelle ou commerciale. Une réplique prononcée par le cameraman de la pièce l'illustre bien : “Une star est un animal, et un animal, vous devez le contrôler par des caresses et des menaces.” MILLER, toujours soucieux de donner une dimension sociale à son propos, veut montrer dans cette pièce comment les gens de Hollywood exploitent l'art et transforment n'importe quoi en produit.
L'idée n'est sans doute pas nouvelle, mais on peut imaginer que MILLER considère sa pièce, au moins en partie, comme une réponse à ceux qui se sont interrogés sur ses motivations lorsqu'il a écrit les "Misfits". Dans sa biographie de Marilyn MONROE parue en 1998, Barbara LEAMING va jusqu'à suggérer que MILLER en a imaginé le scénario pour “rentabiliser” la gloire croissante de sa femme et donner un coup de pouce à sa propre carrière cinématographique. Deux décennies plus tôt, Norman MAILER avait attribué à MILLER des visées tout aussi opportunistes, le qualifiant d'homme “ambitieux, borné et d'esprit étroit” qui aurait profité du prestige de sa femme à un moment où sa propre capacité de création s'étiolait.
Dans sa nouvelle pièce, MILLER répond indirectement à ces accusations à travers le personnage de Paul, le mari de Kitty, un scénariste imbu de lui-même. Il prétend rechercher la beauté plutôt que l'argent. “Tout le monde attend quelque chose d'elle, dit-il. Et nous autant que les autres ; nous voulons faire un beau film, c'est pourquoi nous insistons pour que, lorsqu'elle se réveille le matin, elle soit radieuse, même si elle préférerait en finir avec la vie.”
C'est avec ces mots que MILLER “parachève le tableau”. C'est maintenant un vieil homme dont les jours sont comptés, et cette pièce est peut-être la dernière occasion qui s'offre à lui de mettre les choses au point, de nous convaincre que l'écriture des "Misfits" était motivée par des raisons purement artistiques.
J'interroge MILLER sur la genèse de la pièce. Il m'explique qu'il l'a en tête depuis des années. “Je l'ai commencée il y a vingt ans, dit-il, puis j'ai arrêté parce que je n'y arrivais pas.” C'est en 2002, après la mort de sa troisième épouse, que MILLER s'attaque de nouveau à la pièce et parvient à la terminer. “Je ne comprends pas comment fonctionne le processus, remarque-t-il. Ça revient tout seul.”
D'autres estiment que les origines de la pièce sont moins mystérieuses. “Mon père veut être juste avec lui-même, et avec Marilyn”, pense Robert A. MILLER, le fils qu'a eu MILLER avec sa première épouse. Réalisateur âgé d'une soixantaine d'années, installé dans le sud de la Californie, il a récemment demandé à son père de lui envoyer le scénario de "Finishing the Picture", et ce n'est qu'en le lisant qu'il s'est rendu compte que la pièce évoquait l'échec du mariage de son père avec Marilyn. “Il n'a pas encore réussi à le surmonter”, juge-t-il. Robert n'avait que 9 ans lorsque son père quitta le domicile familial de Brooklyn Heights pour s'installer avec Marilyn dans un appartement de Sutton Place, à Manhattan. L'accord passé avec son ex-femme lui permettait de voir ses enfants un week-end sur deux. (Plus tard, MILLER eut deux autres enfants avec Inge MORATH.) “Mon père ne nous félicitait pas souvent”, se souvient Robert, avant d'ajouter que sa belle-mère était plus décontractée. “Marilyn était très à l'aise avec les enfants, souligne-t-il. Elle ne se sentait ni menacée ni en rivalité avec eux. Elle pouvait fort bien s'asseoir par terre et faire une partie de parchisi [variété du jeu des petits chevaux] avec nous. Parfois, nous allions faire du vélo ensemble.” Pour ses admirateurs, Marilyn MONROE reste la reine du glamour, mais aussi la petite Norma Jeane, la presque orpheline surgie de nulle part qui, au début de sa vie comme à la fin, ne trouva personne vers qui se tourner. “Cet être rayonnant était entouré d'une obscurité qui me plongeait dans la perplexité”, note MILLER dans son autobiographie sans concession, "Au fil du temps – Une vie", publiée en 1987. Dans son imaginaire, elle était “la fille la plus triste [qu'il ait] jamais rencontrée”.
Aujourd'hui, MILLER est encore moins désireux de spéculer sur les raisons du mythe qui continue à entourer Marilyn. A vrai dire, lorsque je tente d'aborder le sujet, il détourne le regard et demeure silencieux. Tandis que les secondes s'égrènent dans le salon et que le silence s'épaissit, on pourrait croire qu'il tente de formuler une réponse soigneusement nuancée. Il finit par rouvrir la bouche. “J'ai faim”, lâche-t-il de sa voix bourrue. Nous sortons sur la 2ème Avenue pour chercher un endroit où déjeuner. Tandis qu'il chemine, l'intense clarté du soleil semble oblitérer autour de lui le passé et ses fantômes pour ne laisser subsister que le présent, ce qui est déjà amplement suffisant. Après avoir parcouru une ou deux centaines de mètres, MILLER s'appuie contre une façade pour reprendre son souffle. “Je me sens comme Eubie Blake”, dit-il, faisant allusion au grand pianiste de jazz qui vécut jusqu'à 100 ans. “Eubie a dit un jour que s'il avait su qu'il vivrait aussi longtemps, il aurait davantage pris soin de lui-même.”
Il nous conduit jusqu'à un café, où il demande que nous soyons servis rapidement. “On fait ce qu'on peut, et tout le reste dépend de l'esprit de l'époque, dit-il d'un ton enjoué. Il est probable que l'on m'oubliera complètement ; la plus grande partie du travail des hommes est complètement oubliée ; 99,99 % des ½uvres d'art finissent dans l'oubli. Il y a eu tellement d'écrivains qui ont dominé leur époque avant de disparaître à jamais ! L'Histoire est comme une gigantesque bête : de temps en temps, elle s'ébroue et rejette tout ce qu'elle a sur le dos.”
Quoiqu'elles soient frappées au coin de la modestie, il est difficile de prendre ces remarques pour argent comptant. La vérité est que tout le monde ne finit pas dans l'oubli. Tout en formulant cette réflexion, je ne peux m'empêcher de songer que Marilyn, par exemple, n'a pas été oubliée. Beaucoup de gens qui ne connaissent ses films que de nom se sentent spontanément émus par son personnage. Le temps a fini par faire d'elle ce que MILLER a cherché à créer avec le héros de "Mort d'un commis voyageur" et les autres Monsieur-tout-le-monde qu'il a conçus : l'incarnation de l'effort et de l'immense chagrin américains.
Je demande à MILLER quel souvenir il espère laisser à ses futurs lecteurs et spectateurs. Il réfléchit quelques instants, puis me répond avec solennité : “J'aimerais que l'on se souvienne de moi comme d'un homme qui écrivait ce qu'il ressentait".
"AFTER THE FALL".

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UN FRANçAIS MADE IN HOLLYWOOD ! / Jean-Louis BERTHAULT dit Jean Louis, est un créateur de costumes français, né le 5 octobre 1907 à Paris et mort le 20 avril 1997 à Palm Springs (Californie). 07/05/2017

UN FRANçAIS MADE IN HOLLYWOOD ! / Jean-Louis BERTHAULT dit Jean Louis, est un créateur de costumes français, né le 5 octobre 1907 à Paris et mort le 20 avril 1997 à Palm Springs (Californie).
UN FRANçAIS MADE IN HOLLYWOOD ! / Jean-Louis BERTHAULT dit Jean Louis, est un créateur de costumes français, né le 5 octobre 1907 à Paris et mort le 20 avril 1997 à Palm Springs (Californie).
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A la fin des années 30, après avoir été diplômé de l'Ecole des Arts Décoratifs de Paris, Jean-Louis BERTHAULT fit ses débuts dans la couture chez Agnès DRECOLL.
En 1935 il visita New York et passa beaucoup de temps dans sa chambre d'hôtel à dessiner des croquis. La veille de son retour sur Paris, l'un de ses amis lui suggéra de montrer son travail à quelques prestigieuses enseignes de vêtements de mode de la  7ème Avenue. La puissante "Hattie Carnegie Inc." devint son tocket d'entrée dans le monde de la mode. "Hattie Carnegie" l'engagea afin d'apporter une "touche" parisienne à ses collections.

En 1936 il s'installa à New York. Il travailla avec elle jusqu'en 1943.

Il eut comme premières clientes l'actrice Irene DUNNE et Joan COHN, la femme d'Harry COHN, fondateur la Columbia Pictures, qui lui ouvrira les portes des studios hollywoodiens.

Il obtint rapidement la reconnaissance et commença sa carrière en habillant les stars d'Hollywood et la société new-yorkaise.
En 1943 il prend la direction du départment costumes de la Columbia, puis, quelques années plus tard, de celui d'Universal Pictures, avant de s'installer à son compte, créant sa propre maison de confection. 
A partir de 1958 il travaillera surtout pour la United Artists.

Nommé 15 fois aux Oscars pour la statuette du meilleur costume : "Comment l'esprit vint aux femmes" (1950), "L'affaire de Trinidad" (1952), "Tant qu'il y aura des hommes" (1953), "Une étoile est née" (1954), "La femme qui s'affiche" (1954), "Une femme diabolique" (1955), "La blonde ou la rousse" (1957), "L'adorable voisine" (1958), "Histoire d'un amour" (1961), "Jugement à Nuremberg" (1961), "Le nef des fous" (1965), "Unnhold-up extraordinaire" (1966), "Millie" (1967) et "Une Cadillac en or massif" en 1956 avec Judy HOLIDAY, pour lequel il remporta l'Oscar du meilleur costume. 

Après avoir travaillé pour Universal au début des années 60, Jean-Louis ne travailla plus à temps plein pour le studio. Bien qu'il ait continué à travailler en freelance pour les films, il consacra la majeure partie de son temps à son salon de Beverly Hills, qui comprenait comme clientes notamment Nancy REAGAN.
Jean-Louis vécut à Santa Barbara avec son épouse depuis 30 ans, Maggie , jusqu'à la mort de celle-ci en 1987.

En 1988 il prit sa retraite à Palm Springs.


Le 10 août 1993, il épousa sa compagne et proche amie l'actrice Loretta YOUNG. Il avait crée les robes et les costumes de l'éblouissante actrice tout au long de sa carrière, dont les robes qu'elle porta pour ses fabuleuses descentes d'escalier de son show télévisé.

Jean-Louis était connu pour avoir crée les robes glamour des femmes sensuelles les plus importantes d'Hollywood. Marilyn MONROE, Rita HAYWORTH, Doris DAY, Lana TURNER, Joan CRAWFORD, Marlene DIETRICH, Mary Tyler MOORE et Julie ANDREWS ont toutes été parfaitement habillées par lui. Ses vêtements éclatants étaient réputés pour leur luxueux matériaux, leurs coupes simples et élégantes, la virtuosité d'un travail de haute qualité et une silhouette moderne épurée, qui font que ses vêtements peuvent être portés aujourd'hui autant qu'il y a 50 ans.


Deux des superbes costumes de Jean-Louis sont devenus des références dans l'histoire de la culture américaine.

L'inoubliable robe pailletée couleur chair que Marilyn porta pour célébrer l'anniversaire du Président John F.KENNEDY en 1962, et la robe fourreau de satin noir que Rita HAYWORTH porta dans le film "Gilda" en 1946.

Il rencontra Marilyn au début de sa carrière et lui créa ses costumes quand elle jouait dans « Ladies of the chorus » (1948).

Puis il travailla avec elle dans « The misfits » (1961).
Marilyn s'adressait à lui quand elle voulait faire une entrée vraiment remarquée. Il créa la longue robe moulante en soie scintillante, qui la faisait paraître nue sous les projecteurs, qu'elle arbora pour chanter « Happy birthday » à John KENNEDY le 19 mai 1962.
Les jours précédents sa mort, il avait pris ses mesures pour une robe d'une valeur de 1 600 $. Selon les versions il s'agissait soit d'une robe du soir à paillettes, soit de la toilette qu'elle projetait de porter pour se remarier avec Joe DiMAGGIO.
Jean Louis a conçu les robes de :
Irene DUNNE dans "Coup de foudre" (1944) et "Over" 21 (1945) ;
Rita HAYWORTH dans "Cette nuit et toujours" (1945), "Gilda" (1946), 
"L'Étoile des étoiles" (1947), "La Dame de Shanghai" (1948), "Les Amours de Carmen" (1948), "L'Affaire de Trinidad" (1952), "Salomé" (1953), "La Belle du Pacifique" (1953), "La Blonde ou la rousse" (1957) et "Ceux de Cordura" (1959) Claudette COLBERT dans "Demain viendra toujours" (1946) ;
Ginger ROGERS dans "L'Homme de mes rêves" (1947) et "Coincée" (1955) ;
Joan FONTAINE dans "L'Extravagante Mlle Dee" (1948) ;
Dorothy LAMOUR dans "Lulu Belle" (1948) et "Slightly French" (1949) ;
Joan BENNETT dans "Les Désemparés" (1949) ;
Paulette GODDARD dans "Anna Lucasta" (1949) ;
Jennifer JONES dans "Les Insurgés" (1949) ;
Gloria GRAHAME dans "Le Violent" (1950), "Règlement de comptes" (1953) et "Désirs humains" (1954);
Judy HOLIDAY dans "Comment l'esprit vient aux femmes" (1950), "Je retourne chez maman" (1952), "Une femme qui s'affiche" (1953) et "Une Cadillac en or massif" (1956) ;
Loretta YOUNG dans Paula (1952) ;
Deborah KERR dans Tant qu'il y aura des hommes (1953) ;
Judy GARLAND dans "Une étoile est née" (1954) ;
Kim NOVAK dans "Du Plomb pour l'inspecteur" (1954), "Picnic" (1955), "Tu seras un homme, mon fils" (1956), "Adorable voisine" (1958), "Au milieu de la nuit" (1959), "Liaisons secrètes" (1960) ;
Joan CRAWFORD dans "Une femme diabolique" (1955), "Feuilles d'automne" (1955) et "Le Scandale Costello" (1957) ;
Janet LEIGH dans "Ma s½ur est du tonnerre" (1955) et "Qui était donc cette dame" ? (1960) ;
Maureen O'HARA dans "Ce n'est qu'un au revoir" (1955) ;
Barbara STANWYCK dans "Le souffle de la violence" (1955) ;
Marlene DIETRICH dans "Une histoire de Monte Carlo" (1957) et "Jugement à Nuremberg" (1961) ;
Doris DAY dans "Confidences sur l'oreiller" (1959), "Le Piment de la vie" (1963) et "Ne m'envoyez pas de fleurs" (1964) ;
Elizabeth TAYLOR dans "Soudain l'été dernier" (1959) ;
Lana TURNER dans "Mirage de la vie" (1959), "Meurtre sans faire-part" (1960) et "Madame X" (1965) ;
Susan HAYWARD dans Histoire d'un amour (1961) ;
Marilyn MONROE dans "Les Désaxés" (1961) et "Something's Got to Give" (1962) ;
Claudia CARDINALE dans "Les Yeux bandés" (1965) et "Tous les héros sont morts" (1968) ;
Shirley MacLAINE dans "Un hold-up extraordinaire" (1966) ;
Julie ANDREWS dans "Millie" (1967) ;
Katharine HEPBURN dans "Devine qui vient dîner" ? (1967).



UN FRANçAIS MADE IN HOLLYWOOD ! / Jean-Louis BERTHAULT dit Jean Louis, est un créateur de costumes français, né le 5 octobre 1907 à Paris et mort le 20 avril 1997 à Palm Springs (Californie).

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1960 / AUTOUR DU FILM "THE MISFITS". 04/05/2017

1960 / AUTOUR DU FILM "THE MISFITS".
1960 / AUTOUR DU FILM "THE MISFITS".
1960 / AUTOUR DU FILM "THE MISFITS".
1960 / AUTOUR DU FILM "THE MISFITS".
1960 / AUTOUR DU FILM "THE MISFITS".
1960 / AUTOUR DU FILM "THE MISFITS".
1960 / AUTOUR DU FILM "THE MISFITS".
"Les Désaxés" devait être le vingt-neuvième et dernier film achevé par Marilyn en seize années d'une stupéfiante carrière. Il serait aussi un hommage offert à Marilyn par son mari, l'un des plus éminents auteurs dramatiques du monde. Non seulement il serait réalisé par John HUSTON, l'un des metteurs en scène préférés de Marilyn, mais elle y aurait pour partenaire son idole de toujours, Clark GABLE, et le film serait produit par un ami de MILLER, Frank TAYLOR. Tous ceux de sa « famille » seraient là pour la soutenir : répétitrice, Paula STRASBERG ; masseur, Ralph ROBERTS ; secrétaire, May REIS ; chef maquilleur, Allan « Whitey » SNYDER ; coiffeurs, Sidney GUILAROFF et Agnes FLANAGAN ; chauffeur de la limousine, Rudy KAUTZKY ; doublure, Evelyn MORIARTY ; et pour la publicité, Rupert ALLAN... Qu'est-ce qui aurait pu aller de travers ?

Tout.
Dans l'après-midi du 20 juillet 1960, Marilyn atterrit à Reno dans un DC-7 de "United Airlines" en provenance de Los Angeles. Arthur MILLER, le producteur Frank TAYLOR et Rupert ALLAN étaient venus l'attendre à l'aéroport, ainsi que les journalistes locaux et quelques centaines de fans. Tout le monde patienta une demi-heure pour la voir émerger. On expliqua qu'elle était allée se changer dans les toilettes des dames, mais GUILAROFF révéla par la suite qu'elle avait eu des problèmes avec sa perruque. Le tournage des "Désaxés" ayant été repoussé en raison de la grève qui avait retardé celui du "Milliardaire", elle n'avait eu que deux semaines pour souffler entre les deux films. Toujours d'après GUILAROFF, ses cheveux avaient souffert des teintures et des changements de coiffure subis sur le plateau de la Fox, et on avait décidé au dernier moment qu'elle tournerait "Les Désaxés" avec une perruque. Elle n'aimait pas cette idée et ne parvint pas à s'y faire, et la perruque avait été retaillée pendant le vol de Los Angeles à Reno. Marilyn MONROE allait devoir se plier à un plan de tournage chargé et très rigoureux, avec six heures de prises de vues par jour dans la chaleur intense du désert, alors qu'elle arrivait physiquement épuisée et moralement atteinte par les déceptions qu'elle venait d'éprouver de la part des trois hommes qui comptaient le plus dans sa vie : MONTAND lui avait joué la Grande Évasion, JFK avait abusé de sa naïveté et MILLER, pensait-elle, s'était servi d'elle. Elle souffrait en outre d'une douleur persistante au côté gauche, et avait des crises de vomissements. Mais la production des "Désaxés" était lancée, et rien ne devait l'arrêter. Tout délai supplémentaire, l'avait-on prévenue, risquait de leur faire perdre GABLE et HUSTON, qui avaient d'autres engagements. Elle arriva avec un sac plein de médicaments contre la douleur. Mais la souffrance qu'elle allait endurer pour tourner "Les Désaxés" était de celles qu'aucun médicament ne peut apaiser.
1960 / AUTOUR DU FILM "THE MISFITS".

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