1953 / Sur le tournage de "How to marry a millionaire" / "Les hommes préfèrent les blondes" connaît un succès public retentissant. La Fox y voit rapidement l'opportunité de prolonger la réussite commerciale du studio en produisant une suite officieuse au film de Howard HAWKS. En novembre 1953 sort donc "Comment épouser un millionnaire" réalisé par Jean NEGULESCO. Le film remplit les salles au-delà de toute espérance et dépasse son illustre aîné au box office. Le pari financier de ZANUCK est gagné haut la main. Le film bénéficie en outre de l'apport tout récent du Cinémascope, nouveau format étrenné la même année par "La Tunique" de Henry KOSTER. "Comment épouser un millionnaire" devient ainsi la première comédie de l'histoire du cinéma tournée en Cinémascope. La recette apparaît donc fort simple : on prend "Les hommes préfèrent les blondes" et on étend ses attributs dans plusieurs dimensions. Les personnages principaux ne sont plus deux mais trois belles jeunes femmes arrivistes et vénales, la surface de l'écran n'est plus carrée mais rectangulaire, les décors extérieurs sont plus nombreux. On perd en route l'aspect musical de son prédécesseur, mais c'est sans doute pour mieux développer les situations de comédie pure. Et qu'obtient-on en retour ? Certainement une des comédies les plus insipides qui soit. C'est bien malheureux mais cette superproduction tombe souvent à plat, et sa force comique se révèle très inférieure à celle que nous avons l'habitude de rencontrer dans maintes productions américaines du même genre. La satire jouissive du film de Howard HAWKS est absente : les bons sentiments coulent de source et un happy end trop consensuel fait passer à la trappe le semblant de critique sociale dont on espérait naïvement un développement. En attendant ce qui ne viendra jamais, le spectateur se voit d'entrée proposer une scénographie apte à retranscrire les sensations provoquées par le Cinémascope. Le film s'ouvre sur la prestation d'un orchestre symphonique dont l'impressionnante composition occupe toute la largeur de l'écran. Alfred NEWMAN conduit lui-même l'orchestre qui interprète le thème principal du film. Le format 2.55 est évidemment mis à profit pour mettre en valeur les différentes sections de musiciens. Enfin apparaît le générique puis les premières scènes qui nous présentent quelques vues aériennes de New York. Après donc un début certainement impressionnant pour les yeux d'un spectateur découvrant le format Cinémascope en salles, "Comment épouser un millionnaire" peine à retrouver le lustre de son introduction que seul les décors et le Technicolor entretiennent. Le film manque gravement de rythme et l'intrigue avance péniblement, mal servie par une mise en scène fonctionnelle de Jean NEGULESCO. Le réalisateur d'origine roumaine fut l'un de ces metteurs en scène exécutants, simplement attentifs aux ordres des studios, mais il fit cependant dans le passé preuve de plus de raffinement et de talent avec des œuvres comme "Johnny Belinda" ou "Road House". L'intérêt du film provient simplement, une fois de plus, de ses comédiennes. Trois belles stars dont les statuts respectifs sont pourtant bien différents en ce début des années 1950. La superbe, altière et plantureuse Lauren BACALL trône au sommet de sa popularité, la prometteuse et sensuelle Marilyn MONROE déboule en force, prête à incendier Hollywood sur son passage, et Betty GRABLE, la fameuse et très populaire pin-up des années 1940, est sur le déclin. Cette dernière fait d'ailleurs pâle figure devant la classe naturelle de BACALL, qui se révèle être le personnage central du film au grand bonheur de ses admirateurs, et la sensualité comique de Marilyn. Marilyn nous offre justement une prestation délicieuse en jouant un personnage affublé d'une forte myopie, honteux de son handicap au point de systématiquement cacher ses lunettes devant les hommes. La voir se cogner aux murs ou parler dans le vide constituent d'ailleurs les rares moments comiques du film. Occasionnellement, le film se permet de jouer avec la légende hollywoodienne. En effet, on voit Lauren BACALL faire allusion à "The African Queen" et à son attirance pour les vieux mâles (Humphrey BOGART en l'occurrence), Betty GRABLE ignorer la chanson de son époux à la ville Harry JAMES, et Marilyn parler de strangulation en référence à "Niagara".

1953 / Sur le tournage de "How to marry a millionaire" / "Les hommes préfèrent les blondes" connaît un succès public retentissant. La Fox y voit rapidement l’opportunité de prolonger la réussite commerciale du studio en produisant une suite officieuse au film de Howard HAWKS. En novembre 1953 sort donc "Comment épouser un millionnaire" réalisé par Jean NEGULESCO. Le film remplit les salles au-delà de toute espérance et dépasse son illustre aîné au box office. Le pari financier de ZANUCK est gagné haut la main. Le film bénéficie en outre de l’apport tout récent du Cinémascope, nouveau format étrenné la même année par "La Tunique" de Henry KOSTER. "Comment épouser un millionnaire" devient ainsi la première comédie de l’histoire du cinéma tournée en Cinémascope.  La recette apparaît donc fort simple : on prend "Les hommes préfèrent les blondes" et on étend ses attributs dans plusieurs dimensions. Les personnages principaux ne sont plus deux mais trois belles jeunes femmes arrivistes et vénales, la surface de l’écran n’est plus carrée mais rectangulaire, les décors extérieurs sont plus nombreux. On perd en route l’aspect musical de son prédécesseur, mais c’est sans doute pour mieux développer les situations de comédie pure. Et qu’obtient-on en retour ? Certainement une des comédies les plus insipides qui soit. C’est bien malheureux mais cette superproduction tombe souvent à plat, et sa force comique se révèle très inférieure à celle que nous avons l’habitude de rencontrer dans maintes productions américaines du même genre. La satire jouissive du film de Howard HAWKS est absente : les bons sentiments coulent de source et un happy end trop consensuel fait passer à la trappe le semblant de critique sociale dont on espérait naïvement un développement.  En attendant ce qui ne viendra jamais, le spectateur se voit d’entrée proposer une scénographie apte à retranscrire les sensations provoquées par le Cinémascope. Le film s’ouvre sur la prestation d’un orchestre symphonique dont l’impressionnante composition occupe toute la largeur de l’écran. Alfred NEWMAN conduit lui-même l’orchestre qui interprète le thème principal du film. Le format 2.55 est évidemment mis à profit pour mettre en valeur les différentes sections de musiciens. Enfin apparaît le générique puis les premières scènes qui nous présentent quelques vues aériennes de New York. Après donc un début certainement impressionnant pour les yeux d’un spectateur découvrant le format Cinémascope en salles, "Comment épouser un millionnaire" peine à retrouver le lustre de son introduction que seul les décors et le Technicolor entretiennent. Le film manque gravement de rythme et l’intrigue avance péniblement, mal servie par une mise en scène fonctionnelle de Jean NEGULESCO. Le réalisateur d’origine roumaine fut l’un de ces metteurs en scène exécutants, simplement attentifs aux ordres des studios, mais il fit cependant dans le passé preuve de plus de raffinement et de talent avec des œuvres comme "Johnny Belinda" ou "Road House".  L’intérêt du film provient simplement, une fois de plus, de ses comédiennes. Trois belles stars dont les statuts respectifs sont pourtant bien différents en ce début des années 1950. La superbe, altière et plantureuse Lauren BACALL trône au sommet de sa popularité, la prometteuse et sensuelle Marilyn MONROE déboule en force, prête à incendier Hollywood sur son passage, et Betty GRABLE, la fameuse et très populaire pin-up des années 1940, est sur le déclin. Cette dernière fait d’ailleurs pâle figure devant la classe naturelle de BACALL, qui se révèle être le personnage central du film au grand bonheur de ses admirateurs, et la sensualité comique de Marilyn. Marilyn nous offre justement une prestation délicieuse en jouant un personnage affublé d’une forte myopie, honteux de son handicap au point de systématiquement cacher ses lunettes devant les hommes. La voir se cogner aux murs ou parler dans le vide constituent d’ailleurs les rares moments comiques du film. Occasionnellement, le film se permet de jouer avec la légende hollywoodienne. En effet, on voit Lauren BACALL faire allusion à "The African Queen" et à son attirance pour les vieux mâles (Humphrey BOGART en l’occurrence), Betty GRABLE ignorer la chanson de son époux à la ville Harry JAMES, et Marilyn parler de strangulation en référence à "Niagara".