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Une vie de 36 ans en images ! 31/07/2015

Une vie de 36 ans en images !

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MARILYN & JOE / Un second mariage avec le champion ? 30/04/2017

MARILYN & JOE / Un second mariage avec le champion ?
MARILYN & JOE / Un second mariage avec le champion ?
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MARILYN & JOE / Un second mariage avec le champion ?
MARILYN & JOE / Un second mariage avec le champion ?
MARILYN & JOE / Un second mariage avec le champion ?

LA DERNIÈRE LETTRE DE MARILYN POUR SON EX-MARI JOE DIMAGGIO (1962)
 
Cette lettre a été retrouvée chez Marilyn, à Brentwood, le lendemain de sa mort. Elle est adressée à Joe DiMAGGIO, son ex-mari qui est toujours resté trés proche de Marilyn. Des rumeurs disent qu'un remariage entre eux était prévu. Il n'a jamais eu lieu, Marilyn etant décédée avant.
"Cher Joe,
Si jamais je parviens à te rendre heureux, alors j'aurais réussi à accomplir la chose la plus difficile à faire en ce monde, c'est-à-dire rendre quelqu'un totalement heureux. Ton bonheur fait mon bonheur."





MARILYN & JOE / Un second mariage avec le champion ?

Tags : 1954 - Japon - Joe DiMAGGIO - Mariage DiMAGGIO - Effet personnel - 1953 - John VACHON - River of no return - Fairmont Banff Springs Hotel - Press conference "Imperial Hotel" Japon

1953 / Diverses photos sur le tournage du film "River of no return". / Rarement une ballade aura si parfaitement illustré l’étoffe du film dont elle agrémente la vision. Il y a peu d’action dans ce western nonchalant, et encore moins sous la forme de fusillades. Un puma, un duo de prospecteurs se dresseront sur le parcours du trio, puis enfin les Indiens, juste avant le face à face final à Council City, lui-même tronqué : une empoignade de plus, un coup de feu hors champs et ce sera terminé. C’est à peu près tout. Le reste du temps, comme pour "The Big Sky" de HAWKS, comme pour "Wagon Master" de FORD ou pour le trop méconnu "Across the wide Missouri" de WELLMAN, le récit se perdra en méandres et digressions dédramatisées, contemplatives et sensuelles, faisant avec un même bonheur un sort aux corps qui se livrent dans l’effort et aux âmes que la rivière, éternelle source purificatrice du western ("Bend of the river", "The naked spur"), se chargera de laver de leurs préjugés. Le dialogue lui-même se pare parfois d’une poésie solaire des plus inattendues dans le genre : - I had to get money to get out. When I met Harry he wanted the same thing. Then he won the claim. It was our big chance ; a chance for both of us to get away. - Where ? - Out of the lives we were both living. Some place where people live like human beings. - That’s in Heaven... - We weren’t thinking of going quite that far with it. Au terme de cet itinéraire, épuisant mais rédempteur, Matt et Kay auront appris à se défaire de cette défiance d’autrui qui les coupe du monde, et à se défaire de cette pudeur qui les empêche de s’avouer leur amour mutuel. La merveilleuse alchimie du couple MITCHUM - MONROE est pour beaucoup dans le ton heureux et serein de ce beau récit d’apprentissage ; la quiétude, la force tranquille et naturelle émanant du grand Bob, ici dans un emploi sur mesure, offrant un contrepoint parfait à la fragilité refoulée de Marilyn. Il est de notoriété publique que l’actrice s’entendit très mal avec son réalisateur, PREMINGER allant jusqu’à déclarer que "diriger Marilyn, c’est comme diriger Lassie ; il faut faire quatorze prises pour obtenir l’aboiement adéquat" ! Mais les exemples d’antipathie entre le réalisateur viennois (qui sera néanmoins beaucoup plus patient avec une autre comédienne en proie au doute, Kim NOVAK, sur le tournage de son admirable film sur la dépendance aux narcotiques, "The man with the golden arm") sont légions, et dans son autobiographie, il s’en prendra surtout à la répétitrice de Marilyn sur le tournage, l’Allemande Natasha LYTESS, coupable selon lui, non seulement de gâcher le naturel ébouriffant de la comédienne mais aussi de réussir à déstabiliser le très jeune et pourtant déjà très professionnel Tommy RETTIG ("Les 5000 doigts du Dr.T"). Et PREMINGER de saluer l’initiative de Robert MITCHUM, sachant ramener sa partenaire à plus de simplicité à grand recours d’encouragements et au besoin... de puissantes bourrades sur le dos ! Quoi qu’il en soit, il est permis de penser que la comédienne n’a jamais été ni meilleure ni plus désirable que dans ce western. Offerte sans fard à l’objectif caressant de Joseph LaSHELLE, elle s’y révèle pour la première fois – et peut-être la dernière - femme sous toutes ses facettes : tantôt femme enfant aveuglée par un premier amour factice ; tantôt piquante et séductrice ; tantôt maternelle face au petit Mark, le ravissant d’une merveilleuse complainte en plein air et rajustant sa tenue vestimentaire devant ses yeux, sans aucune fausse pudeur ; tantôt amante, découvrant ses sentiments au cours d’une scène de massage entrée dans toutes les mémoires cinéphiles, mais qui aurait été tournée par Jean NEGULESCO, après une preview publique assez désastreuse ; loin, très loin, de l’image de fausse ingénue désarmante et charnelle dans laquelle elle resta trop souvent enfermée. C’est peu dire que chacune des chansons qu’elle interprète, tour à tour songeuse ("One silver dollar"), provocante ("I’m gonna file my claim"), épanouie ("Down in the meadow", donc) ou douloureusement nostalgique (la reprise finale de "River of no return") est comme un petit moment de paradis cinégénique. Western de la plénitude, il est évident que "Rivière sans retour" doit aussi beaucoup au style de caméra de son réalisateur, qui abordait le format du Cinémascope pour la première fois de sa carrière. Immédiatement conquis (hormis "The man with the golden arm" et "Anatomy of a murder" toutes les réussites ultérieures du cinéaste s’exprimeront à travers ce format ou celui, cousin, du SuperPanavision 70) PREMINGER l’utilise comme un écrin pour valoriser, dans de très amples et très lents mouvements d’appareils, la majesté irréelle de cette nature sauvage des Rocheuses, œuvrant avant tout sur la profondeur de champs pour donner un relief saisissant à ces gorges creusées par le torrent tumultueux ou pour conférer des dimensions sans fins à une vallée encaissée entre deux massifs montagneux. Filmant comme il respire, il sait aussi traduire l’effervescence de cette nouvelle "Sodome et Gommorrhe" (dixit le fidèle acteur fordien Arthur SHIELDS dans son éternel emploi de prédicateur) que représente le camp de prospecteurs, découvert jusque dans les moindres strates offertes par l’accumulation géométrique des toiles de tentes dans le cadre, toutes grouillantes de vie, au rythme d’un travelling latéral effréné entrepris de droite à gauche après une courte hésitation et la retenue d’un cheval qui se cabre, surpris par la peur ; du grand art. Après ce western de commande, PREMINGER vendra sa villa hollywoodienne pour racheter ses dernières années de contrat Fox à ZANUCK, et s’exilera à New York, berceau de ses premiers succès américains dans le théâtre. Il livrera alors une série de chefs-d’œuvre amorcée dès le film suivant, "Carmen Jones". Mais il ne reviendra malheureusement plus jamais au western. C’est fort dommage, car ne seraient-ce les inévitables transparences dues au sujet qui viennent parfois entacher la saisissante beauté de cet exaltant et très moral récit d’aventures, "River of no return" aurait sa place parmi les plus beaux fleurons du genre. Il s’en faut d’un rien. 07/04/2017

1953 / Diverses photos sur le tournage du film "River of no return". / Rarement une ballade aura si parfaitement illustré l’étoffe du film dont elle agrémente la vision. Il y a peu d’action dans ce western nonchalant, et encore moins sous la forme de fusillades. Un puma, un duo de prospecteurs se dresseront sur le parcours du trio, puis enfin les Indiens, juste avant le face à face final à Council City, lui-même tronqué : une empoignade de plus, un coup de feu hors champs et ce sera terminé. C’est à peu près tout. Le reste du temps, comme pour "The Big Sky" de HAWKS, comme pour "Wagon Master" de FORD ou pour le trop méconnu "Across the wide Missouri" de WELLMAN, le récit se perdra en méandres et digressions dédramatisées, contemplatives et sensuelles, faisant avec un même bonheur un sort aux corps qui se livrent dans l’effort et aux âmes que la rivière, éternelle source purificatrice du western ("Bend of the river", "The naked spur"), se chargera de laver de leurs préjugés. Le dialogue lui-même se pare parfois d’une poésie solaire des plus inattendues dans le genre : - I had to get money to get out. When I met Harry he wanted the same thing. Then he won the claim. It was our big chance ; a chance for both of us to get away. - Where ? - Out of the lives we were both living. Some place where people live like human beings. - That’s in Heaven... - We weren’t thinking of going quite that far with it.  Au terme de cet itinéraire, épuisant mais rédempteur, Matt et Kay auront appris à se défaire de cette défiance d’autrui qui les coupe du monde, et à se défaire de cette pudeur qui les empêche de s’avouer leur amour mutuel.  La merveilleuse alchimie du couple MITCHUM - MONROE est pour beaucoup dans le ton heureux et serein de ce beau récit d’apprentissage ; la quiétude, la force tranquille et naturelle émanant du grand Bob, ici dans un emploi sur mesure, offrant un contrepoint parfait à la fragilité refoulée de Marilyn. Il est de notoriété publique que l’actrice s’entendit très mal avec son réalisateur, PREMINGER allant jusqu’à déclarer que "diriger Marilyn, c’est comme diriger Lassie ; il faut faire quatorze prises pour obtenir l’aboiement adéquat" ! Mais les exemples d’antipathie entre le réalisateur viennois (qui sera néanmoins beaucoup plus patient avec une autre comédienne en proie au doute, Kim NOVAK, sur le tournage de son admirable film sur la dépendance aux narcotiques, "The man with the golden arm") sont légions, et dans son autobiographie, il s’en prendra surtout à la répétitrice de Marilyn sur le tournage, l’Allemande Natasha LYTESS, coupable selon lui, non seulement de gâcher le naturel ébouriffant de la comédienne mais aussi de réussir à déstabiliser le très jeune et pourtant déjà très professionnel Tommy RETTIG ("Les 5000 doigts du Dr.T"). Et PREMINGER de saluer l’initiative de Robert MITCHUM, sachant ramener sa partenaire à plus de simplicité à grand recours d’encouragements et au besoin... de puissantes bourrades sur le dos !  Quoi qu’il en soit, il est permis de penser que la comédienne n’a jamais été ni meilleure ni plus désirable que dans ce western. Offerte sans fard à l’objectif caressant de Joseph LaSHELLE, elle s’y révèle pour la première fois – et peut-être la dernière - femme sous toutes ses facettes : tantôt femme enfant aveuglée par un premier amour factice ; tantôt piquante et séductrice ; tantôt maternelle face au petit Mark, le ravissant d’une merveilleuse complainte en plein air et rajustant sa tenue vestimentaire devant ses yeux, sans aucune fausse pudeur ; tantôt amante, découvrant ses sentiments au cours d’une scène de massage entrée dans toutes les mémoires cinéphiles, mais qui aurait été tournée par Jean NEGULESCO, après une preview publique assez désastreuse ; loin, très loin, de l’image de fausse ingénue désarmante et charnelle dans laquelle elle resta trop souvent enfermée. C’est peu dire que chacune des chansons qu’elle interprète, tour à tour songeuse ("One silver dollar"), provocante ("I’m gonna file my claim"), épanouie ("Down in the meadow", donc) ou douloureusement nostalgique (la reprise finale de "River of no return") est comme un petit moment de paradis cinégénique.  Western de la plénitude, il est évident que "Rivière sans retour" doit aussi beaucoup au style de caméra de son réalisateur, qui abordait le format du Cinémascope pour la première fois de sa carrière. Immédiatement conquis (hormis "The man with the golden arm" et "Anatomy of a murder" toutes les réussites ultérieures du cinéaste s’exprimeront à travers ce format ou celui, cousin, du SuperPanavision 70) PREMINGER l’utilise comme un écrin pour valoriser, dans de très amples et très lents mouvements d’appareils, la majesté irréelle de cette nature sauvage des Rocheuses, œuvrant avant tout sur la profondeur de champs pour donner un relief saisissant à ces gorges creusées par le torrent tumultueux ou pour conférer des dimensions sans fins à une vallée encaissée entre deux massifs montagneux. Filmant comme il respire, il sait aussi traduire l’effervescence de cette nouvelle "Sodome et Gommorrhe" (dixit le fidèle acteur fordien Arthur SHIELDS dans son éternel emploi de prédicateur) que représente le camp de prospecteurs, découvert jusque dans les moindres strates offertes par l’accumulation géométrique des toiles de tentes dans le cadre, toutes grouillantes de vie, au rythme d’un travelling latéral effréné entrepris de droite à gauche après une courte hésitation et la retenue d’un cheval qui se cabre, surpris par la peur ; du grand art.  Après ce western de commande, PREMINGER vendra sa villa hollywoodienne pour racheter ses dernières années de contrat Fox à ZANUCK, et s’exilera à New York, berceau de ses premiers succès américains dans le théâtre. Il livrera alors une série de chefs-d’œuvre amorcée dès le film suivant, "Carmen Jones". Mais il ne reviendra malheureusement plus jamais au western. C’est fort dommage, car ne seraient-ce les inévitables transparences dues au sujet qui viennent parfois entacher la saisissante beauté de cet exaltant et très moral récit d’aventures, "River of no return" aurait sa place parmi les plus beaux fleurons du genre. Il s’en faut d’un rien.
1953 / Diverses photos sur le tournage du film "River of no return". / Rarement une ballade aura si parfaitement illustré l’étoffe du film dont elle agrémente la vision. Il y a peu d’action dans ce western nonchalant, et encore moins sous la forme de fusillades. Un puma, un duo de prospecteurs se dresseront sur le parcours du trio, puis enfin les Indiens, juste avant le face à face final à Council City, lui-même tronqué : une empoignade de plus, un coup de feu hors champs et ce sera terminé. C’est à peu près tout. Le reste du temps, comme pour "The Big Sky" de HAWKS, comme pour "Wagon Master" de FORD ou pour le trop méconnu "Across the wide Missouri" de WELLMAN, le récit se perdra en méandres et digressions dédramatisées, contemplatives et sensuelles, faisant avec un même bonheur un sort aux corps qui se livrent dans l’effort et aux âmes que la rivière, éternelle source purificatrice du western ("Bend of the river", "The naked spur"), se chargera de laver de leurs préjugés. Le dialogue lui-même se pare parfois d’une poésie solaire des plus inattendues dans le genre : - I had to get money to get out. When I met Harry he wanted the same thing. Then he won the claim. It was our big chance ; a chance for both of us to get away. - Where ? - Out of the lives we were both living. Some place where people live like human beings. - That’s in Heaven... - We weren’t thinking of going quite that far with it.  Au terme de cet itinéraire, épuisant mais rédempteur, Matt et Kay auront appris à se défaire de cette défiance d’autrui qui les coupe du monde, et à se défaire de cette pudeur qui les empêche de s’avouer leur amour mutuel.  La merveilleuse alchimie du couple MITCHUM - MONROE est pour beaucoup dans le ton heureux et serein de ce beau récit d’apprentissage ; la quiétude, la force tranquille et naturelle émanant du grand Bob, ici dans un emploi sur mesure, offrant un contrepoint parfait à la fragilité refoulée de Marilyn. Il est de notoriété publique que l’actrice s’entendit très mal avec son réalisateur, PREMINGER allant jusqu’à déclarer que "diriger Marilyn, c’est comme diriger Lassie ; il faut faire quatorze prises pour obtenir l’aboiement adéquat" ! Mais les exemples d’antipathie entre le réalisateur viennois (qui sera néanmoins beaucoup plus patient avec une autre comédienne en proie au doute, Kim NOVAK, sur le tournage de son admirable film sur la dépendance aux narcotiques, "The man with the golden arm") sont légions, et dans son autobiographie, il s’en prendra surtout à la répétitrice de Marilyn sur le tournage, l’Allemande Natasha LYTESS, coupable selon lui, non seulement de gâcher le naturel ébouriffant de la comédienne mais aussi de réussir à déstabiliser le très jeune et pourtant déjà très professionnel Tommy RETTIG ("Les 5000 doigts du Dr.T"). Et PREMINGER de saluer l’initiative de Robert MITCHUM, sachant ramener sa partenaire à plus de simplicité à grand recours d’encouragements et au besoin... de puissantes bourrades sur le dos !  Quoi qu’il en soit, il est permis de penser que la comédienne n’a jamais été ni meilleure ni plus désirable que dans ce western. Offerte sans fard à l’objectif caressant de Joseph LaSHELLE, elle s’y révèle pour la première fois – et peut-être la dernière - femme sous toutes ses facettes : tantôt femme enfant aveuglée par un premier amour factice ; tantôt piquante et séductrice ; tantôt maternelle face au petit Mark, le ravissant d’une merveilleuse complainte en plein air et rajustant sa tenue vestimentaire devant ses yeux, sans aucune fausse pudeur ; tantôt amante, découvrant ses sentiments au cours d’une scène de massage entrée dans toutes les mémoires cinéphiles, mais qui aurait été tournée par Jean NEGULESCO, après une preview publique assez désastreuse ; loin, très loin, de l’image de fausse ingénue désarmante et charnelle dans laquelle elle resta trop souvent enfermée. C’est peu dire que chacune des chansons qu’elle interprète, tour à tour songeuse ("One silver dollar"), provocante ("I’m gonna file my claim"), épanouie ("Down in the meadow", donc) ou douloureusement nostalgique (la reprise finale de "River of no return") est comme un petit moment de paradis cinégénique.  Western de la plénitude, il est évident que "Rivière sans retour" doit aussi beaucoup au style de caméra de son réalisateur, qui abordait le format du Cinémascope pour la première fois de sa carrière. Immédiatement conquis (hormis "The man with the golden arm" et "Anatomy of a murder" toutes les réussites ultérieures du cinéaste s’exprimeront à travers ce format ou celui, cousin, du SuperPanavision 70) PREMINGER l’utilise comme un écrin pour valoriser, dans de très amples et très lents mouvements d’appareils, la majesté irréelle de cette nature sauvage des Rocheuses, œuvrant avant tout sur la profondeur de champs pour donner un relief saisissant à ces gorges creusées par le torrent tumultueux ou pour conférer des dimensions sans fins à une vallée encaissée entre deux massifs montagneux. Filmant comme il respire, il sait aussi traduire l’effervescence de cette nouvelle "Sodome et Gommorrhe" (dixit le fidèle acteur fordien Arthur SHIELDS dans son éternel emploi de prédicateur) que représente le camp de prospecteurs, découvert jusque dans les moindres strates offertes par l’accumulation géométrique des toiles de tentes dans le cadre, toutes grouillantes de vie, au rythme d’un travelling latéral effréné entrepris de droite à gauche après une courte hésitation et la retenue d’un cheval qui se cabre, surpris par la peur ; du grand art.  Après ce western de commande, PREMINGER vendra sa villa hollywoodienne pour racheter ses dernières années de contrat Fox à ZANUCK, et s’exilera à New York, berceau de ses premiers succès américains dans le théâtre. Il livrera alors une série de chefs-d’œuvre amorcée dès le film suivant, "Carmen Jones". Mais il ne reviendra malheureusement plus jamais au western. C’est fort dommage, car ne seraient-ce les inévitables transparences dues au sujet qui viennent parfois entacher la saisissante beauté de cet exaltant et très moral récit d’aventures, "River of no return" aurait sa place parmi les plus beaux fleurons du genre. Il s’en faut d’un rien.
1953 / Diverses photos sur le tournage du film "River of no return". / Rarement une ballade aura si parfaitement illustré l’étoffe du film dont elle agrémente la vision. Il y a peu d’action dans ce western nonchalant, et encore moins sous la forme de fusillades. Un puma, un duo de prospecteurs se dresseront sur le parcours du trio, puis enfin les Indiens, juste avant le face à face final à Council City, lui-même tronqué : une empoignade de plus, un coup de feu hors champs et ce sera terminé. C’est à peu près tout. Le reste du temps, comme pour "The Big Sky" de HAWKS, comme pour "Wagon Master" de FORD ou pour le trop méconnu "Across the wide Missouri" de WELLMAN, le récit se perdra en méandres et digressions dédramatisées, contemplatives et sensuelles, faisant avec un même bonheur un sort aux corps qui se livrent dans l’effort et aux âmes que la rivière, éternelle source purificatrice du western ("Bend of the river", "The naked spur"), se chargera de laver de leurs préjugés. Le dialogue lui-même se pare parfois d’une poésie solaire des plus inattendues dans le genre : - I had to get money to get out. When I met Harry he wanted the same thing. Then he won the claim. It was our big chance ; a chance for both of us to get away. - Where ? - Out of the lives we were both living. Some place where people live like human beings. - That’s in Heaven... - We weren’t thinking of going quite that far with it.  Au terme de cet itinéraire, épuisant mais rédempteur, Matt et Kay auront appris à se défaire de cette défiance d’autrui qui les coupe du monde, et à se défaire de cette pudeur qui les empêche de s’avouer leur amour mutuel.  La merveilleuse alchimie du couple MITCHUM - MONROE est pour beaucoup dans le ton heureux et serein de ce beau récit d’apprentissage ; la quiétude, la force tranquille et naturelle émanant du grand Bob, ici dans un emploi sur mesure, offrant un contrepoint parfait à la fragilité refoulée de Marilyn. Il est de notoriété publique que l’actrice s’entendit très mal avec son réalisateur, PREMINGER allant jusqu’à déclarer que "diriger Marilyn, c’est comme diriger Lassie ; il faut faire quatorze prises pour obtenir l’aboiement adéquat" ! Mais les exemples d’antipathie entre le réalisateur viennois (qui sera néanmoins beaucoup plus patient avec une autre comédienne en proie au doute, Kim NOVAK, sur le tournage de son admirable film sur la dépendance aux narcotiques, "The man with the golden arm") sont légions, et dans son autobiographie, il s’en prendra surtout à la répétitrice de Marilyn sur le tournage, l’Allemande Natasha LYTESS, coupable selon lui, non seulement de gâcher le naturel ébouriffant de la comédienne mais aussi de réussir à déstabiliser le très jeune et pourtant déjà très professionnel Tommy RETTIG ("Les 5000 doigts du Dr.T"). Et PREMINGER de saluer l’initiative de Robert MITCHUM, sachant ramener sa partenaire à plus de simplicité à grand recours d’encouragements et au besoin... de puissantes bourrades sur le dos !  Quoi qu’il en soit, il est permis de penser que la comédienne n’a jamais été ni meilleure ni plus désirable que dans ce western. Offerte sans fard à l’objectif caressant de Joseph LaSHELLE, elle s’y révèle pour la première fois – et peut-être la dernière - femme sous toutes ses facettes : tantôt femme enfant aveuglée par un premier amour factice ; tantôt piquante et séductrice ; tantôt maternelle face au petit Mark, le ravissant d’une merveilleuse complainte en plein air et rajustant sa tenue vestimentaire devant ses yeux, sans aucune fausse pudeur ; tantôt amante, découvrant ses sentiments au cours d’une scène de massage entrée dans toutes les mémoires cinéphiles, mais qui aurait été tournée par Jean NEGULESCO, après une preview publique assez désastreuse ; loin, très loin, de l’image de fausse ingénue désarmante et charnelle dans laquelle elle resta trop souvent enfermée. C’est peu dire que chacune des chansons qu’elle interprète, tour à tour songeuse ("One silver dollar"), provocante ("I’m gonna file my claim"), épanouie ("Down in the meadow", donc) ou douloureusement nostalgique (la reprise finale de "River of no return") est comme un petit moment de paradis cinégénique.  Western de la plénitude, il est évident que "Rivière sans retour" doit aussi beaucoup au style de caméra de son réalisateur, qui abordait le format du Cinémascope pour la première fois de sa carrière. Immédiatement conquis (hormis "The man with the golden arm" et "Anatomy of a murder" toutes les réussites ultérieures du cinéaste s’exprimeront à travers ce format ou celui, cousin, du SuperPanavision 70) PREMINGER l’utilise comme un écrin pour valoriser, dans de très amples et très lents mouvements d’appareils, la majesté irréelle de cette nature sauvage des Rocheuses, œuvrant avant tout sur la profondeur de champs pour donner un relief saisissant à ces gorges creusées par le torrent tumultueux ou pour conférer des dimensions sans fins à une vallée encaissée entre deux massifs montagneux. Filmant comme il respire, il sait aussi traduire l’effervescence de cette nouvelle "Sodome et Gommorrhe" (dixit le fidèle acteur fordien Arthur SHIELDS dans son éternel emploi de prédicateur) que représente le camp de prospecteurs, découvert jusque dans les moindres strates offertes par l’accumulation géométrique des toiles de tentes dans le cadre, toutes grouillantes de vie, au rythme d’un travelling latéral effréné entrepris de droite à gauche après une courte hésitation et la retenue d’un cheval qui se cabre, surpris par la peur ; du grand art.  Après ce western de commande, PREMINGER vendra sa villa hollywoodienne pour racheter ses dernières années de contrat Fox à ZANUCK, et s’exilera à New York, berceau de ses premiers succès américains dans le théâtre. Il livrera alors une série de chefs-d’œuvre amorcée dès le film suivant, "Carmen Jones". Mais il ne reviendra malheureusement plus jamais au western. C’est fort dommage, car ne seraient-ce les inévitables transparences dues au sujet qui viennent parfois entacher la saisissante beauté de cet exaltant et très moral récit d’aventures, "River of no return" aurait sa place parmi les plus beaux fleurons du genre. Il s’en faut d’un rien.
1953 / Diverses photos sur le tournage du film "River of no return". / Rarement une ballade aura si parfaitement illustré l’étoffe du film dont elle agrémente la vision. Il y a peu d’action dans ce western nonchalant, et encore moins sous la forme de fusillades. Un puma, un duo de prospecteurs se dresseront sur le parcours du trio, puis enfin les Indiens, juste avant le face à face final à Council City, lui-même tronqué : une empoignade de plus, un coup de feu hors champs et ce sera terminé. C’est à peu près tout. Le reste du temps, comme pour "The Big Sky" de HAWKS, comme pour "Wagon Master" de FORD ou pour le trop méconnu "Across the wide Missouri" de WELLMAN, le récit se perdra en méandres et digressions dédramatisées, contemplatives et sensuelles, faisant avec un même bonheur un sort aux corps qui se livrent dans l’effort et aux âmes que la rivière, éternelle source purificatrice du western ("Bend of the river", "The naked spur"), se chargera de laver de leurs préjugés. Le dialogue lui-même se pare parfois d’une poésie solaire des plus inattendues dans le genre : - I had to get money to get out. When I met Harry he wanted the same thing. Then he won the claim. It was our big chance ; a chance for both of us to get away. - Where ? - Out of the lives we were both living. Some place where people live like human beings. - That’s in Heaven... - We weren’t thinking of going quite that far with it.  Au terme de cet itinéraire, épuisant mais rédempteur, Matt et Kay auront appris à se défaire de cette défiance d’autrui qui les coupe du monde, et à se défaire de cette pudeur qui les empêche de s’avouer leur amour mutuel.  La merveilleuse alchimie du couple MITCHUM - MONROE est pour beaucoup dans le ton heureux et serein de ce beau récit d’apprentissage ; la quiétude, la force tranquille et naturelle émanant du grand Bob, ici dans un emploi sur mesure, offrant un contrepoint parfait à la fragilité refoulée de Marilyn. Il est de notoriété publique que l’actrice s’entendit très mal avec son réalisateur, PREMINGER allant jusqu’à déclarer que "diriger Marilyn, c’est comme diriger Lassie ; il faut faire quatorze prises pour obtenir l’aboiement adéquat" ! Mais les exemples d’antipathie entre le réalisateur viennois (qui sera néanmoins beaucoup plus patient avec une autre comédienne en proie au doute, Kim NOVAK, sur le tournage de son admirable film sur la dépendance aux narcotiques, "The man with the golden arm") sont légions, et dans son autobiographie, il s’en prendra surtout à la répétitrice de Marilyn sur le tournage, l’Allemande Natasha LYTESS, coupable selon lui, non seulement de gâcher le naturel ébouriffant de la comédienne mais aussi de réussir à déstabiliser le très jeune et pourtant déjà très professionnel Tommy RETTIG ("Les 5000 doigts du Dr.T"). Et PREMINGER de saluer l’initiative de Robert MITCHUM, sachant ramener sa partenaire à plus de simplicité à grand recours d’encouragements et au besoin... de puissantes bourrades sur le dos !  Quoi qu’il en soit, il est permis de penser que la comédienne n’a jamais été ni meilleure ni plus désirable que dans ce western. Offerte sans fard à l’objectif caressant de Joseph LaSHELLE, elle s’y révèle pour la première fois – et peut-être la dernière - femme sous toutes ses facettes : tantôt femme enfant aveuglée par un premier amour factice ; tantôt piquante et séductrice ; tantôt maternelle face au petit Mark, le ravissant d’une merveilleuse complainte en plein air et rajustant sa tenue vestimentaire devant ses yeux, sans aucune fausse pudeur ; tantôt amante, découvrant ses sentiments au cours d’une scène de massage entrée dans toutes les mémoires cinéphiles, mais qui aurait été tournée par Jean NEGULESCO, après une preview publique assez désastreuse ; loin, très loin, de l’image de fausse ingénue désarmante et charnelle dans laquelle elle resta trop souvent enfermée. C’est peu dire que chacune des chansons qu’elle interprète, tour à tour songeuse ("One silver dollar"), provocante ("I’m gonna file my claim"), épanouie ("Down in the meadow", donc) ou douloureusement nostalgique (la reprise finale de "River of no return") est comme un petit moment de paradis cinégénique.  Western de la plénitude, il est évident que "Rivière sans retour" doit aussi beaucoup au style de caméra de son réalisateur, qui abordait le format du Cinémascope pour la première fois de sa carrière. Immédiatement conquis (hormis "The man with the golden arm" et "Anatomy of a murder" toutes les réussites ultérieures du cinéaste s’exprimeront à travers ce format ou celui, cousin, du SuperPanavision 70) PREMINGER l’utilise comme un écrin pour valoriser, dans de très amples et très lents mouvements d’appareils, la majesté irréelle de cette nature sauvage des Rocheuses, œuvrant avant tout sur la profondeur de champs pour donner un relief saisissant à ces gorges creusées par le torrent tumultueux ou pour conférer des dimensions sans fins à une vallée encaissée entre deux massifs montagneux. Filmant comme il respire, il sait aussi traduire l’effervescence de cette nouvelle "Sodome et Gommorrhe" (dixit le fidèle acteur fordien Arthur SHIELDS dans son éternel emploi de prédicateur) que représente le camp de prospecteurs, découvert jusque dans les moindres strates offertes par l’accumulation géométrique des toiles de tentes dans le cadre, toutes grouillantes de vie, au rythme d’un travelling latéral effréné entrepris de droite à gauche après une courte hésitation et la retenue d’un cheval qui se cabre, surpris par la peur ; du grand art.  Après ce western de commande, PREMINGER vendra sa villa hollywoodienne pour racheter ses dernières années de contrat Fox à ZANUCK, et s’exilera à New York, berceau de ses premiers succès américains dans le théâtre. Il livrera alors une série de chefs-d’œuvre amorcée dès le film suivant, "Carmen Jones". Mais il ne reviendra malheureusement plus jamais au western. C’est fort dommage, car ne seraient-ce les inévitables transparences dues au sujet qui viennent parfois entacher la saisissante beauté de cet exaltant et très moral récit d’aventures, "River of no return" aurait sa place parmi les plus beaux fleurons du genre. Il s’en faut d’un rien.
1953 / Diverses photos sur le tournage du film "River of no return". / Rarement une ballade aura si parfaitement illustré l’étoffe du film dont elle agrémente la vision. Il y a peu d’action dans ce western nonchalant, et encore moins sous la forme de fusillades. Un puma, un duo de prospecteurs se dresseront sur le parcours du trio, puis enfin les Indiens, juste avant le face à face final à Council City, lui-même tronqué : une empoignade de plus, un coup de feu hors champs et ce sera terminé. C’est à peu près tout. Le reste du temps, comme pour "The Big Sky" de HAWKS, comme pour "Wagon Master" de FORD ou pour le trop méconnu "Across the wide Missouri" de WELLMAN, le récit se perdra en méandres et digressions dédramatisées, contemplatives et sensuelles, faisant avec un même bonheur un sort aux corps qui se livrent dans l’effort et aux âmes que la rivière, éternelle source purificatrice du western ("Bend of the river", "The naked spur"), se chargera de laver de leurs préjugés. Le dialogue lui-même se pare parfois d’une poésie solaire des plus inattendues dans le genre : - I had to get money to get out. When I met Harry he wanted the same thing. Then he won the claim. It was our big chance ; a chance for both of us to get away. - Where ? - Out of the lives we were both living. Some place where people live like human beings. - That’s in Heaven... - We weren’t thinking of going quite that far with it.  Au terme de cet itinéraire, épuisant mais rédempteur, Matt et Kay auront appris à se défaire de cette défiance d’autrui qui les coupe du monde, et à se défaire de cette pudeur qui les empêche de s’avouer leur amour mutuel.  La merveilleuse alchimie du couple MITCHUM - MONROE est pour beaucoup dans le ton heureux et serein de ce beau récit d’apprentissage ; la quiétude, la force tranquille et naturelle émanant du grand Bob, ici dans un emploi sur mesure, offrant un contrepoint parfait à la fragilité refoulée de Marilyn. Il est de notoriété publique que l’actrice s’entendit très mal avec son réalisateur, PREMINGER allant jusqu’à déclarer que "diriger Marilyn, c’est comme diriger Lassie ; il faut faire quatorze prises pour obtenir l’aboiement adéquat" ! Mais les exemples d’antipathie entre le réalisateur viennois (qui sera néanmoins beaucoup plus patient avec une autre comédienne en proie au doute, Kim NOVAK, sur le tournage de son admirable film sur la dépendance aux narcotiques, "The man with the golden arm") sont légions, et dans son autobiographie, il s’en prendra surtout à la répétitrice de Marilyn sur le tournage, l’Allemande Natasha LYTESS, coupable selon lui, non seulement de gâcher le naturel ébouriffant de la comédienne mais aussi de réussir à déstabiliser le très jeune et pourtant déjà très professionnel Tommy RETTIG ("Les 5000 doigts du Dr.T"). Et PREMINGER de saluer l’initiative de Robert MITCHUM, sachant ramener sa partenaire à plus de simplicité à grand recours d’encouragements et au besoin... de puissantes bourrades sur le dos !  Quoi qu’il en soit, il est permis de penser que la comédienne n’a jamais été ni meilleure ni plus désirable que dans ce western. Offerte sans fard à l’objectif caressant de Joseph LaSHELLE, elle s’y révèle pour la première fois – et peut-être la dernière - femme sous toutes ses facettes : tantôt femme enfant aveuglée par un premier amour factice ; tantôt piquante et séductrice ; tantôt maternelle face au petit Mark, le ravissant d’une merveilleuse complainte en plein air et rajustant sa tenue vestimentaire devant ses yeux, sans aucune fausse pudeur ; tantôt amante, découvrant ses sentiments au cours d’une scène de massage entrée dans toutes les mémoires cinéphiles, mais qui aurait été tournée par Jean NEGULESCO, après une preview publique assez désastreuse ; loin, très loin, de l’image de fausse ingénue désarmante et charnelle dans laquelle elle resta trop souvent enfermée. C’est peu dire que chacune des chansons qu’elle interprète, tour à tour songeuse ("One silver dollar"), provocante ("I’m gonna file my claim"), épanouie ("Down in the meadow", donc) ou douloureusement nostalgique (la reprise finale de "River of no return") est comme un petit moment de paradis cinégénique.  Western de la plénitude, il est évident que "Rivière sans retour" doit aussi beaucoup au style de caméra de son réalisateur, qui abordait le format du Cinémascope pour la première fois de sa carrière. Immédiatement conquis (hormis "The man with the golden arm" et "Anatomy of a murder" toutes les réussites ultérieures du cinéaste s’exprimeront à travers ce format ou celui, cousin, du SuperPanavision 70) PREMINGER l’utilise comme un écrin pour valoriser, dans de très amples et très lents mouvements d’appareils, la majesté irréelle de cette nature sauvage des Rocheuses, œuvrant avant tout sur la profondeur de champs pour donner un relief saisissant à ces gorges creusées par le torrent tumultueux ou pour conférer des dimensions sans fins à une vallée encaissée entre deux massifs montagneux. Filmant comme il respire, il sait aussi traduire l’effervescence de cette nouvelle "Sodome et Gommorrhe" (dixit le fidèle acteur fordien Arthur SHIELDS dans son éternel emploi de prédicateur) que représente le camp de prospecteurs, découvert jusque dans les moindres strates offertes par l’accumulation géométrique des toiles de tentes dans le cadre, toutes grouillantes de vie, au rythme d’un travelling latéral effréné entrepris de droite à gauche après une courte hésitation et la retenue d’un cheval qui se cabre, surpris par la peur ; du grand art.  Après ce western de commande, PREMINGER vendra sa villa hollywoodienne pour racheter ses dernières années de contrat Fox à ZANUCK, et s’exilera à New York, berceau de ses premiers succès américains dans le théâtre. Il livrera alors une série de chefs-d’œuvre amorcée dès le film suivant, "Carmen Jones". Mais il ne reviendra malheureusement plus jamais au western. C’est fort dommage, car ne seraient-ce les inévitables transparences dues au sujet qui viennent parfois entacher la saisissante beauté de cet exaltant et très moral récit d’aventures, "River of no return" aurait sa place parmi les plus beaux fleurons du genre. Il s’en faut d’un rien.
1953 / Diverses photos sur le tournage du film "River of no return". / Rarement une ballade aura si parfaitement illustré l’étoffe du film dont elle agrémente la vision. Il y a peu d’action dans ce western nonchalant, et encore moins sous la forme de fusillades. Un puma, un duo de prospecteurs se dresseront sur le parcours du trio, puis enfin les Indiens, juste avant le face à face final à Council City, lui-même tronqué : une empoignade de plus, un coup de feu hors champs et ce sera terminé. C’est à peu près tout. Le reste du temps, comme pour "The Big Sky" de HAWKS, comme pour "Wagon Master" de FORD ou pour le trop méconnu "Across the wide Missouri" de WELLMAN, le récit se perdra en méandres et digressions dédramatisées, contemplatives et sensuelles, faisant avec un même bonheur un sort aux corps qui se livrent dans l’effort et aux âmes que la rivière, éternelle source purificatrice du western ("Bend of the river", "The naked spur"), se chargera de laver de leurs préjugés. Le dialogue lui-même se pare parfois d’une poésie solaire des plus inattendues dans le genre : - I had to get money to get out. When I met Harry he wanted the same thing. Then he won the claim. It was our big chance ; a chance for both of us to get away. - Where ? - Out of the lives we were both living. Some place where people live like human beings. - That’s in Heaven... - We weren’t thinking of going quite that far with it.  Au terme de cet itinéraire, épuisant mais rédempteur, Matt et Kay auront appris à se défaire de cette défiance d’autrui qui les coupe du monde, et à se défaire de cette pudeur qui les empêche de s’avouer leur amour mutuel.  La merveilleuse alchimie du couple MITCHUM - MONROE est pour beaucoup dans le ton heureux et serein de ce beau récit d’apprentissage ; la quiétude, la force tranquille et naturelle émanant du grand Bob, ici dans un emploi sur mesure, offrant un contrepoint parfait à la fragilité refoulée de Marilyn. Il est de notoriété publique que l’actrice s’entendit très mal avec son réalisateur, PREMINGER allant jusqu’à déclarer que "diriger Marilyn, c’est comme diriger Lassie ; il faut faire quatorze prises pour obtenir l’aboiement adéquat" ! Mais les exemples d’antipathie entre le réalisateur viennois (qui sera néanmoins beaucoup plus patient avec une autre comédienne en proie au doute, Kim NOVAK, sur le tournage de son admirable film sur la dépendance aux narcotiques, "The man with the golden arm") sont légions, et dans son autobiographie, il s’en prendra surtout à la répétitrice de Marilyn sur le tournage, l’Allemande Natasha LYTESS, coupable selon lui, non seulement de gâcher le naturel ébouriffant de la comédienne mais aussi de réussir à déstabiliser le très jeune et pourtant déjà très professionnel Tommy RETTIG ("Les 5000 doigts du Dr.T"). Et PREMINGER de saluer l’initiative de Robert MITCHUM, sachant ramener sa partenaire à plus de simplicité à grand recours d’encouragements et au besoin... de puissantes bourrades sur le dos !  Quoi qu’il en soit, il est permis de penser que la comédienne n’a jamais été ni meilleure ni plus désirable que dans ce western. Offerte sans fard à l’objectif caressant de Joseph LaSHELLE, elle s’y révèle pour la première fois – et peut-être la dernière - femme sous toutes ses facettes : tantôt femme enfant aveuglée par un premier amour factice ; tantôt piquante et séductrice ; tantôt maternelle face au petit Mark, le ravissant d’une merveilleuse complainte en plein air et rajustant sa tenue vestimentaire devant ses yeux, sans aucune fausse pudeur ; tantôt amante, découvrant ses sentiments au cours d’une scène de massage entrée dans toutes les mémoires cinéphiles, mais qui aurait été tournée par Jean NEGULESCO, après une preview publique assez désastreuse ; loin, très loin, de l’image de fausse ingénue désarmante et charnelle dans laquelle elle resta trop souvent enfermée. C’est peu dire que chacune des chansons qu’elle interprète, tour à tour songeuse ("One silver dollar"), provocante ("I’m gonna file my claim"), épanouie ("Down in the meadow", donc) ou douloureusement nostalgique (la reprise finale de "River of no return") est comme un petit moment de paradis cinégénique.  Western de la plénitude, il est évident que "Rivière sans retour" doit aussi beaucoup au style de caméra de son réalisateur, qui abordait le format du Cinémascope pour la première fois de sa carrière. Immédiatement conquis (hormis "The man with the golden arm" et "Anatomy of a murder" toutes les réussites ultérieures du cinéaste s’exprimeront à travers ce format ou celui, cousin, du SuperPanavision 70) PREMINGER l’utilise comme un écrin pour valoriser, dans de très amples et très lents mouvements d’appareils, la majesté irréelle de cette nature sauvage des Rocheuses, œuvrant avant tout sur la profondeur de champs pour donner un relief saisissant à ces gorges creusées par le torrent tumultueux ou pour conférer des dimensions sans fins à une vallée encaissée entre deux massifs montagneux. Filmant comme il respire, il sait aussi traduire l’effervescence de cette nouvelle "Sodome et Gommorrhe" (dixit le fidèle acteur fordien Arthur SHIELDS dans son éternel emploi de prédicateur) que représente le camp de prospecteurs, découvert jusque dans les moindres strates offertes par l’accumulation géométrique des toiles de tentes dans le cadre, toutes grouillantes de vie, au rythme d’un travelling latéral effréné entrepris de droite à gauche après une courte hésitation et la retenue d’un cheval qui se cabre, surpris par la peur ; du grand art.  Après ce western de commande, PREMINGER vendra sa villa hollywoodienne pour racheter ses dernières années de contrat Fox à ZANUCK, et s’exilera à New York, berceau de ses premiers succès américains dans le théâtre. Il livrera alors une série de chefs-d’œuvre amorcée dès le film suivant, "Carmen Jones". Mais il ne reviendra malheureusement plus jamais au western. C’est fort dommage, car ne seraient-ce les inévitables transparences dues au sujet qui viennent parfois entacher la saisissante beauté de cet exaltant et très moral récit d’aventures, "River of no return" aurait sa place parmi les plus beaux fleurons du genre. Il s’en faut d’un rien.
1953 / Diverses photos sur le tournage du film "River of no return". / Rarement une ballade aura si parfaitement illustré l’étoffe du film dont elle agrémente la vision. Il y a peu d’action dans ce western nonchalant, et encore moins sous la forme de fusillades. Un puma, un duo de prospecteurs se dresseront sur le parcours du trio, puis enfin les Indiens, juste avant le face à face final à Council City, lui-même tronqué : une empoignade de plus, un coup de feu hors champs et ce sera terminé. C’est à peu près tout. Le reste du temps, comme pour "The Big Sky" de HAWKS, comme pour "Wagon Master" de FORD ou pour le trop méconnu "Across the wide Missouri" de WELLMAN, le récit se perdra en méandres et digressions dédramatisées, contemplatives et sensuelles, faisant avec un même bonheur un sort aux corps qui se livrent dans l’effort et aux âmes que la rivière, éternelle source purificatrice du western ("Bend of the river", "The naked spur"), se chargera de laver de leurs préjugés. Le dialogue lui-même se pare parfois d’une poésie solaire des plus inattendues dans le genre : - I had to get money to get out. When I met Harry he wanted the same thing. Then he won the claim. It was our big chance ; a chance for both of us to get away. - Where ? - Out of the lives we were both living. Some place where people live like human beings. - That’s in Heaven... - We weren’t thinking of going quite that far with it.  Au terme de cet itinéraire, épuisant mais rédempteur, Matt et Kay auront appris à se défaire de cette défiance d’autrui qui les coupe du monde, et à se défaire de cette pudeur qui les empêche de s’avouer leur amour mutuel.  La merveilleuse alchimie du couple MITCHUM - MONROE est pour beaucoup dans le ton heureux et serein de ce beau récit d’apprentissage ; la quiétude, la force tranquille et naturelle émanant du grand Bob, ici dans un emploi sur mesure, offrant un contrepoint parfait à la fragilité refoulée de Marilyn. Il est de notoriété publique que l’actrice s’entendit très mal avec son réalisateur, PREMINGER allant jusqu’à déclarer que "diriger Marilyn, c’est comme diriger Lassie ; il faut faire quatorze prises pour obtenir l’aboiement adéquat" ! Mais les exemples d’antipathie entre le réalisateur viennois (qui sera néanmoins beaucoup plus patient avec une autre comédienne en proie au doute, Kim NOVAK, sur le tournage de son admirable film sur la dépendance aux narcotiques, "The man with the golden arm") sont légions, et dans son autobiographie, il s’en prendra surtout à la répétitrice de Marilyn sur le tournage, l’Allemande Natasha LYTESS, coupable selon lui, non seulement de gâcher le naturel ébouriffant de la comédienne mais aussi de réussir à déstabiliser le très jeune et pourtant déjà très professionnel Tommy RETTIG ("Les 5000 doigts du Dr.T"). Et PREMINGER de saluer l’initiative de Robert MITCHUM, sachant ramener sa partenaire à plus de simplicité à grand recours d’encouragements et au besoin... de puissantes bourrades sur le dos !  Quoi qu’il en soit, il est permis de penser que la comédienne n’a jamais été ni meilleure ni plus désirable que dans ce western. Offerte sans fard à l’objectif caressant de Joseph LaSHELLE, elle s’y révèle pour la première fois – et peut-être la dernière - femme sous toutes ses facettes : tantôt femme enfant aveuglée par un premier amour factice ; tantôt piquante et séductrice ; tantôt maternelle face au petit Mark, le ravissant d’une merveilleuse complainte en plein air et rajustant sa tenue vestimentaire devant ses yeux, sans aucune fausse pudeur ; tantôt amante, découvrant ses sentiments au cours d’une scène de massage entrée dans toutes les mémoires cinéphiles, mais qui aurait été tournée par Jean NEGULESCO, après une preview publique assez désastreuse ; loin, très loin, de l’image de fausse ingénue désarmante et charnelle dans laquelle elle resta trop souvent enfermée. C’est peu dire que chacune des chansons qu’elle interprète, tour à tour songeuse ("One silver dollar"), provocante ("I’m gonna file my claim"), épanouie ("Down in the meadow", donc) ou douloureusement nostalgique (la reprise finale de "River of no return") est comme un petit moment de paradis cinégénique.  Western de la plénitude, il est évident que "Rivière sans retour" doit aussi beaucoup au style de caméra de son réalisateur, qui abordait le format du Cinémascope pour la première fois de sa carrière. Immédiatement conquis (hormis "The man with the golden arm" et "Anatomy of a murder" toutes les réussites ultérieures du cinéaste s’exprimeront à travers ce format ou celui, cousin, du SuperPanavision 70) PREMINGER l’utilise comme un écrin pour valoriser, dans de très amples et très lents mouvements d’appareils, la majesté irréelle de cette nature sauvage des Rocheuses, œuvrant avant tout sur la profondeur de champs pour donner un relief saisissant à ces gorges creusées par le torrent tumultueux ou pour conférer des dimensions sans fins à une vallée encaissée entre deux massifs montagneux. Filmant comme il respire, il sait aussi traduire l’effervescence de cette nouvelle "Sodome et Gommorrhe" (dixit le fidèle acteur fordien Arthur SHIELDS dans son éternel emploi de prédicateur) que représente le camp de prospecteurs, découvert jusque dans les moindres strates offertes par l’accumulation géométrique des toiles de tentes dans le cadre, toutes grouillantes de vie, au rythme d’un travelling latéral effréné entrepris de droite à gauche après une courte hésitation et la retenue d’un cheval qui se cabre, surpris par la peur ; du grand art.  Après ce western de commande, PREMINGER vendra sa villa hollywoodienne pour racheter ses dernières années de contrat Fox à ZANUCK, et s’exilera à New York, berceau de ses premiers succès américains dans le théâtre. Il livrera alors une série de chefs-d’œuvre amorcée dès le film suivant, "Carmen Jones". Mais il ne reviendra malheureusement plus jamais au western. C’est fort dommage, car ne seraient-ce les inévitables transparences dues au sujet qui viennent parfois entacher la saisissante beauté de cet exaltant et très moral récit d’aventures, "River of no return" aurait sa place parmi les plus beaux fleurons du genre. Il s’en faut d’un rien.

ANALYSE ET CRITIQUE
"River of no return" tient une place à part dans la filmographie d'Otto PREMINGER, et pas seulement parce qu'il s'agit de sa seule incursion dans le genre alors triomphant du western. Il s'agit d'une commande de Darryl ZANUCK au réalisateur le plus prestigieux de son studio à cette date (1953) après le départ de Joseph L. MANKIEWICZ l'année précédente. MANKIEWICZ a définitivement dit non au système des studios après "Five Fingers" mais n'a pas encore livré son premier film indépendant (ce sera "The Barefoot Contessa"). PREMINGER quant à lui a profité des largesses du mogul, autrefois son adversaire déclaré et désormais son plus puissant supporter : il a pu mener à bien son premier projet indépendant, "The moon is blue", distribué par United Artists. Et avec quel succès ! Néanmoins il doit encore quelques années de contrat et la livraison d'au moins un film à la Fox. Les années de contrat, il les rachètera. Mais il n'est pas en mesure de refuser cette commande un peu particulière : pour la première fois depuis "Forever Amber" en 1947, il ne sera pas son propre producteur délégué. Même dans le cadre de son prêt à Howard HUGHES, un an plus tôt pour le tournage d'"Angel Face" dans les studios de la RKO, il avait conservé ces prérogatives.
 
Pourquoi ZANUCK exige-t-il la collaboration de son protégé pour ce western ? Parce que le film doit asseoir la popularité ascendante de Marilyn MONROE, dont les succès coup sur coup dans "Niagara" de Henry HATHAWAY, dans "Gentlemen prefer blondes" de Howard HAWKS et, triomphale, dans le pourtant très médiocre "How to marry a millionnaire" de Jean NEGULESCO viennent de faire rentrer beaucoup d'argent dans les tiroirs-caisses de la 20th Century-Fox.

Après tout, l'occasion de diriger la nouvelle merveille du studio ne se refuse pas et l'idée de profiter d'un tournage en extérieur sur les sites grandioses de la province canadienne de l'Alberta n'est pas pour déplaire au réalisateur. Et surtout, c'est l'occasion pour lui de retrouver Robert MITCHUM, un comédien qu'il apprécie tout particulièrement depuis leur collaboration sur "Angel face". Un Robert MITCHUM qui, lui, semble moins enthousiaste. Il ne se lassera jamais de qualifier ce western de Picture of no return !
 
Au premier abord, l'histoire de "River of no return" semble nettement plus marquée par les thèmes chers au scénariste Frank FENTON que par les obsessions premingeriennes. Nous relèverons la récurrence de l'itinéraire physique bien sûr, qui privilégie les dangers naturels aux menaces humaines (indiennes) et qui renvoie à "The wild north" d'Andrew MARTON qu'interprétaient Wendell COREY, Stewart GRANGER et Cyd CHARISSE et surtout à cet autre sommet, "Garden of evil" de Henry HATHAWAY avec le trio Gary COOPER, Susan HAYWARD et Richard WIDMARK. Et de façon plus ostentatoire encore, nous retrouvons ce recours à la structure du trio dans lequel la femme est tiraillée entre une fidélité presque masochiste à son compagnon et une attirance physique irrépressible pour un homme que tout, à priori, semble séparer d'elle : "Garden of evil" encore, et surtout "Ride, vaquero !" de John FARROW, western baroque doublé d'une allégorie religieuse dans lequel, pour le salut de son époux Howard KEEL, Ava GARDNER était tout proche, devant les yeux du ténébreux Robert TAYLOR dont elle était pourtant déjà éprise, de s'offrir au bandit Anthony QUINN. Marilyn n'agira pas si différemment ici lorsqu'elle entreprendra - sans trop avoir à se forcer au regard des sentiments qu'elle a déjà manifestement commencer à développer à son endroit - de séduire le placide Robert MITCHUM, espérant ainsi le distraire de son obsession de vengeance. Il serait plus exact de dire : d'allumer le pauvre MITCHUM, jusqu'à lui faire perdre la tête et de risquer un viol brutal, tout juste interrompu par les cris d'alarme de Mark.
 
Là réapparaît la "Preminger's touch" : dans cette franchise sensuelle, dans cette transparence du style mettant à nus les corps comme les âmes. Matt CALDER n'est pas que l'icône d'une sagesse exemplaire jetée en pâture au regard admiratif de son fils ; c'est avant tout un homme au passé troublé par un incident tragique, tentant de se reconstruire, psychologiquement et physiquement. Et comme tout héros participant du mythe de Robert MITCHUM, c'est un homme qui ne se confie pas ; ni morphologiquement, ni bien sûr verbalement. Mais lorsqu'il se jette sur Marilyn pour l'immobiliser et la prendre de force au cours d'une séquence très peu suggestive qui évoque à plus d'un titre l'interception et la maîtrise de Dorothy DANDRIDGE par Harry BELAFONTE dans le futur "Carmen Jones", c'est toute la dualité de son personnage, ses frustrations d'homme reclus par plusieurs années d'emprisonnement, qu'il exprime avec une évidence patente et indélébile. Et ce n'est que lorsque Mark aura appréhendé cette évidence et accepté son père avec ses forces et ses faiblesses, que son apprentissage filial sera achevé.
'There is a River
Called the River of No Return.
Sometimes it's peaceful,
And sometimes wild and free.
Love is a traveller
On the River of No Return,
Swept on forever
To be lost
In the stormy sea.'
1953 / Diverses photos sur le tournage du film "River of no return". / Rarement une ballade aura si parfaitement illustré l’étoffe du film dont elle agrémente la vision. Il y a peu d’action dans ce western nonchalant, et encore moins sous la forme de fusillades. Un puma, un duo de prospecteurs se dresseront sur le parcours du trio, puis enfin les Indiens, juste avant le face à face final à Council City, lui-même tronqué : une empoignade de plus, un coup de feu hors champs et ce sera terminé. C’est à peu près tout. Le reste du temps, comme pour "The Big Sky" de HAWKS, comme pour "Wagon Master" de FORD ou pour le trop méconnu "Across the wide Missouri" de WELLMAN, le récit se perdra en méandres et digressions dédramatisées, contemplatives et sensuelles, faisant avec un même bonheur un sort aux corps qui se livrent dans l’effort et aux âmes que la rivière, éternelle source purificatrice du western ("Bend of the river", "The naked spur"), se chargera de laver de leurs préjugés. Le dialogue lui-même se pare parfois d’une poésie solaire des plus inattendues dans le genre : - I had to get money to get out. When I met Harry he wanted the same thing. Then he won the claim. It was our big chance ; a chance for both of us to get away. - Where ? - Out of the lives we were both living. Some place where people live like human beings. - That’s in Heaven... - We weren’t thinking of going quite that far with it.  Au terme de cet itinéraire, épuisant mais rédempteur, Matt et Kay auront appris à se défaire de cette défiance d’autrui qui les coupe du monde, et à se défaire de cette pudeur qui les empêche de s’avouer leur amour mutuel.  La merveilleuse alchimie du couple MITCHUM - MONROE est pour beaucoup dans le ton heureux et serein de ce beau récit d’apprentissage ; la quiétude, la force tranquille et naturelle émanant du grand Bob, ici dans un emploi sur mesure, offrant un contrepoint parfait à la fragilité refoulée de Marilyn. Il est de notoriété publique que l’actrice s’entendit très mal avec son réalisateur, PREMINGER allant jusqu’à déclarer que "diriger Marilyn, c’est comme diriger Lassie ; il faut faire quatorze prises pour obtenir l’aboiement adéquat" ! Mais les exemples d’antipathie entre le réalisateur viennois (qui sera néanmoins beaucoup plus patient avec une autre comédienne en proie au doute, Kim NOVAK, sur le tournage de son admirable film sur la dépendance aux narcotiques, "The man with the golden arm") sont légions, et dans son autobiographie, il s’en prendra surtout à la répétitrice de Marilyn sur le tournage, l’Allemande Natasha LYTESS, coupable selon lui, non seulement de gâcher le naturel ébouriffant de la comédienne mais aussi de réussir à déstabiliser le très jeune et pourtant déjà très professionnel Tommy RETTIG ("Les 5000 doigts du Dr.T"). Et PREMINGER de saluer l’initiative de Robert MITCHUM, sachant ramener sa partenaire à plus de simplicité à grand recours d’encouragements et au besoin... de puissantes bourrades sur le dos !  Quoi qu’il en soit, il est permis de penser que la comédienne n’a jamais été ni meilleure ni plus désirable que dans ce western. Offerte sans fard à l’objectif caressant de Joseph LaSHELLE, elle s’y révèle pour la première fois – et peut-être la dernière - femme sous toutes ses facettes : tantôt femme enfant aveuglée par un premier amour factice ; tantôt piquante et séductrice ; tantôt maternelle face au petit Mark, le ravissant d’une merveilleuse complainte en plein air et rajustant sa tenue vestimentaire devant ses yeux, sans aucune fausse pudeur ; tantôt amante, découvrant ses sentiments au cours d’une scène de massage entrée dans toutes les mémoires cinéphiles, mais qui aurait été tournée par Jean NEGULESCO, après une preview publique assez désastreuse ; loin, très loin, de l’image de fausse ingénue désarmante et charnelle dans laquelle elle resta trop souvent enfermée. C’est peu dire que chacune des chansons qu’elle interprète, tour à tour songeuse ("One silver dollar"), provocante ("I’m gonna file my claim"), épanouie ("Down in the meadow", donc) ou douloureusement nostalgique (la reprise finale de "River of no return") est comme un petit moment de paradis cinégénique.  Western de la plénitude, il est évident que "Rivière sans retour" doit aussi beaucoup au style de caméra de son réalisateur, qui abordait le format du Cinémascope pour la première fois de sa carrière. Immédiatement conquis (hormis "The man with the golden arm" et "Anatomy of a murder" toutes les réussites ultérieures du cinéaste s’exprimeront à travers ce format ou celui, cousin, du SuperPanavision 70) PREMINGER l’utilise comme un écrin pour valoriser, dans de très amples et très lents mouvements d’appareils, la majesté irréelle de cette nature sauvage des Rocheuses, œuvrant avant tout sur la profondeur de champs pour donner un relief saisissant à ces gorges creusées par le torrent tumultueux ou pour conférer des dimensions sans fins à une vallée encaissée entre deux massifs montagneux. Filmant comme il respire, il sait aussi traduire l’effervescence de cette nouvelle "Sodome et Gommorrhe" (dixit le fidèle acteur fordien Arthur SHIELDS dans son éternel emploi de prédicateur) que représente le camp de prospecteurs, découvert jusque dans les moindres strates offertes par l’accumulation géométrique des toiles de tentes dans le cadre, toutes grouillantes de vie, au rythme d’un travelling latéral effréné entrepris de droite à gauche après une courte hésitation et la retenue d’un cheval qui se cabre, surpris par la peur ; du grand art.  Après ce western de commande, PREMINGER vendra sa villa hollywoodienne pour racheter ses dernières années de contrat Fox à ZANUCK, et s’exilera à New York, berceau de ses premiers succès américains dans le théâtre. Il livrera alors une série de chefs-d’œuvre amorcée dès le film suivant, "Carmen Jones". Mais il ne reviendra malheureusement plus jamais au western. C’est fort dommage, car ne seraient-ce les inévitables transparences dues au sujet qui viennent parfois entacher la saisissante beauté de cet exaltant et très moral récit d’aventures, "River of no return" aurait sa place parmi les plus beaux fleurons du genre. Il s’en faut d’un rien.

Tags : 1953 - River of no return - John VACHON

1953 / Marilyn blessée à la cheville lors du tournage d'une scène du film "River of no return", dans sa chambre d'Hôtel, ou s'esseyant au golf, sous l'objectif du photographe John VACHON. 11/01/2017

1953 / Marilyn blessée à la cheville lors du tournage d'une scène du film "River of no return", dans sa chambre d'Hôtel, ou s'esseyant au golf, sous l'objectif du photographe John VACHON.
1953 / Marilyn blessée à la cheville lors du tournage d'une scène du film "River of no return", dans sa chambre d'Hôtel, ou s'esseyant au golf, sous l'objectif du photographe John VACHON.
1953 / Marilyn blessée à la cheville lors du tournage d'une scène du film "River of no return", dans sa chambre d'Hôtel, ou s'esseyant au golf, sous l'objectif du photographe John VACHON.
1953 / Marilyn blessée à la cheville lors du tournage d'une scène du film "River of no return", dans sa chambre d'Hôtel, ou s'esseyant au golf, sous l'objectif du photographe John VACHON.
1953 / Marilyn blessée à la cheville lors du tournage d'une scène du film "River of no return", dans sa chambre d'Hôtel, ou s'esseyant au golf, sous l'objectif du photographe John VACHON.
1953 / Marilyn blessée à la cheville lors du tournage d'une scène du film "River of no return", dans sa chambre d'Hôtel, ou s'esseyant au golf, sous l'objectif du photographe John VACHON.
1953 / Marilyn blessée à la cheville lors du tournage d'une scène du film "River of no return", dans sa chambre d'Hôtel, ou s'esseyant au golf, sous l'objectif du photographe John VACHON.
1953 / Marilyn blessée à la cheville lors du tournage d'une scène du film "River of no return", dans sa chambre d'Hôtel, ou s'esseyant au golf, sous l'objectif du photographe John VACHON.

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1953 / Sur les traces de Marilyn à Banff, Canada, lors du tournage des extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif du photographe John VACHON. 09/11/2016

1953 / Sur les traces de Marilyn à Banff, Canada, lors du tournage des extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif du photographe John VACHON.
1953 / Sur les traces de Marilyn à Banff, Canada, lors du tournage des extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif du photographe John VACHON.
1953 / Sur les traces de Marilyn à Banff, Canada, lors du tournage des extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif du photographe John VACHON.
1953 / Sur les traces de Marilyn à Banff, Canada, lors du tournage des extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif du photographe John VACHON.
1953 / Sur les traces de Marilyn à Banff, Canada, lors du tournage des extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif du photographe John VACHON.
1953 / Sur les traces de Marilyn à Banff, Canada, lors du tournage des extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif du photographe John VACHON.
1953 / Sur les traces de Marilyn à Banff, Canada, lors du tournage des extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif du photographe John VACHON.
1953 / Sur les traces de Marilyn à Banff, Canada, lors du tournage des extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif du photographe John VACHON.

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1953 / (PART II) Lors du tournage du film "River of no return". 17/07/2016

1953 / (PART II) Lors du tournage du film "River of no return".
1953 / (PART II) Lors du tournage du film "River of no return".
1953 / (PART II) Lors du tournage du film "River of no return".
1953 / (PART II) Lors du tournage du film "River of no return".
1953 / (PART II) Lors du tournage du film "River of no return".
1953 / (PART II) Lors du tournage du film "River of no return".
1953 / (PART II) Lors du tournage du film "River of no return".

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1953 / Marilyn découvrant les alentours de Banff (Canada) lors de son séjour, où elle s'est rendue afin de tourner les extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif de John VACHON. 23/04/2016

1953 / Marilyn découvrant les alentours de Banff (Canada) lors de son séjour, où elle s'est rendue afin de tourner les extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif de John VACHON.
1953 / Marilyn découvrant les alentours de Banff (Canada) lors de son séjour, où elle s'est rendue afin de tourner les extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif de John VACHON.
1953 / Marilyn découvrant les alentours de Banff (Canada) lors de son séjour, où elle s'est rendue afin de tourner les extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif de John VACHON.
1953 / Marilyn découvrant les alentours de Banff (Canada) lors de son séjour, où elle s'est rendue afin de tourner les extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif de John VACHON.
1953 / Marilyn découvrant les alentours de Banff (Canada) lors de son séjour, où elle s'est rendue afin de tourner les extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif de John VACHON.
1953 / Marilyn découvrant les alentours de Banff (Canada) lors de son séjour, où elle s'est rendue afin de tourner les extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif de John VACHON.
1953 / Marilyn découvrant les alentours de Banff (Canada) lors de son séjour, où elle s'est rendue afin de tourner les extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif de John VACHON.
1953 / Marilyn découvrant les alentours de Banff (Canada) lors de son séjour, où elle s'est rendue afin de tourner les extérieurs du film "River of no return", sous l'objectif de John VACHON.

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1953 / Marilyn lors du tournage du film "River of no return". 28/03/2016

1953 / Marilyn lors du tournage du film "River of no return".
1953 / Marilyn lors du tournage du film "River of no return".
1953 / Marilyn lors du tournage du film "River of no return".
1953 / Marilyn lors du tournage du film "River of no return".
1953 / Marilyn lors du tournage du film "River of no return".
1953 / Marilyn lors du tournage du film "River of no return".
1953 / Marilyn lors du tournage du film "River of no return".
1953 / Marilyn lors du tournage du film "River of no return".

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19 Août 1953 / Marilyn dans sa chambre d'hôtel à Banff, dans les rocheuses canadiennes, où elle loge pour les besoins des extérieurs du film "River of no return" ; photos signées John VACHON. 22/03/2016

19 Août 1953 / Marilyn dans sa chambre d'hôtel à Banff, dans les rocheuses canadiennes, où elle loge pour les besoins des extérieurs du film "River of no return" ; photos signées John VACHON.
19 Août 1953 / Marilyn dans sa chambre d'hôtel à Banff, dans les rocheuses canadiennes, où elle loge pour les besoins des extérieurs du film "River of no return" ; photos signées John VACHON.
19 Août 1953 / Marilyn dans sa chambre d'hôtel à Banff, dans les rocheuses canadiennes, où elle loge pour les besoins des extérieurs du film "River of no return" ; photos signées John VACHON.
19 Août 1953 / Marilyn dans sa chambre d'hôtel à Banff, dans les rocheuses canadiennes, où elle loge pour les besoins des extérieurs du film "River of no return" ; photos signées John VACHON.
19 Août 1953 / Marilyn dans sa chambre d'hôtel à Banff, dans les rocheuses canadiennes, où elle loge pour les besoins des extérieurs du film "River of no return" ; photos signées John VACHON.
19 Août 1953 / Marilyn dans sa chambre d'hôtel à Banff, dans les rocheuses canadiennes, où elle loge pour les besoins des extérieurs du film "River of no return" ; photos signées John VACHON.
19 Août 1953 / Marilyn dans sa chambre d'hôtel à Banff, dans les rocheuses canadiennes, où elle loge pour les besoins des extérieurs du film "River of no return" ; photos signées John VACHON.
19 Août 1953 / Marilyn dans sa chambre d'hôtel à Banff, dans les rocheuses canadiennes, où elle loge pour les besoins des extérieurs du film "River of no return" ; photos signées John VACHON.

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1953 / « Hollywood débarque au Canada ! » (Pendant l’été 1953, on filme deux autres westerns dans les Rocheuses, et l’hôtel "Banff Springs" sert de Q.G.) Plutôt habitué à tirer platement le portrait de l’Américain moyen, John VACHON ne sait pas trop par quel bout de la lorgnette honorer cette affectation. Dans des lettres envoyées à sa femme, il se moque du vedettariat et de l’entourage zélé de Marilyn, qui se dresse entre lui et son modèle. Puis, la nouvelle tombe qu’elle s’est blessée la cheville sur le plateau de tournage. « Marilyn a failli se noyer ! » titre en une le journal local. Pour le photographe, c’est une bénédiction. Enfin, Marilyn prendra la pose, avec béquilles et le reste. John VACHON s’étonne d’être sous le charme. Il trouve Marilyn amicale, adorable, et est agréablement surpris par son côté terre à terre qui pointe sous la surface glamour. (De l’hôtel, il dira à la blague : « Vraiment superbe, si ce genre de chose t’allume. ») Seulement trois clichés paraîtront dans "LOOK", alors que les inédits dévoilent une facette plus fofolle de l’actrice. Une photo la représente à flanc de montagne, sur un télésiège, imitant le salut de la reine d’Angleterre ; sur une autre, elle frappe un coup de départ au golf du "Banff Springs", la taille moulée dans une jupe crayon, la cheville bandée. Elle semble heureuse de jouer le jeu pour un magazine, qu’elle rajuste l’uniforme d’une « police montée » ou fasse la moue au bord de la piscine. 12/03/2016


1953 / « Hollywood débarque au Canada ! » (Pendant l’été 1953, on filme deux autres westerns dans les Rocheuses, et l’hôtel "Banff Springs" sert de Q.G.) Plutôt habitué à tirer platement le portrait de l’Américain moyen, John VACHON ne sait pas trop par quel bout de la lorgnette honorer cette affectation. Dans des lettres envoyées à sa femme, il se moque du vedettariat et de l’entourage zélé de Marilyn, qui se dresse entre lui et son modèle. Puis, la nouvelle tombe qu’elle s’est blessée la cheville sur le plateau de tournage. « Marilyn a failli se noyer ! » titre en une le journal local. Pour le photographe, c’est une bénédiction. Enfin, Marilyn prendra la pose, avec béquilles et le reste. John VACHON s’étonne d’être sous le charme. Il trouve Marilyn amicale, adorable, et est agréablement surpris par son côté terre à terre qui pointe sous la surface glamour. (De l’hôtel, il dira à la blague : « Vraiment superbe, si ce genre de chose t’allume. ») Seulement trois clichés paraîtront dans "LOOK", alors que les inédits dévoilent une facette plus fofolle de l’actrice. Une photo la représente à flanc de montagne, sur un télésiège, imitant le salut de la reine d’Angleterre ; sur une autre, elle frappe un coup de départ au golf du "Banff Springs", la taille moulée dans une jupe crayon, la cheville bandée. Elle semble heureuse de jouer le jeu pour un magazine, qu’elle rajuste l’uniforme d’une « police montée » ou fasse la moue au bord de la piscine.
1953 / « Hollywood débarque au Canada ! » (Pendant l’été 1953, on filme deux autres westerns dans les Rocheuses, et l’hôtel "Banff Springs" sert de Q.G.) Plutôt habitué à tirer platement le portrait de l’Américain moyen, John VACHON ne sait pas trop par quel bout de la lorgnette honorer cette affectation. Dans des lettres envoyées à sa femme, il se moque du vedettariat et de l’entourage zélé de Marilyn, qui se dresse entre lui et son modèle. Puis, la nouvelle tombe qu’elle s’est blessée la cheville sur le plateau de tournage. « Marilyn a failli se noyer ! » titre en une le journal local. Pour le photographe, c’est une bénédiction. Enfin, Marilyn prendra la pose, avec béquilles et le reste. John VACHON s’étonne d’être sous le charme. Il trouve Marilyn amicale, adorable, et est agréablement surpris par son côté terre à terre qui pointe sous la surface glamour. (De l’hôtel, il dira à la blague : « Vraiment superbe, si ce genre de chose t’allume. ») Seulement trois clichés paraîtront dans "LOOK", alors que les inédits dévoilent une facette plus fofolle de l’actrice. Une photo la représente à flanc de montagne, sur un télésiège, imitant le salut de la reine d’Angleterre ; sur une autre, elle frappe un coup de départ au golf du "Banff Springs", la taille moulée dans une jupe crayon, la cheville bandée. Elle semble heureuse de jouer le jeu pour un magazine, qu’elle rajuste l’uniforme d’une « police montée » ou fasse la moue au bord de la piscine.
1953 / « Hollywood débarque au Canada ! » (Pendant l’été 1953, on filme deux autres westerns dans les Rocheuses, et l’hôtel "Banff Springs" sert de Q.G.) Plutôt habitué à tirer platement le portrait de l’Américain moyen, John VACHON ne sait pas trop par quel bout de la lorgnette honorer cette affectation. Dans des lettres envoyées à sa femme, il se moque du vedettariat et de l’entourage zélé de Marilyn, qui se dresse entre lui et son modèle. Puis, la nouvelle tombe qu’elle s’est blessée la cheville sur le plateau de tournage. « Marilyn a failli se noyer ! » titre en une le journal local. Pour le photographe, c’est une bénédiction. Enfin, Marilyn prendra la pose, avec béquilles et le reste. John VACHON s’étonne d’être sous le charme. Il trouve Marilyn amicale, adorable, et est agréablement surpris par son côté terre à terre qui pointe sous la surface glamour. (De l’hôtel, il dira à la blague : « Vraiment superbe, si ce genre de chose t’allume. ») Seulement trois clichés paraîtront dans "LOOK", alors que les inédits dévoilent une facette plus fofolle de l’actrice. Une photo la représente à flanc de montagne, sur un télésiège, imitant le salut de la reine d’Angleterre ; sur une autre, elle frappe un coup de départ au golf du "Banff Springs", la taille moulée dans une jupe crayon, la cheville bandée. Elle semble heureuse de jouer le jeu pour un magazine, qu’elle rajuste l’uniforme d’une « police montée » ou fasse la moue au bord de la piscine.
1953 / « Hollywood débarque au Canada ! » (Pendant l’été 1953, on filme deux autres westerns dans les Rocheuses, et l’hôtel "Banff Springs" sert de Q.G.) Plutôt habitué à tirer platement le portrait de l’Américain moyen, John VACHON ne sait pas trop par quel bout de la lorgnette honorer cette affectation. Dans des lettres envoyées à sa femme, il se moque du vedettariat et de l’entourage zélé de Marilyn, qui se dresse entre lui et son modèle. Puis, la nouvelle tombe qu’elle s’est blessée la cheville sur le plateau de tournage. « Marilyn a failli se noyer ! » titre en une le journal local. Pour le photographe, c’est une bénédiction. Enfin, Marilyn prendra la pose, avec béquilles et le reste. John VACHON s’étonne d’être sous le charme. Il trouve Marilyn amicale, adorable, et est agréablement surpris par son côté terre à terre qui pointe sous la surface glamour. (De l’hôtel, il dira à la blague : « Vraiment superbe, si ce genre de chose t’allume. ») Seulement trois clichés paraîtront dans "LOOK", alors que les inédits dévoilent une facette plus fofolle de l’actrice. Une photo la représente à flanc de montagne, sur un télésiège, imitant le salut de la reine d’Angleterre ; sur une autre, elle frappe un coup de départ au golf du "Banff Springs", la taille moulée dans une jupe crayon, la cheville bandée. Elle semble heureuse de jouer le jeu pour un magazine, qu’elle rajuste l’uniforme d’une « police montée » ou fasse la moue au bord de la piscine.
1953 / « Hollywood débarque au Canada ! » (Pendant l’été 1953, on filme deux autres westerns dans les Rocheuses, et l’hôtel "Banff Springs" sert de Q.G.) Plutôt habitué à tirer platement le portrait de l’Américain moyen, John VACHON ne sait pas trop par quel bout de la lorgnette honorer cette affectation. Dans des lettres envoyées à sa femme, il se moque du vedettariat et de l’entourage zélé de Marilyn, qui se dresse entre lui et son modèle. Puis, la nouvelle tombe qu’elle s’est blessée la cheville sur le plateau de tournage. « Marilyn a failli se noyer ! » titre en une le journal local. Pour le photographe, c’est une bénédiction. Enfin, Marilyn prendra la pose, avec béquilles et le reste. John VACHON s’étonne d’être sous le charme. Il trouve Marilyn amicale, adorable, et est agréablement surpris par son côté terre à terre qui pointe sous la surface glamour. (De l’hôtel, il dira à la blague : « Vraiment superbe, si ce genre de chose t’allume. ») Seulement trois clichés paraîtront dans "LOOK", alors que les inédits dévoilent une facette plus fofolle de l’actrice. Une photo la représente à flanc de montagne, sur un télésiège, imitant le salut de la reine d’Angleterre ; sur une autre, elle frappe un coup de départ au golf du "Banff Springs", la taille moulée dans une jupe crayon, la cheville bandée. Elle semble heureuse de jouer le jeu pour un magazine, qu’elle rajuste l’uniforme d’une « police montée » ou fasse la moue au bord de la piscine.
1953 / « Hollywood débarque au Canada ! » (Pendant l’été 1953, on filme deux autres westerns dans les Rocheuses, et l’hôtel "Banff Springs" sert de Q.G.) Plutôt habitué à tirer platement le portrait de l’Américain moyen, John VACHON ne sait pas trop par quel bout de la lorgnette honorer cette affectation. Dans des lettres envoyées à sa femme, il se moque du vedettariat et de l’entourage zélé de Marilyn, qui se dresse entre lui et son modèle. Puis, la nouvelle tombe qu’elle s’est blessée la cheville sur le plateau de tournage. « Marilyn a failli se noyer ! » titre en une le journal local. Pour le photographe, c’est une bénédiction. Enfin, Marilyn prendra la pose, avec béquilles et le reste. John VACHON s’étonne d’être sous le charme. Il trouve Marilyn amicale, adorable, et est agréablement surpris par son côté terre à terre qui pointe sous la surface glamour. (De l’hôtel, il dira à la blague : « Vraiment superbe, si ce genre de chose t’allume. ») Seulement trois clichés paraîtront dans "LOOK", alors que les inédits dévoilent une facette plus fofolle de l’actrice. Une photo la représente à flanc de montagne, sur un télésiège, imitant le salut de la reine d’Angleterre ; sur une autre, elle frappe un coup de départ au golf du "Banff Springs", la taille moulée dans une jupe crayon, la cheville bandée. Elle semble heureuse de jouer le jeu pour un magazine, qu’elle rajuste l’uniforme d’une « police montée » ou fasse la moue au bord de la piscine.
1953 / « Hollywood débarque au Canada ! » (Pendant l’été 1953, on filme deux autres westerns dans les Rocheuses, et l’hôtel "Banff Springs" sert de Q.G.) Plutôt habitué à tirer platement le portrait de l’Américain moyen, John VACHON ne sait pas trop par quel bout de la lorgnette honorer cette affectation. Dans des lettres envoyées à sa femme, il se moque du vedettariat et de l’entourage zélé de Marilyn, qui se dresse entre lui et son modèle. Puis, la nouvelle tombe qu’elle s’est blessée la cheville sur le plateau de tournage. « Marilyn a failli se noyer ! » titre en une le journal local. Pour le photographe, c’est une bénédiction. Enfin, Marilyn prendra la pose, avec béquilles et le reste. John VACHON s’étonne d’être sous le charme. Il trouve Marilyn amicale, adorable, et est agréablement surpris par son côté terre à terre qui pointe sous la surface glamour. (De l’hôtel, il dira à la blague : « Vraiment superbe, si ce genre de chose t’allume. ») Seulement trois clichés paraîtront dans "LOOK", alors que les inédits dévoilent une facette plus fofolle de l’actrice. Une photo la représente à flanc de montagne, sur un télésiège, imitant le salut de la reine d’Angleterre ; sur une autre, elle frappe un coup de départ au golf du "Banff Springs", la taille moulée dans une jupe crayon, la cheville bandée. Elle semble heureuse de jouer le jeu pour un magazine, qu’elle rajuste l’uniforme d’une « police montée » ou fasse la moue au bord de la piscine.
1953 / « Hollywood débarque au Canada ! » (Pendant l’été 1953, on filme deux autres westerns dans les Rocheuses, et l’hôtel "Banff Springs" sert de Q.G.) Plutôt habitué à tirer platement le portrait de l’Américain moyen, John VACHON ne sait pas trop par quel bout de la lorgnette honorer cette affectation. Dans des lettres envoyées à sa femme, il se moque du vedettariat et de l’entourage zélé de Marilyn, qui se dresse entre lui et son modèle. Puis, la nouvelle tombe qu’elle s’est blessée la cheville sur le plateau de tournage. « Marilyn a failli se noyer ! » titre en une le journal local. Pour le photographe, c’est une bénédiction. Enfin, Marilyn prendra la pose, avec béquilles et le reste. John VACHON s’étonne d’être sous le charme. Il trouve Marilyn amicale, adorable, et est agréablement surpris par son côté terre à terre qui pointe sous la surface glamour. (De l’hôtel, il dira à la blague : « Vraiment superbe, si ce genre de chose t’allume. ») Seulement trois clichés paraîtront dans "LOOK", alors que les inédits dévoilent une facette plus fofolle de l’actrice. Une photo la représente à flanc de montagne, sur un télésiège, imitant le salut de la reine d’Angleterre ; sur une autre, elle frappe un coup de départ au golf du "Banff Springs", la taille moulée dans une jupe crayon, la cheville bandée. Elle semble heureuse de jouer le jeu pour un magazine, qu’elle rajuste l’uniforme d’une « police montée » ou fasse la moue au bord de la piscine.

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1953 / (Photos John VACHON) Quand Joe va rejoindre sa belle au Canada alors que Marilyn tourne les extérieurs du film "River of no return" ; Les deux dernières semaines de tournage, DiMAGGIO arriva, accompagné de son ami new-yorkais, George SOLOTAIRE. Pendant que Marilyn tournait, Joe allait à la chasse ou à la pêche, puis l’attendait dans leur bungalow à Jasper (Alberta) (un de ces Becker’s Bungalows où toute l’équipe du film avait trouvé à se loger) ou au "Mount Royal Hotel" à Banff lorsque la production émigra vers un nouveau décor. DiMAGGIO initia Marilyn au golf. 02/03/2016

1953 / (Photos John VACHON) Quand Joe va rejoindre sa belle au Canada alors que Marilyn tourne les extérieurs du film "River of no return" ; Les deux dernières semaines de tournage, DiMAGGIO arriva, accompagné de son ami new-yorkais, George SOLOTAIRE. Pendant que Marilyn tournait, Joe allait à la chasse ou à la pêche, puis l’attendait dans leur bungalow à Jasper (Alberta) (un de ces Becker’s Bungalows où toute l’équipe du film avait trouvé à se loger) ou au "Mount Royal Hotel" à Banff lorsque la production  émigra vers un nouveau décor. DiMAGGIO initia Marilyn au golf.
1953 / (Photos John VACHON) Quand Joe va rejoindre sa belle au Canada alors que Marilyn tourne les extérieurs du film "River of no return" ; Les deux dernières semaines de tournage, DiMAGGIO arriva, accompagné de son ami new-yorkais, George SOLOTAIRE. Pendant que Marilyn tournait, Joe allait à la chasse ou à la pêche, puis l’attendait dans leur bungalow à Jasper (Alberta) (un de ces Becker’s Bungalows où toute l’équipe du film avait trouvé à se loger) ou au "Mount Royal Hotel" à Banff lorsque la production  émigra vers un nouveau décor. DiMAGGIO initia Marilyn au golf.
1953 / (Photos John VACHON) Quand Joe va rejoindre sa belle au Canada alors que Marilyn tourne les extérieurs du film "River of no return" ; Les deux dernières semaines de tournage, DiMAGGIO arriva, accompagné de son ami new-yorkais, George SOLOTAIRE. Pendant que Marilyn tournait, Joe allait à la chasse ou à la pêche, puis l’attendait dans leur bungalow à Jasper (Alberta) (un de ces Becker’s Bungalows où toute l’équipe du film avait trouvé à se loger) ou au "Mount Royal Hotel" à Banff lorsque la production  émigra vers un nouveau décor. DiMAGGIO initia Marilyn au golf.
1953 / (Photos John VACHON) Quand Joe va rejoindre sa belle au Canada alors que Marilyn tourne les extérieurs du film "River of no return" ; Les deux dernières semaines de tournage, DiMAGGIO arriva, accompagné de son ami new-yorkais, George SOLOTAIRE. Pendant que Marilyn tournait, Joe allait à la chasse ou à la pêche, puis l’attendait dans leur bungalow à Jasper (Alberta) (un de ces Becker’s Bungalows où toute l’équipe du film avait trouvé à se loger) ou au "Mount Royal Hotel" à Banff lorsque la production  émigra vers un nouveau décor. DiMAGGIO initia Marilyn au golf.
1953 / (Photos John VACHON) Quand Joe va rejoindre sa belle au Canada alors que Marilyn tourne les extérieurs du film "River of no return" ; Les deux dernières semaines de tournage, DiMAGGIO arriva, accompagné de son ami new-yorkais, George SOLOTAIRE. Pendant que Marilyn tournait, Joe allait à la chasse ou à la pêche, puis l’attendait dans leur bungalow à Jasper (Alberta) (un de ces Becker’s Bungalows où toute l’équipe du film avait trouvé à se loger) ou au "Mount Royal Hotel" à Banff lorsque la production  émigra vers un nouveau décor. DiMAGGIO initia Marilyn au golf.
1953 / (Photos John VACHON) Quand Joe va rejoindre sa belle au Canada alors que Marilyn tourne les extérieurs du film "River of no return" ; Les deux dernières semaines de tournage, DiMAGGIO arriva, accompagné de son ami new-yorkais, George SOLOTAIRE. Pendant que Marilyn tournait, Joe allait à la chasse ou à la pêche, puis l’attendait dans leur bungalow à Jasper (Alberta) (un de ces Becker’s Bungalows où toute l’équipe du film avait trouvé à se loger) ou au "Mount Royal Hotel" à Banff lorsque la production  émigra vers un nouveau décor. DiMAGGIO initia Marilyn au golf.
1953 / (Photos John VACHON) Quand Joe va rejoindre sa belle au Canada alors que Marilyn tourne les extérieurs du film "River of no return" ; Les deux dernières semaines de tournage, DiMAGGIO arriva, accompagné de son ami new-yorkais, George SOLOTAIRE. Pendant que Marilyn tournait, Joe allait à la chasse ou à la pêche, puis l’attendait dans leur bungalow à Jasper (Alberta) (un de ces Becker’s Bungalows où toute l’équipe du film avait trouvé à se loger) ou au "Mount Royal Hotel" à Banff lorsque la production  émigra vers un nouveau décor. DiMAGGIO initia Marilyn au golf.
1953 / (Photos John VACHON) Quand Joe va rejoindre sa belle au Canada alors que Marilyn tourne les extérieurs du film "River of no return" ; Les deux dernières semaines de tournage, DiMAGGIO arriva, accompagné de son ami new-yorkais, George SOLOTAIRE. Pendant que Marilyn tournait, Joe allait à la chasse ou à la pêche, puis l’attendait dans leur bungalow à Jasper (Alberta) (un de ces Becker’s Bungalows où toute l’équipe du film avait trouvé à se loger) ou au "Mount Royal Hotel" à Banff lorsque la production  émigra vers un nouveau décor. DiMAGGIO initia Marilyn au golf.

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